Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Alexandre Junca

Affaire Alexandre : le chasseur traqué au 1er jour du procès en appel

Par Olivier Uguen et Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu Gascogne mercredi 14 décembre 2016 à 19:13 Mis à jour le mercredi 14 décembre 2016 à 20:30

Claude Ducos au 1er jour du procès en appel de l'affaire Alexandre à Mont-de-Marsan
Claude Ducos au 1er jour du procès en appel de l'affaire Alexandre à Mont-de-Marsan © Radio France - Daniel Corsand

Claude Ducos nie toujours avoir découpé le corps d'Alexandre Junca. Le retraité, condamné en première instance à trois ans de prison, s'est défendu pied à pied, mercredi, au 1er jour de son procès en appel, à Mont-de-Marsan. Comme lors du premier procès à Pau, la famille d'Alexandre fait front.

Seul condamné à avoir fait appel du verdict prononcé en juin dernier dans l'affaire Alexandre Junca, Claude Ducos est rejugé depuis ce mercredi devant les assises des Landes, à Mont-de-Marsan, pour avoir transporté, découpé et caché le corps du collégien de 13 ans, tué puis démembré en 2011 à Pau. Au 1er jour du procès, le tribunal a tenté de cerner sa personnalité, avant de confronter l'accusé à Mickaël Baehrel, le meurtrier d'Alexandre.

Confronté à Baehrel, Ducos nie toujours

A l'audience, Mickaël Baehrel a livré la même version incomplète qu'en juin dernier à Pau, impliquant Claude Ducos mais sans se souvenir précisément des mots qu'ils ont pu échanger ou de ce qu'ils ont convenu ensemble. Claude Ducos de son côté est resté sur ses positions : il a bien consulté sa messagerie téléphonique le lendemain du meurtre mais sans écouter ce que disait Baehrel. Il veut bien reconnaître qu'il était à Pau avec Baehrel dès le lendemain, comme l'enquête le prouve, mais il ne se souvient plus de ce qu'ils ont fait.

"Moi j'ai assumé. Tu n'as aucun respect pour la mère d'Alexandre"

Claude Ducos a trois attitudes à l'audience : soit il répond à côté de la question, soit il dit « comment ?» comme s'il était soudain dur de la feuille, soit il dit « je ne sais pas » en haussant les épaules, en écartant le micro de sa bouche, et même parfois en ricanant. "Ca te fait rien de mentir ?", dit-il à Baehrel à la fin de leur confrontation. Bahrel répond : "Moi j'ai assumé. Tu n'as aucun respect pour la mère d'Alexandre. Moi j'assume, j'ai pris une grosse peine".

L'autoportrait de Claude Ducos

Déjà le matin, quand il a été question de sa personnalité, Claude Ducos, était sur la défensive. Le chasseur anticipe les pièges de l'interrogatoire. Il minimise son vécu au front pendant la guerre d'Algérie. Quand il allait récupérer des morts et des blessés dans des ambulances blindées après des embuscades. Il évoque ça d'un ton léger. A propos de sa passion pour la chasse, il dit "aimer la marche, repérer les traces, être avec les chiens". Mais jamais il n'a participé au dépeçage du gibier. "J'aimais pas ça. Même pas les poulets". Enfin quand il a été question de son homosexualité, il reconnait mais minimise. Il dit qu'il fréquentait le parkings du Zénith, du Bois de Pau ou du domaine de Sers, pour y discuter. Baehrel? Il en était "un peu" amoureux. Et puis c'est toujours la même chose avec Claude Ducos : On pourrait presque parler de bonhomie si les faits n'étaient pas aussi graves. Avec ses tournures de phrases de vieux garçon du fin fond du Béarn : il achetait "des souliers" à Baehrel. "Il lui donnait la pièce". Il y a quand même une chose qui a changé chez Claude Ducos. Il a dit ce mercredi matin, toujours en roulant les "r" :

J'avais confiance en la justice.Je crois que je l'ai un peu perdue — Claude Ducos à l'audience

Me Bousquet, l'avocat de Ducos affirme que l'on ne veut pas entendre son client

L'agacement de la famille d'Alexandre

Valérie Lance la maman d'Alexandre au premier jour d'audience - Radio France
Valérie Lance la maman d'Alexandre au premier jour d'audience © Radio France - Daniel Corsand

Comme lors du premier procès à Pau, toute la famille d'Alexandre fait front derrière les parents, Valérie et Philippe, et la sœur, Virginie. Ils ont écouté Claude Ducos continuer de nier sa participation au démembrement et à l’enfouissement du corps d'Alexandre.

Il est égal à lui même. ils s'embrouille complètement. C'est du n'importe quoi. C'est très agaçant. Il fallait être là, mais on savait que ça n'allait rien nous apporter à nous (...) On entend que Ducos, Ducos Ducos Ducos! Effectivement c'est très agaçant! — Valérie Lance la mère d'Alexandre

Valérie la maman d'Alexandre exaspérée par Claude Ducos

Condamné en 1re instance à trois ans de prison ferme pour "recel de cadavre, atteinte à l'intégrité d'un cadavre et non-dénonciation de crime", le retraité de 77 ans est le seul des quatre accusés de l'affaire Alexandre à avoir fait appel du verdict. Le procès se tient jusqu'à ce vendredi 16 décembre.

Claude Ducos au 1er jour du procès en appel de l'affaire Alexandre à Mont-de-Marsan - Radio France
Claude Ducos au 1er jour du procès en appel de l'affaire Alexandre à Mont-de-Marsan © Radio France - Daniel Corsand

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