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Faits divers – Justice DOSSIER : Meurtre d'Adrien Perez

Adrien, 26 ans, poignardé à la sortie d'une boîte de nuit en Isère : ses parents témoignent

jeudi 2 août 2018 à 20:27 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

Bruno et Patricia Perez sont ravagés de chagrin. Leur fils Adrien a été poignardé à mort, dimanche matin, sur le parking d'une boîte de nuit à Meylan, près de Grenoble. Ils témoignent pour dire leur douleur mais aussi leur colère, pour dire stop à la violence gratuite.

Adrien Perez venait de fêter ses 26 ans. Il souriait à la vie
Adrien Perez venait de fêter ses 26 ans. Il souriait à la vie -

Grenoble, France

Adrien Perez avait la vie devant lui, un travail qu'il aimait, des amis, un projet de voyage en Chine. C'était un boute-en-train que tout le monde aimait pour sa gentillesse et son humour. Samedi dernier, il fête ses 26 ans dans une discothèque de Meylan, près de Grenoble, Le Phoenix.

"Mon fils est un héros"

Au petit matin, Adrien quitte les lieux avec ses amis. Mais l'un d'eux, Thibault, est pris à parti par trois jeunes. Il se fait frapper à la tête et tombe à terre. Adrien se précipite pour l'aider et c'est là qu'il se fait poignarder à mort, dans le cœur. "Mon fils est un héros, il n'a écouté que son courage pour défendre son camarade et il est mort à sa place" lâche son père, Bruno, 53 ans, en pleurs. "Adrien est mort pour rien, pour un mot de travers. Et nous, notre vie s'est arrêtée, ce dimanche matin. Sans Adrien, ce ne sera plus jamais pareil."

Ils ont pris la chair de ma chair - Patricia Perez

Patricia, 50 ans, la mère d'Adrien ne peut pas non plus retenir ses larmes : "Je veux vous parler de mon petit, mon trésor, la chair de ma chair. J'ai retrouvé un questionnaire de Proust auquel il avait répondu. A la question, quel est votre rêve de bonheur? Adrien avait répondu : « Une femme, deux ou trois gosses, un chien et une belle maison au soleil.» Vous voyez ça ? C'était le souhait de ma vie. Avoir des petits-enfants, m'en occuper, profiter de la vie avec eux. Ils nous ont enlevé tout ça ! Ils ont brisé une famille entière, des amis ! C'est impardonnable!"

Adrien avait fêté à Grenoble la victoire des Bleus, lors de la Coupe du monde de foot - Aucun(e)
Adrien avait fêté à Grenoble la victoire des Bleus, lors de la Coupe du monde de foot -

Patricia Perez sort une photo de son fils de son sac. "Chaque fois qu'il quittait la maison, je lui disais de faire attention. Il me disait : «T'inquiètes, Maman. Que veux tu qu'il m'arrive ?» Je ne leur pardonnerai jamais, jamais ! Hier c'était les autres, aujourd'hui c'est nous. Et demain, qui ? Y 'en a marre, je crie ma révolte. J'en appelle à tous les politiques, de tous bords. Faites quelque chose ! Mais regardez, notre pays sombre dans la violence. Il faut arrêter ça ! Sauvez nos enfants !!!"

"Ils étaient là pour tuer"

Patricia s'écroule en larmes. Son mari reprend la parole : "Ils sont rentrés en boîte de nuit avec des couteaux sur eux, ils avaient l'intention de s'en servir ! Moi, mon fils n'a jamais été armé. Ces dernières années, dans l'agglomération grenobloise, il y a eu des jeunes qui sont morts pour rien. Kevin et Sofiane, Grégory... A chaque fois, il y a eu des marches blanches. Ça n'a servi à rien ! Il y a une minorité violente et on a l'impression que l'Etat ne fait rien."

"Pour ses obsèques, on veut qu'il y ait beaucoup de monde pour lui rendre hommage" - Bruno Perez

Vendredi après-midi, les obsèques d'Adrien seront célébrées à Grenoble. "On veut qu'il y ait un maximum de monde dans l'église, pour rendre hommage à notre fils. Il ne faut pas qu'on l'oublie" dit Bruno, dans un soupir.

"On doit survivre, car nous avons encore notre fille, Marjorie. Elle n'a que 21 ans. Son grand frère, c'était tout pour elle. Il s'aimaient tant tous les deux !" lâche Patricia, les yeux brouillés de larmes. "Vous vous rendez compte, je travaille non loin de l'endroit où mon fils est mort et tous les jours, je vais devoir passer devant cet endroit maudit." Elle dit aussi : "Maintenant, je vais voir mon fils, à travers ses amis. Ils sont tous effondrés. Mathieu, qui a failli mourir, car son poumon avait été perforé par les agresseurs, est heureusement tiré d'affaire. "

Dimanche, devant la discothèque. - Radio France
Dimanche, devant la discothèque. © Radio France - Véronique Pueyo

Trois mises en examen

Les trois agresseurs d'Adrien ont été mis en examen pour meurtre, tentative de meurtre, violences en réunion avec arme. Deux d'entre eux, deux frères, Younes, 20 ans, et Yanis, 19 ans, ont été écroués. Le troisième individu a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Le parquet de Grenoble a fait appel de cette décision, devant la chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Grenoble, estimant qu'il devait être écroué, au vue du dossier.