Faits divers – Justice

Affaire Bygmalion : "Une carambouille financière" pour l'avocat de Philippe Briand

Par Martin Cotta, France Bleu Touraine dimanche 5 avril 2015 à 8:29

Nicolas Sarkozy aux côtés de Philippe Briand, trésorier de la campagne présidentielle du candidat UMP.
Nicolas Sarkozy aux côtés de Philippe Briand, trésorier de la campagne présidentielle du candidat UMP. © Maxppp-Patrice Deschamps-La Nouvelle République

Après la mise en examen dans l'affaire Bygmalion de Philippe Briand, député-maire UMP de Saint-Cyr-sur-Loire, son avocat Maître Boualem Bendjador contre-attaque. Selon lui Philippe Briand n'était pas au courant de l'existence d'un système de fausses factures pour financer la campagne présidentielles de Nicolas Sarkozy en 2012.

 

- Que reproche t-on à Philippe Briand ?

Me Boualem Bendjador : Je voudrais déjà dire que sa mise en examen ne dit pas déjà « préjugé » ou déjà « coupable ». Aujourd’hui il y a assez d’éléments pour mettre en examen mon client mais cela permet surtout à la défense d’accéder au dossier pour pouvoir le vérifier. La deuxième chose que je voudrais dire concerne les qualifications retenues contre Philippe Briand : faux et usages de faux, escroqueries, abus de confiance et fraude. Quand vous lisez cette liste d’inculpations cela vous effraie. Dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, il y aurait eu, et j’utilise bien le conditionnel, l’établissement de fausses factures. Celles-ci auraient été présentées au trésorier qui est le payeur et non l’ordonnateur de la dépense. Ce n’est donc pas lui qui vérifie la dépense, qui donne l’accord pour la dépense, lui ne fait que le chèque pour le payer. Philippe Briand n’a donc jamais négocié avec les donneurs d’ordre et c’est sa ligne de défense. Les experts-comptables lui ont simplement présenté les chèques qu’il a signés de toute bonne foi. De plus Philippe Briand n’a perçu aucun centimes pour son travail de la campagne au contraire de la quarantaine de collaborateurs et il ne lui ai pas reproché le moindre détournement de fond ni le moindre enrichissement personnel. 

 

- Le « je ne savais pas » sera donc la ligne de défense de Philippe Briand jusqu’au procès, s’il y a procès bien sûr ?

Me Boualem Bendjador : Ce n’est pas « je ne savais pas » c’est « j’ai payé en toute bonne foi ». Philippe Briand a 55 ans, il a réussi politiquement et tout au long de sa carrière. Vous pensez vraiment qu’il irait se compromettre dans une espèce de carambouille financière ? Ce n’est pas sérieux, et ce n’est pas à l’image de l’individu ni de ce qu’il représente en Indre et Loire. 

 

- Justement cette affaire ne risque t-elle pas d’égratigner son image sur le plan politique en Indre-et-Loire ? Comment vit-il aujourd’hui cette mis en examen ?

Me Boualem Bendjador : J’espère que les gens sont intelligents. Philippe Briand est toujours innocent. Et je peux vous dire qu’il va y avoir des mois de procédures et de vérifications par mes soins si les poursuites restent engagées.