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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Anaïs Guillaume

Pour Philippe Gillet, Anaïs Guillaume est "sans doute vivante"

lundi 25 mars 2019 à 23:48 Par Philippe Rey-Gorez, France Bleu Champagne-Ardenne

Le procès de Philippe Gillet a commencé ce lundi devant la cour d'assises des Ardennes, à Charleville-Mézières. L’agriculteur comparait pour l'assassinat d’Anaïs Guillaume et la mort de son épouse. Il se dit toujours innocent.

Philippe Gillet
Philippe Gillet © Radio France - Philippe Rey-Gorez

Charleville-Mézières, France

Le procès de Philippe Gillet s’est ouvert ce lundi à Charleville-Mézières, devant la Cour d’assises des Ardennes. Cet agriculteur de 46 ans comparait pour la mort de deux femmes : son épouse, Céline, censée être morte écrasée par une vache, en janvier 2012. Sur ce point, il comparaît pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. En revanche, il est bien accusé d'assassinat, c'est à dire d'avoir tué avec préméditation sa maîtresse, Anaïs Guillaume, 21 ans, en avril 2013. Le corps de la jeune femme n'a jamais été retrouvé.  

Devant la Cour, Philippe Gillet a une nouvelle fois clamé son innocence. Large d'épaules, un cou de taureau, des avant-bras impressionnants… Bien campé sur ses jambes, bien droit, les bras croisés, il toise sans ciller la salle d'audience. Ce n'est pas un accusé qui baisse la tête, il veut le montrer : il n'a rien à se reprocher et compte bien ne pas se laisser faire.  Alors, quand le président de la Cour l'interroge sur son éventuelle culpabilité, il le répète, il n'a "rien à voir avec tout ça". Pour le reste, ses réponses sont plutôt fuyantes. Sur sa réputation de violences, de brutalité, il concède qu'il peut s'emporter, mais sans plus : « je ne suis pas un hyper violent. Je ne casse pas cinq six personnes par an".   Quant à Anaïs Guillaume, pour lui, elle est vivante et en fuite.  "J'ai toujours pensé qu'elle était partie loin. Elle le disait souvent. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue ».   Mais pourquoi partir ? insiste le président, elle était attachée à sa famille. « Oh, vous savez, le temps n'était pas toujours au beau fixe ! » répond l'accusé.  

Ses avocats, eux, ont longuement mis sur le grill le directeur d’enquête, le gendarme Didier Turk.   

Ghislain Fay, un des avocats de Philippe Gillet - Radio France
Ghislain Fay, un des avocats de Philippe Gillet © Radio France - Philippe Rey-Gorez

Ils lui reprochent d'avoir mené une enquête à charge, sans vraiment, d’après eux, exploiter toutes les pistes. Par exemple, trois personnes ont dit avoir formellement reconnu Anaïs Guillaume gare du Nord à Paris. "Elles se sont trompées de bonne foi", répond le major Turk. Mais la défense s'étonne que les investigations n'aient pas été poussées plus loin, notamment en Belgique. Pareil pour ce sac à main, n'appartenant pas à Anaïs, et découvert par des passants, près de la voiture brûlée de la jeune femme…    

Voilà dessinée la stratégie de la défense, dans cette affaire. Pour les avocats, les témoignages indirects, les interprétations ne peuvent en aucun cas faire figure de preuves.  Reste quand même un vrai faisceau d'indices que le président de la cour Sylvain Lallement, qualifie de « pléthorique ».

Les parties civiles, avec Valérie et Fabrice Guillaume, les parents d’Anaïs - Radio France
Les parties civiles, avec Valérie et Fabrice Guillaume, les parents d’Anaïs © Radio France - Philippe Rey-Gorez

Pour les avocats de la partie civile, notamment des parents d’Anaïs Guillaume, l’hypothèse d'une fuite de la jeune femme n'a pas de sens. Maître Menut explique  qu'avant tout, Valérie et Fabrice Guillaume veulent savoir ce qui s'est passé :  "pour eux, c'est insupportable, cinq ans après la disparition, de ne pas avoir d'endroit, de corps, où se recueillir".

Valérie Guillaume avec les avocats Damien Delavenne et Olivier Menut - Radio France
Valérie Guillaume avec les avocats Damien Delavenne et Olivier Menut © Radio France - Philippe Rey-Gorez