Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Alexandre Junca

Affaire Alexandre : Claude Ducos condamné à trois ans de prison ferme, peine confirmée en appel

Par Olivier Uguen et Daniel Corsand, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Pays Basque et France Bleu vendredi 16 décembre 2016 à 15:09 Mis à jour le vendredi 16 décembre 2016 à 17:51

Claude Ducos dans le box des accusés
Claude Ducos dans le box des accusés © Radio France - Daniel Corsand

Accusé d'avoir dépecé le corps du jeune Alexandre Junca, tué à Pau en juin 2011, Claude Ducos a été déclaré coupable et condamné ce vendredi en appel à trois ans de prison, la peine maximale et la même qu'en première instance.

La cour d'assises des Landes a rendu son verdict ce vendredi après-midi : Claude Ducos est condamné en appel à trois ans de prison, avec interdiction des droits civiques et familiaux pendant cinq ans, dans l'affaire Alexandre Junca, cet adolescent de 13 ans disparu le 14 juin 2011 avant d'être retrouvé démembré dans le gave de Pau.

Même peine qu'en première instance

Les juges ont confirmé la peine infligée en première instance. En juin, la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques l'avait condamné à trois ans de prison pour "recel de cadavre, atteinte à l'intégrité d'un cadavre et non-dénonciation de crime", la peine maximale prévue par le code pénal.

Le chemin étroit de la défense

L'avocat de Claude Ducos, Maître Jozy-Jean Bousquet a plaidé toutes les failles de l’accusation. Et il y en a. Il a tenté, non pas d’expliquer que Claude Ducos est innocent mais que le dossier ne permet pas de le condamner : l'absence d'indices ADN, les aveux imprécis du meurtrier Mickaël Baehrel. Mais sa tâche n'était pas simple. Et ce n'est pas son confrère, Maître Michel Pierchon, invité de dernière minute, qui lui a simplifié la tâche. Il ne connaissait pas le dossier. Et dans sa plaidoirie, il a sans arrêt confondu le non de Baehrel avec celui du médecin légiste. Ce qui a donné des phrases tout aussi absurdes que difficiles à entendre pour la famille d'Alexandre. Mais pendant ces trois jours, on a surtout entendu les silences de Claude Ducos. Ses non réponses. " Il ment comme on danse le tango" a dit le procureur Muller dans ses réquisitions. "Un pas en avant… Un en arrière et un peu sur le côté aussi". Claude Ducos est condamné par ce qu’il n’a pas dit.

La profanation ne pouvait pas rester impunie

La cour, comme à Pau, tenait à condamner la profanation du corps d’Alexandre. C’est décidément ce qui rend ce procès si douloureux. Pour le père, Maître Emmanuelle Leverbe a dit de Ducos qu’il n’a laissé de son fils "qu’un puzzle immonde". Maître Pierrette Maza-Capdevielle, pour la mère, a parlé d’une autre danse, bien plus macabre qu’un tango : "ce corps à corps entre cet enfant mort et ce vieillard acharné". Claude Ducos va de toute manière sortir de prison dans quelques semaines puisqu'il a déjà quasiment purgé sa peine. La famille d’Alexandre le sait. Comme l’a dit Valérie Lance après ce verdict : "justice est faite. Je peux sortir de cette salle avec mon Alexandre. Et c’est ce que je vais faire".

Le retraité de Cabidos, qui nie toute implication dans la découpe du corps, était le seul des quatre condamnés de l'affaire Alexandre Junca à avoir fait appel du verdict.

Claude ducos entrant dans la salle au matin du troieme jour - Radio France
Claude ducos entrant dans la salle au matin du troieme jour © Radio France - Daniel Corsand

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