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Affaire Céline Tondo : 12 mois avec sursis requis à l'encontre du chirurgien, rien contre l’hôpital de Castres

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Par , France Bleu Occitanie
Castres, France

Neuf ans après la mort d’une jeune Castraise, un chirurgien et le centre hospitalier de Castres étaient jugés mardi. Le parquet a présenté "ses regrets" pour les "défaillances de la justice dans ce dossier"

Après neuf années de procédure, le tribunal de Castres a jugé ce mardi l'affaire Céline Tondo.
Après neuf années de procédure, le tribunal de Castres a jugé ce mardi l'affaire Céline Tondo. © Radio France - SM

Le 8 avril 2011, Céline Tondo, une jeune Castraise, est décédée lors d’une cœlioscopie, une opération gynécologique pour permettre d’avoir un enfant. Le tribunal correctionnel de Castres a jugé mardi son chirurgien pour homicide involontaire par "maladresse et négligence". Le centre hospitalier de Castres était également poursuivi pour "homicide involontaire" par "défaut de mise en place de moyens pour porter un diagnostique." 

Une veine et une artère totalement sectionnées

La présidente du tribunal avait prévenu : "L’audience sera technique". Et elle l’est. "Adrénaline, pneumothorax, voie sous clavière..." Régulièrement, le tribunal demande qu’on lui explique un geste médical de cette opération banale au départ

Elle devait durer une heure. Début à 11h40. Mais à 12h47, le médecin constate une hémorragie majeure. Une artère et une veine sont totalement sectionnées. La patiente perd six litres de sang. "La plus grosse hémorragie que j’ai vu de ma carrière", répète le médecin anesthésiste convoqué comme témoin.  

Ensuite, jusqu’à 20h45, heure de la mort, les équipes du CHIC (centre hospitalier intercommunal de Castres-Mazamet) disent avoir tout tenté pour sauver la jeune femme. Notamment un massage cardiaque de 45 minutes. Un transfert au CHU de Toulouse est tenté, mais trop tard. 

Alors l’enjeu de l’audience, c’était clairement de connaître les causes de la mort. Est-ce l’intervention du chirurgien gynécologue qui dit avoir sectionné l’artère mais avoir pu réparer son erreur ? Ou bien les équipes de l’hôpital castrais n’ont elles pas tout fait et notamment une radio des poumons qui aurait révélé une embolie gazeuse importante ? 

Trois expertises 

Le problème, c’est que pendant les neuf ans qu’a duré la procédure, trois expertises ont été menées pour tenter de répondre à cette question. Et chaque partie lit l’expertise qui lui convient. La procureure de la République, elle, tranche. "Les trois expertises parlent d’un geste fautif du chirurgien gynécologue". 

Pendant l’audience, on va aussi découvrir que le médecin, selon son dossier administratif, a déjà été responsable d’incidents dans les hôpitaux de Tours et d’Angers dans les années 1990. Il avait d’ailleurs une interdiction tacite de procéder à des opérations complexes. 

Regret de la justice 

Le moment fort de cette audience, c’est le début du réquisitoire du procureur. "Je regrette éperdument le traitement judiciaire de cette affaire parce que je sais la douleur d’une mère, d’un père. Parce que je sais la souffrance d’un fils. Les défaillances de notre justice ont été une souffrance supplémentaire." Céline Raignault insiste en regardant les nombreuses parties-civiles dans la salle.  "Je veux présenter mes excuses au nom de l’institution judiciaire. Pour des défaillances, mais ce n'est pas une faillite puisque nous sommes ici aujourd’hui et que cette affaire est jugée." La procureur de Castres qui évoque aussi les "atermoiements de la justice alors que le chirurgien a lui continué d’exercer." Elle a demandé 12 mois de prison avec sursis à l’encontre du Docteur Rosenau. Elle a en revanche laissé les juges décider pour la responsabilité de l’hôpital. 

"Je voudrais juste un pardon.' (Le père de Céline)

Le fils de la victime, Mathieu Grand, n'est pas touché plus que cela par les regrets de la justice. "Neuf ans de procédure, huit heures aujourd'hui pour entendre les mêmes choses. Heureusement, que nous avons une carapace." Dans la salle, la mère de Céline Tondo brandit par moments la photo de sa fille. Son père, lui, vient à la barre. "Je voudrais juste un pardon. Le pardon du centre hospitalier et du médecin. C'est la seule chose que j'attends aujourd'hui."  

Le délibéré sera rendu le 27 octobre. 

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