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Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy évoque la Stasi dans une tribune, "insupportable" pour Hollande

France Bleu vendredi 21 mars 2014 à 8:23

Nicolas Sarkozy était placé sur écoute dans le cadre de l'affaire sur le financement présumé occulte de sa campagne de 2007
Nicolas Sarkozy était placé sur écoute dans le cadre de l'affaire sur le financement présumé occulte de sa campagne de 2007 © Maxppp

Pour la première fois depuis le début de l'affaire de trafic d'influence dans laquelle il est visé, l'ancien président de la République sort de son silence. Dans une tribune publiée ce vendredi dans le Figaro, il compare les écoutes dont il est l'objet avec les activités de la Stasi. Une "grave faute morale" pour Jean-Marc Ayrault, qualifiée "d'insupportable" par François Hollande.

C'est "une grave faute morale de mettre en cause l'honneur de la justice et de la police ", a lancé Jean-Marc Ayrault à Nicolas Sarkozy, jeudi soir, dans un communiqué. L'ancien président de la République a mis le feu aux poudres en publiant une tribune, dans les colonnes du Figaro , sa plus longue prise de parole depuis l'été 2012 . Il y réagit aux écoutes téléphoniques dont il est l'objet :

"Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne (...). Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film "La vie des autres" sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi (...) Il s'agit de la France". — Nicolas Sarkozy dans Le Figaro

"Les principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent ", affirme Nicolas Sarkozy dans cette tribune intitulée Ce que je veux dire aux Français . A trois jours des municipales, il se révolte contre les écoutes téléphoniques qui le visent et qui ont donné lieu à une affaire de trafic d'influence.

Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir tenté, avec l'aide de son avocat, de faire infléchir une décision de la Cour de cassation en sa faveur , pour récupérer des agendas perquisitionnés dans l'affaire Bettencourt. Ces agendas pourraient, en effet, servir à nouveau aux juges dans une autre affaire, l'affaire Tapie. La Cour de cassation lui a finalement donné tort la semaine dernière.

Levée de bouclier à gauche

Au gouvernement comme au Parti Socialiste, la tribune de Nicolas Sarkozy a suscité de vives réactions. François Hollande , en déplacement jeudi soir à Bruxelles, a qualifié le texte "d'insupportable " :

"Laisser penser que notre pays, notre République puissent ne pas être fondés sur les libertés, c'est introduire un doute qui n'a pas sa place, et toute comparaison avec les dictatures est forcément insupportable" — François Hollande, jeudi à Bruxelles

"Je n'entends pas accepter cette injure ", a ajouté Christiane Taubira , la Garde des Sceaux, directement visée par cette tribune. Le secrétaire général du PS Harlem Désir a quant à lui dénoncé une "attaque inouïe contre les institutions de la République ". 

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