Faits divers – Justice

Affaire Bettencourt : perquisition chez l'avocat de Nicolas Sarkozy

Par Thibaut Lehut, France Bleu mercredi 5 mars 2014 à 14:16 Mis à jour le mercredi 5 mars 2014 à 18:04

Me Thierry Herzog, lors du procès Clearstream en 2009
Me Thierry Herzog, lors du procès Clearstream en 2009 © Maxppp

Le domicile et le bureau de Me Thierry Herzog a été perquisitionné par la police mardi, ainsi que celui d'un magistrat. Des actions menées dans le cadre d'une enquête contre X pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction, en marge de l'affaire Bettencourt.

C'est le magazine L'Express qui a révélé l'information ce mercredi. L'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog , et le haut magistrat Gilbert Azibert , ont tous les deux vu leurs domiciles et leurs bureaux perquisitionné par la police mardi. L'AFP, qui a eu confirmation de ces perquisitions, n'a toutefois pas pu corroborer les informations de L'Express concernant l'identité des personnes visées.

Pourquoi maintenant ?

Les perquisitions ont donc eu lieu mardi, le 4 mars, à Paris, Bordeaux et Nice. Elles s'inscrivent dans le cadre d'une information judiciaire ouverte contre X pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction le 26 février par le parquet national financier, nouvel organe judiciaire dont c'est la première procédure. Impossible de connaître le résultat de ces perquisitions. Toujours est-il qu'aucune mise en examen n'a pour l'heure été décidée.Le moment choisi par les enquêteurs n'est pas forcément anodin. Ces perquisitions sont intervenues une semaine avant que la Cour de cassation ne décide ou non d'annuler la saisie des agendas de Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Sa décision est en effet attendue le 11 mars.

Que cherche la justice ?

Selon L'Express, "la justice cherche à savoir si Nicolas Sarkozy et Me Herzog ont tenté de s'assurer en toute discrétion le soutien" de Gilbert Azibert, premier avocat général de la Cour de cassation, pour obtenir gain de cause et récupérer les agendas. "Me Herzog et son client ont-ils négocié quoi que ce soit avec Gilbert Azibert ?" , s'interroge l'hebdomadaire. Mediapart rappelle de son côté que le magistrat n'est pas lui-même partie prenante dans le dossier, mais pourrait avoir contribué à exercer une pression sur ses collègues.

Gilbert Azibert, en 2002 - Maxppp
Gilbert Azibert, en 2002 © Maxppp
Les agendas en cause sont utilisés par les magistrats dans le cadre de l'affaire Bettencourt, mais certains passages ont également été versés à la procédure liée à l'arbitrage favorable dont a bénéficié Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais concernant la revente d'Adidas.