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Affaire Bygmalion : le procès s'est ouvert sans Nicolas Sarkozy ce jeudi

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Nicolas Sarkozy n'est pas pas présent au procès de l'affaire Bygmalion, qui s'est ouvert à Paris ce jeudi. L'ancien président est jugé pour les dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012.

Jérôme Lavrilleux (au centre), directeur-adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, au tribunal de Paris ce jeudi.
Jérôme Lavrilleux (au centre), directeur-adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, au tribunal de Paris ce jeudi. © AFP - Bertrand GUAY

Le procès de l'affaire Bygmalion s'est ouvert ce jeudi devant le tribunal judiciaire de Paris, en l'absence remarquée de Nicolas Sarkozy, jugé pour les dépenses excessives de sa deuxième campagne présidentielle en 2012.  

L'ancien président, qui n'était pas venu en mars non plus, est représenté par son avocat historique, Thierry Herzog. Ses 13 autres coprévenus étaient, eux, présents dans la salle.

Ce procès aurait dû débuter le 17 mars mais il avait été ajourné en raison de l'hospitalisation de l'avocat de Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy. Le procès doit pour durer jusqu'au 22 juin. 

L'ancien président, qui doit être interrogé la semaine du 14 juin, est soupçonné d'avoir laisser filer ses comptes de campagnes au-delà de leur plafond légal malgré les avertissements des experts-comptables. Poursuivi pour "financement illégal de campagne électorale", il encourt un an d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende. 

Nicolas Sarkozy était-il au courant ? 

Selon l'accusation, l'ancien président "a incontestablement bénéficié" du système de fausses factures qui lui a permis de disposer pour la campagne de moyens "bien supérieurs à ce que la loi autorisait". L'enquête n'a toutefois pas établi que le chef de l'Etat avait décidé de la mise en place du système, ni qu'il y avait participé ou même en avait été informé. Il est reproché au candidat Sarkozy de ne pas avoir tenu compte de deux alertes alarmantes des experts-comptables pendant sa campagne, en mars et avril 2012. 

Seul un des juges d'instruction, Serge Tournaire, a signé l'ordonnance de renvoi. L'autre juge en charge du dossier, Renaud Van Ruymbeke, a estimé que les charges contre l'ancien président étaient insuffisantes et s'est désolidarisé de son collègue. 

"Au moins 42,8 millions d'euros" de dépenses

L'affaire a éclaté en mai 2014 avec le témoignage télévisé de Jérôme Lavrilleux. En larmes, ce proche de Jean-François Copé, révèle avoir participé à un système de double comptabilité et de fausses factures mis en place pour dissimuler les dépassements du plafond autorisé des comptes de campagne du candidat. Selon l'accusation, les dépenses de la campagne du candidat Sarkozy se sont élevées à "au moins 42,8 millions d'euros", bien au-delà du plafond légal autorisé (22,5 millions d'euros pour le deuxième tour). 

Jean-François Copé, ancien patron de l'UMP et actuel maire de Meaux, a bénéficié d'un non-lieu. Il sera entendu comme témoin pendant le procès et "répondra à l'ensemble des questions", a-t-il fait savoir par la voix de son avocat Hervé Temime. Les proches de Jean-François Copé n'ont toujours pas digéré un long article du Point, publié en février 2014, qui accusait l'ex-secrétaire général de l'UMP d'"avoir organisé un détournement de fonds à son profit" au détriment du parti, grâce à la "puissante machine de guerre" qu'était Bygmalion. Il a obtenu la condamnation du magazine pour cet article et ses partisans voient toujours la main des sarkozystes dans les "révélations" du journal. 

13 autres prévenus

Les 13 autres prévenus sont d'anciens cadres de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, devenue Les Républicains, partie civile au procès), des responsables de la campagne de 2012 et des dirigeants de Bygmalion, la société d'événementiel chargée d'organiser les meetings du candidat Sarkozy via sa filiale Event & Cie. Ils comparaissent pour faux et usage de faux, abus de confiance, escroquerie et financement illégal de campagne électorale, et complicité ou recel de ces délits.

"Objectivement, personne n'a détourné d'argent ou ne s'est enrichi dans cette affaire", a confié lundi Jérôme Lavrilleux dans un entretien au Courrier Picard. Aujourd'hui retiré de la vie politique, gérant des gîtes en Dordogne, Jérôme Lavrilleux est le seul prévenu à assumer ses responsabilités. Parmi les autres prévenus appelés à comparaître figurent également Franck Attal, Guy Alvès et Bastien Millot, dirigeants du groupe Bygmalion, Guillaume Lambert, directeur de la campagne de l'ex-président, et Eric Césari, directeur général de l'UMP. 

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