Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Alexandre Junca

Affaire Alexandre : l'insoutenable exposé des médecins légistes

Par Olivier Uguen et Daniel Corsand, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Pays Basque et France Bleu jeudi 15 décembre 2016 à 12:26

Claude Ducos dans le box des accusés au 2e jour du procès en appel de l'affaire Alexandre Junca
Claude Ducos dans le box des accusés au 2e jour du procès en appel de l'affaire Alexandre Junca © Radio France - Daniel Corsand

Le procès en appel de l'affaire Alexandre Junca s'est poursuivi ce jeudi matin à Mont-de-Marsan avec l'audition des deux médecins légistes. Seul accusé à avoir fait appel du verdict prononcé au mois de juin en 1re instance, Claude Ducos continue de nier avoir dépecé le corps de l'enfant.

Jugé en appel devant les assises des Landes à Mont-de-Marsan depuis ce mercredi, Claude Ducos reste sur ses positions, il nie toujours avoir découpé le corps d'Alexandre Junca, cet adolescent de 13 ans tué à coups de marteau en juin 2011 et dont le corps avait été retrouvé démembré dans le Gave de Pau.

Le récit glaçant des médecins légistes

Au deuxième jour du procès, ce jeudi matin les deux médecins légistes ont expliqué leur travail sur les restes du corps d'Alexandre, photos à l'appui. La famille d'Alexandre s'est encore une fois imposé ces clichés. Comme pour accompagner l'enfant dans son calvaire, jusqu'au bout, l'insoutenable. Claude Ducos aussi a regardé, sans baisser les yeux. Comme si ça ne le concernait pas. Comme un spectateur. C'est ce qu'il dit depuis le début.

L'exposé des légistes raconte la violence de ce démembrement. Il décrit la détermination, la force, l'outillage et le savoir faire nécessaire pour aller au bout de ce démembrement. Encore une fois, les deux légistes ont expliqué scientifiquement qu'il s'agit en tous points de la transposition des techniques de chasse et de "pèle-porc", sur le corps de cet adolescent de 14 ans. Deux exemples atroces : la découpe des pieds, dans la seule vue de cacher un corps, n'a aucun sens. Même chose pour l'éviscération. Il leur échappe même des considérations de spécialistes qui sonnent très durement dans la salle : "le découpage des mains ça ne se fait plus".

Les Dr Bou et Benali ont expliqué aussi que, pour eux, ils étaient deux. Un premier qui ne sait pas faire, et un second qui sait faire. Qui n'a pas l'aisance d'un spécialiste mais qui au moins a déjà vu faire. Deux découpeurs donc pour les légistes. Claude Ducos est tout seul dans le box.

Le procès en appel de l'affaire Alexandre Junca se tient jusqu'à vendredi soir à Mont-de-Marsan.

Dr Bou et Benali, les deux médecins légistes auditionnés ce jeudi matin - Radio France
Dr Bou et Benali, les deux médecins légistes auditionnés ce jeudi matin © Radio France - Daniel Corsand
Le procès en appel de l'affaire Alexandre Junca se poursuit jusqu'à vendredi soir. Claude Ducos est le seul à avoir fait appel - Radio France
Le procès en appel de l'affaire Alexandre Junca se poursuit jusqu'à vendredi soir. Claude Ducos est le seul à avoir fait appel © Radio France - Daniel Corsand

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