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Faits divers – Justice

Affaire Denko Sissoko: le foyer Bellevue de Châlons-en-Champagne mis en cause par le Défenseur des droits

samedi 13 avril 2019 à 10:20 Par Caroline Felix, France Bleu Champagne-Ardenne

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a rendu une décision sévère sur les conditions du décès, en 2017, d'un jeune Malien en foyer à Châlons-en-Champagne, en critiquant l'"insuffisance" du dispositif d'accueil mis en place par le département.

Photo transmise par l’association qui a dénoncé la mort du jeune Malien.
Photo transmise par l’association qui a dénoncé la mort du jeune Malien. - DR

Châlons-en-Champagne, France

- Avec AFP

Le foyer Bellevue de Châlons-en-Champagne pointé par le Défenseur des droits dans l'affaire Denko Sissoko. Ce jeune migrant de  17 ans a été retrouvé mort en janvier 2017 alors qu'il était hébergé par le Service d’accueil des mineurs isolés étrangers. A l'époque, le procureur de Châlons avait privilégié la thèse du suicide, tout en indiquant que le foyer était aux normes.  Ce n'est pas ce que conclut le Défenseur des droits Jacques Toubon pour qui l'encadrement était insuffisant au moment du drame. 

Une confusion sur l'examen médical probablement à la source du drame

"L'encadrement prévu fin 2016-début 2017 était insuffisant", estime M. Toubon dans une décision anonymisée. Le garçon, qui disait avoir 17 ans, était en phase d'évaluation de sa minorité et le Réseau Education Sans Frontières (RESF) avait associé son décès à sa peur d'être expulsé de France.  

Le jeune "avait peur de l'examen médical" sur lequel il existait chez lui "une confusion" avec les examens d'âge osseux, a estimé le Défenseur, pour qui l'information "lacunaire" sur cet examen "et sur l'ensemble de leurs droits" doit "impérativement être renforcée". 

Le Défenseur recommande de mieux prendre en compte les troubles psychiques des migrants

Le rapport souligne aussi qu'à l'époque du drame, les mineurs "cohabitent avec des majeurs" dans le foyer dont les fenêtres "ne sont pas sécurisées". "Le foyer Bellevue est inadapté à l'accueil de mineurs", estime le Défenseur des droits.  

Lire aussi : Dans la Marne, une éducatrice sanctionnée pour avoir dénoncé les conditions d'accueil des migrants mineurs

M. Toubon a invité le département de la Marne "à renforcer la formation de ses personnels en charge de l'évaluation, à l'appréhension des troubles psychiques et des symptômes de stress post-traumatique", et recommandé "l'abandon de la formulation "ne dit pas la vérité" dans les rapports d'évaluation".