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Faits divers – Justice

Affaire Benalla : "C'est le pire du monde d'avant" selon le député morbihannais Paul Molac

lundi 23 juillet 2018 à 19:15 Par Annaïg Haute et Léo Rozé, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Le député du Morbihan ne mâche pas ses mots après l'audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb par la commission des lois dans l'Affaire Benalla. Il évoque la "milice" d'Emmanuel Macron qui lui rappelle "des heures sombres". Morceaux choisis.

Pour Paul Molac : "Le Président n'a pas à avoir sa propre organisation, en dehors des lois. C'est assez choquant"
Pour Paul Molac : "Le Président n'a pas à avoir sa propre organisation, en dehors des lois. C'est assez choquant" © Maxppp - Christophe Morin / IP3

Bretagne, France

Paul Molac n'a pas vraiment apprécié les justifications du ministre de l'intérieur Gérard Collomb devant la Commission des lois de l'Assemblée. Alors que le ministre charge le Préfet de police et le cabinet d'Emmanuel Macron, le député morbihannais s'agace : "Je ne crois pas qu'il puisse ne pas être au courant. Il aurait du être au courant. Soit il l'a été et ne veut pas le dire, soit il ne l'a pas été et c'est tout à fait anormal."

"Aucune mesure n'a été prise"

"Et on a vu le Préfet de police qui nous a dit qu'il avait transmis à l’Élysée, et certainement au ministère de l’intérieur également les éléments, poursuit Paul Molac au micro de France Bleu. Et que visiblement aucune mesure n'a été prise."

"On voit bien que les choses se sont décidées à l’Élysée"

Pour le député morbihannais, il faut désormais entendre la parole de l’Élysée dans cette affaire Benalla. Alors qu'Alexis Kohler le Secrétaire général de l’Élysée, et Patrick Strzoda le Directeur de cabinet du Président de la République doivent être entendus ce mardi par le Sénat, Paul Molac attend "des réponses, on voit bien que les choses se sont décidées à l’Élysée".

"Ça me rappelle des heures sombres"

"Ça me rappelle des heures un peu sombres, soit du cabinet Mitterrand, soit des heures encore plus sombres, dans une période quasiment de guerre civile, avec le SAC (le service d'action civique, sorte de "police parallèle"sous De Gaulle). Le Président n'a pas à avoir sa propre organisation, en dehors de la loi, en-dehors de tout. Nous sommes dans un état de Droit, ce n'est pas comme ça que cela doit marcher."

"On a l'impression que les choses sont cachées et qu'on ne nous dit pas la vérité"

Le député morbihannais fustige l'exécutif : "Il faut savoir ce qui s'est passé, nous avons voté une loi sur la moralisation, qui n'a touchée que les parlementaires. J'avais fait des amendements pour qu'on moralise également la haute administration..., ajoute Paul Molac, qu'on sache aussi qui travaille à l’Élysée. Les assistants parlementaires sont sur une liste, on sait qui j'embauche. Mais on ne le sait pas dans les ministères, ni à l’Élysée. Quand il y a des choses curieuses de cette façon-là on a l'impression que les choses sont cachées et qu'on ne nous dit pas la vérité. 

"Nous avons fait campagne sur le fait que la politique devait être plus propre, et je m’aperçois que c'est le pire du monde d'avant"

"Nous avons fait campagne sur le fait que la politique devait être plus propre, et je m’aperçois que c'est le pire du monde d'avant, donc forcément c'est un peu déstabilisant". Celui qui réfléchit à son avenir dans le groupe LREM affirme que ce sentiment est partagé avec certains députés En Marche ! tout en regrettant "que certains voient ça comme un match où il faut être dans une équipe, et oublient que nous sommes là pour la démocratie. Nous sommes le pouvoir législatif, et quand le pouvoir exécutif ne respecte pas les règles, il faut pouvoir le dire".

"Comment peut-on se permettre ce genre de chose? Avoir une sorte de milice parallèle, ce n'est pas l'idée que je me fais de la République"

Paul Molac, comme sonné, de conclure : "C'est quelque chose d'assez incompréhensible... Comment peut-on se permettre ce genre de chose? Avoir une sorte de milice parallèle, ce n'est pas du tout l'idée que je me fais de la République, c'est sûr!"