Faits divers – Justice

(Actualisé) Lynchage d’un jeune Rom : "Le mobile c’est la vengeance" affirme la procureur de Bobigny

Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région mardi 17 juin 2014 à 10:17 Mis à jour le mercredi 18 juin 2014 à 10:00

Carte de localisation de Pierrefitte-sur-Seine
Carte de localisation de Pierrefitte-sur-Seine © IDÉ

La procureur du parquet de Bobigny, Sylvie Moisson, a tenu une conférence presse mardi après midi. Elle a indiqué qu'on ne pouvait pas réduire cette affaire à une opposition entre deux communautés. "Le mobile c’est la vengeance" a-t-elle affirmé en précisant que "la drogue n’était pas la toile de fond de cette affaire".

Après le drame, les familles qui vivaient dans le campement de Pierrefitte-sur-Seine ont quitté les lieux. "Ils ont laissé tout ça " et sont partis "tout de suite ", raconte un voisin. Elles se sont réfugiées dans un endroit tenu secret.

P Roms terrifiés

Le jeune Darius, 16 ans, est toujours entre la vie et la mort à l'hôpital Lariboisière à Paris.

Pap Boy 18h30 rom

Il a été retrouvé inconscien t vendredi soir, près d'une cité de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait été enlevé dans son campement. Sa grand-mère qui avait tenté de s’interposer a reçu des coups.

Après son enlèvement une rançon d’abord de 15.000 euros puis de 5.000 euros a été demandée à la famille. C’est ce qu’ont révélé sa mère et l’analyse du téléphone portable du jeune homme.

L’adolescent a été découvert, vendredi soir, dans un chariot de supermarché abandonné, près du quartier des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Ce jeune homme s'était installé en face de ce quartier, de l'autre côté de la Nationale 1, dans une maison désaffectée transformée en campement pour 200 roms, "il y a trois semaines environ ".

Darius, qui est connu des services de police et de la justice, était soupçonné d'avoir cambriolé l'appartement d'une habitante de la cité quelques heures plus tôt. Il y aurait aussi eu une rixe et des coups de feu.Il aurait été roué de coups par un groupe d'une douzaine de personnes.

Selon la procureur, le mobile c'est la vengeance .

S Roms proc Bobigny - BFM TV 17H - 21H

Les auteurs de cette agression sont poursuivis pour tentative d’homicide volontaire en bande organisée . Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité Les enquêteurs n’ont pas encore, semble-t-il, identifié les coupables.

Depuis plusieurs semaines, une augmentation des cambriolages et des bris de vitres dans la Cité des Poètes avait cristallisé la rancoeur des habitants envers les roms.

"Chaque fois qu'en France, une telle violence se déchaîne, c'est l'Etat de droit qui recule. La République française doit la protection à tous, où qu'ils vivent, et quelle que soit leur origine ", a déclaré le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. Les associations de défense affirment que les violences contre les Roms sont en augmentation . En mai 2013, plusieurs familles roms avaient été agressées sur une aire d'accueil dans le Nord. 

Des réactions

Le président François Hollande a dénoncé mardi matin "des actes innommables et injustifiables qui heurtent tous les principes sur lesquels notre République est fondée". 

Le premier ministre Manuel Valls a condamné "avec une grande fermeté" l'agression "inacceptable " de ce jeune Rom.

E cité des Poètes