Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Adolescente tondue et battue à Besançon : sa famille condamnée à un an d'emprisonnement

-
Par , France Bleu Besançon, France Bleu

Vendredi 23 octobre, les parents, l'oncle et la tante de l'adolescente bosniaque de 17 ans, ont été reconnus coupables de l'avoir battue et tondue, en août, à Besançon. Tous condamnés à un an de prison dont quatre mois avec sursis. Les parents ont interdiction de paraître en France pendant cinq ans.

La jeune femme de 17 ans a été reconnue victime de coups et d'avoir eu le crâne rasé par ses parents, son oncle et sa tante. Elle était accompagnée de son avocate, Me Céline Party.
La jeune femme de 17 ans a été reconnue victime de coups et d'avoir eu le crâne rasé par ses parents, son oncle et sa tante. Elle était accompagnée de son avocate, Me Céline Party. © Radio France - Rachel Saadoddine

Le tribunal correctionnel de Besançon, a condamné les parents, l'oncle et la tante de la jeune femme bosniaque de 17 ans, tondue et battue par ces membres de sa famille le 13 août dernier. Ce vendredi 23 octobre, ils ont tous les quatre ont été condamnés à un an de prison dont quatre mois avec sursis et ils devront verser 6 000 euros à la victime. Ses parents ont interdiction de paraître sur le territoire français pendant cinq ans. Une condamnation qui ne concerne pas son oncle et sa tante, qui bénéficient, eux, du statut de réfugié. 

La jeune femme était présente à l'audience qui s'est tenu vendredi 23 octobre à Besançon. Assise au premier rang, elle a tenu à garder le silence, gardant souvent les yeux baissés, malgré quelques coups d’œil rapides en direction de sa famille, assise sur le banc des prévenus. Ses cheveux n'ont pas eu le temps de repousser complètement, celle qui arborait une longue chevelure jusqu'en bas du dos, porte maintenant une coupe garçonne. Marque des actes de violence qu'elle a subi. 

Une soirée de violences 

La présidente du tribunal, Yolande Rognard a rappelé les faits. Quartier des Clairs-Soleils, lundi 13 août 2020, après quatre jours de fugue avec son petit-ami, un Serbe chrétien habitant le même immeuble qu'elle et sa famille, la jeune femme - mineure - rentre chez ses parents en compagnie dudit petit-ami et de ses parents. Dans leurs dépositions à tous les quatre, ils affirment être alors venus pour discuter, apaiser la situation. Car depuis quelque temps, les parents de la jeune femme bosniaque musulmane refusaient qu'elle continue de fréquenter son petit-ami. En couple depuis 11 mois, les deux jeunes gens avaient émis l'idée de se marier, ce qu'avaient refusé en bloc les parents de la victime. 

Seulement voilà, selon la jeune femme et la famille de son petit-ami, à peine arrivés chez sa famille, la victime aurait reçu une gifle de sa mère, avant d'être conduite de force dans sa chambre et rouée de coups par son père, sa mère, ainsi que son oncle et sa tante paternels, arrivés entre temps. Son petit-ami est sorti appeler la police pendant que ses parents, restés dans l'appartement, assistaient au calvaire de la jeune femme, qui se serait faite tondre le crâne par son oncle. 

"Ils ont voulu nier sa féminité, la punir d'avoir eu des relations sexuelles"

Devant le tribunal correctionnel de Besançon, le père de la victime a affirmé qu'il avait lui-même tondu le crâne de sa fille et que son frère n'avait rien fait. De son côté, sa femme a reconnu avoir giflé sa fille, s'en est excusé, mais a nié tout autre acte de violence. De leur côté, l'oncle et la tante de la victime ont également désigné le père comme étant selon qui avait rasé le crâne de la jeune femme. La tante a reconnu avoir poussé sa nièce. 

Au regard de ces déclarations, le procureur de la République, Etienne Manteaux a requis un an d'emprisonnement ferme pour les quatre prévenus et une interdiction définitive de paraître sur le territoire français pour les parents de la victime. Une peine plus dure qu'il a justifié en ces termes : "les parents sont là pour protéger leurs enfants. Ce déchaînement de violence est inadmissible." Pour le procureur de la République la tonte des cheveux de la jeune femme équivaut à "nier sa féminité, la punir d'avoir eu des relations sexuelles avec un garçon." 

A droite, Me Céline Party, avocate de la victime et à droite, Me Catherine Bresson, avocate des parents.
A droite, Me Céline Party, avocate de la victime et à droite, Me Catherine Bresson, avocate des parents. © Radio France - Rachel Saadoddine

Une réquisition jugée trop sévère par Me Patrick Uzan, l'avocat de l'oncle et de la tante de la victime. "Il y a un éléphant dans le salon et vous ne voulez pas le voir", a-t-il adressé à la cour, avant de répéter à plusieurs reprises "cette jeune fille a menti". Pour la défense, les hématomes identifiés sur la jeune femme par le médecin, quelque jours après les faits, ne pouvaient pas tous être imputés aux prévenus. Pour lui, comme pour la famille de la victime, c'est son petit-ami qui l'aurait battu. Des faits que le père de la jeune femme affirme avoir identifié grâce à des messages échangés entre le jeune couple sur Instagram, vingt jours avant les faits. 

Dès que j'ai commencé je me suis rendu compte que j'allais trop loin - Le père de la victime

Si Me Patrick Uzan a plaidé la relaxe de l'oncle de la victime et la requalification de l'accusation de la tante en "violence légère", l'avocate du père et de la mère de la jeune femme, Me Catherine Bresson, elle, avait demandé une peine de prison moins lourde que celle requise par le procureur. Car, pour elle et ses clients, l'adolescente n'aurait pas été rouée de coups. Le père de la victime a reconnu avoir tondu sa fille, répétant à ses excuses à plusieurs reprises et affirmant : "dès que j'ai commencé je me suis rendu compte que j'allais trop loin." 

Après quelques minutes de délibéré, la cour a condamné les quatre prévenus à un an de prison dont quatre mois avec sursis et à verser 6 000 euros à la victime. Ses parents, ont interdiction de paraître sur le territoire français pendant cinq ans. Une condamnation qui ne concerne pas son oncle et sa tante, qui bénéficient, eux, du statut de réfugié. Me Patrick Uzan a d'ores et déjà annoncé faire appel de cette décision. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess