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Affaire de la grotte sanglante de Sète : perpétuité requise contre Rémi Chesne, 10 ans contre Audrey Louvet

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Hérault, France Bleu

Aux assises de l'Hérault, l'avocat général a requis ce jeudi la réclusion criminelle à perpétuité contre Rémi Chesne et 10 ans contre Audrey Louvet, jugés pour l'assassinat de Patrick Isoird. Il a évoqué non pas "un crime passionnel, mais un crime d'amour-propre".

Pour Georges Gutteriez, l'avocat général, ce crime est la vengeance d'un homme blessé dans son amour-propre
Pour Georges Gutteriez, l'avocat général, ce crime est la vengeance d'un homme blessé dans son amour-propre © Radio France - Salah Hamdaoui

"Cette affaire, c'est le procès d'une rancœur qui a duré cinq ans." Rémi Chesne et Audrey Louvet sont jugés depuis 10 jours pour l'enlèvement, la séquestration et l'assassinat de Patrick Isoird, retrouvé mort dans une grotte du Mont Saint-Clair en juillet 2014 à Sète, tué par balles et le corps en partie calciné. 

Vous laissez derrière vous un champ de ruines, de larmes, de désespoir. Aujourd'hui vous êtes seul- (Avocat général)

Ce jeudi midi, l'avocat général Georges Guttierrez a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Rémi Chesne, mais seulement 10 ans de prison à l'encontre d'Audrey Louvet pour laquelle il n'a pas retenu l'assassinat. Il est convaincu qu'elle a été "manipulée". Que Rémi Chesne a eu besoin d'elle pour son "plan diabolique". Besoin de cette "femme-enfant", influençable, qui n'a rien dans la caboche" pour servir d'appât et attirer Patrick Isoird dans la grotte, soi-disant pour régler une dette d'argent.

10 ans, c'est exactement ce que ça vaut par rapport à ce qu'elle est et ce qu'elle savait- (Me Eva Fournier, avocate de Audrey Louvet)

Ce qui est sûr selon lui, c'est que ce n'est pas elle qui a tué Patrick Isoird. Aucun mobile, aucun intérêt alors que Rémi Chesne, si. Sa femme s'est suicidée en 2009, juste après lui après lui avoir avoué une liaison avec Patrick Isoird. "Rémi Chesne ne l'a pas digéré, c'est la vengeance d'un homme blessé. Ce n'est pas un crime passionnel, c'est un crime d'amour-propre".

L'avocat général s'appuie sur la téléphonie pour rappeler les nombreux contacts entre les deux accusés et il s'engage alors dans une longue énumération de ces échanges. Contacts qui s'intensifient quelques jours avant les faits, "et vous voulez nous faire croire que c'était seulement pour de la coiffure ?" demande-t-il en s'adressant à l'ancien coiffeur à domicile. "Vous vous moquez de qui ?"

Savourer sa vengeance

Un peu plus tôt dans la matinée, Me Jean-Marc Darrigade, l'avocat du frère de la victime, s'est évertué à lister toutes les éléments qui accablent Rémi Chesne et que ce dernier présente comme des "coïncidences". "Quand ça coïncide une fois, c'est une coïncidence mais quand ça coïncide 16 fois, c'est une évidence" conclut l'avocat.  

Me Darrigade croit savoir pourquoi Rémi Chesne a demandé à Audrey Louvet de ligoter Patrick Isoird avec du ruban adhésif dans cette grotte. "Pourquoi le ligoter si c'est pour le tuer dans les minutes qui suivent ? On veut avoir le temps de lui parler, de lire sur son visage la grimace de la peur. On veut savourer". Et après avoir cité plusieurs fois le Sétois Paul Valéry, c'est Jean Racine qu'il convoque : "La vengeance est perdue s'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue".

Aucune certitude ni de preuve selon la défense

"Le crime est odieux donc l'homme est odieux". Le raccourci est inadmissible corrige Me Luc Abratkiewicz, l'un des avocats de Rémi Chesne. "Dans ce procès, on épargne l'une pour mieux condamner l'autre".

Oui, dans le box, il n'est pas judiciairement correct- (Me Abratkiewicz)

Oui mais pour condamner, il faut des preuves enchaine Me Franck Berton. "Un faisceau d'indices ne suffit pas. Il ne peut y avoir d'estimations, d'imprécisions". L'avocat lillois met en avant les questions qui se posent encore, sans apporter de réponses, mais pour semer le doute dans l'esprit des jurés. 

Si c'était si simple, est-ce qu'on y aurait passé autant de temps ?- (Me Berton)

Personne ne connait la date de la mort. Le mobile n'est pas formellement établi dit-il et Audrey Louvet, "la prêtresse de la vérité", ne donne pas de détails sur ce qui se passe précisément dans la grotte. "On n'est pas au bistrot mais dans une enceinte judiciaire dans laquelle vous avez requis perpétuité". Il s'adresse aux jurés : "Si vous cautionnez ce genre d'enquête, de procédés, d'incohérences, on est foutus !"

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