Faits divers – Justice

Affaire Bettencourt : Nicolas Sarkozy ne récupérera pas ses agendas

France Bleu mardi 11 mars 2014 à 8:53 Mis à jour le mardi 11 mars 2014 à 14:48

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © Maxppp

Ce mardi après-midi, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi en cassation de Nicolas Sarkozy contre la saisie de ses agendas, effectuée par des juges dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Une décision qui intervient dans un climat tendu, avec en toile de fond l'affaire des écoutes révélée la semaine dernière.

Les juges avaient-ils le droit de saisir les agendas de Nicolas Sarkozy ? La Cour de cassation a ce mardi botté en touche. Pour l'ancien président de la République, ces documents étaient protégés par son statut de chef de l'Etat, et il s'était donc pourvu en Cassation pour tenter de les récupérer.Mais la Cour a estimé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur ce pourvoi, puisque Nicolas Sarkozy avait bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire et était donc hors de cause. Dans les faits, cela veut dire que la question de la légalité de la saisie des agendas reste en suspens, et qu'en attendant ils restent donc entre les mains de la justice. 

Des agendas utiles dans l'affaire Tapie

Cette décision pourrait avoir de lourdes conséquences sur l'avenir judiciaire de l'ex-chef de l'Etat. Car si Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu et ne sera pas renvoyé devant le tribunal correctionnel pour le dossier Bettencourt, ces agendas ont provoqué sa mise en cause dans un autre dossier : celui de l'affaire Tapie.

Le juge Gentil, chargé de l'affaire Bettencourt, a en effet transmis les agendas à son collègue qui instruit l'enquête Tapie, car certains des rendez-vous qui y figurent leur avaient semblé suspects. Les agendas permettent donc d'aiguiller l'enquête et pourraient constituer à terme des pièces à charge.

Un climat tendu sur fond de trafic d'influence

La décision de la Cour de cassation tombe plus largement dans un climat tendu autour de Nicolas Sarkozy, trois jours après la révélation d'écoutes téléphoniques qui le visaient ainsi que son avocat, Me Thierry Herzog. Ces écoutes auraient permis, selon Le Monde , de mettre en lumière le fait que les deux hommes envisageaient d'activer leurs réseaux pour influencer la décision de la Cour de cassation sur les agendas.

En effet, Le Monde a affirmé que dans ces enregistrements, il aurait été question d'aider le juge Gilbert Azibert, haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation, à obtenir un poste à Monaco. Un coup de pouce promis en échange d'informations sur le sort réservé aux agendas. Un sort qui vient donc d'être fixé.