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Faits divers - Justice

Affaire du "bébé secoué" aux Assises d'Ille-et-Vilaine : "je n'ai rien fait à la petite" répète la nourrice

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel

Une ancienne assistante maternelle de Guipry-Messac (35) comparait depuis ce mardi 28 janvier aux Assises d'Ille-et-Vilaine. Elle est accusée d'avoir secoué un bébé de quatre mois en avril 2014. Au premier jour de ce procès, la sexagénaire a clamé son innocence, comme elle le fait depuis six ans.

La salle des assises d'Ille-et-Vilaine.
La salle des assises d'Ille-et-Vilaine. © Radio France - Benjamin Fontaine

Rennes, France

Le procès d'une ancienne assistante maternelle s'est ouvert ce mardi 28 janvier aux Assises d'Ille-et-Vilaine. Sylvie M., habitante de Guipry-Messac, est accusée d'avoir secoué un bébé de quatre mois dont elle avait la garde en avril 2014. La petite a aujourd'hui six ans et elle souffre de plusieurs handicaps. Si les experts assurent que le bébé est victime du syndrome du "bébé secoué", les jurés vont devoir dire si la nounou est responsable ou non.

Sur la tête de mes enfants je peux vous dire que je n'ai rien fait à Jeanne.

Au premier jour de ce procès, après un rappel des faits, les parents de Jeanne ont redit leur envie de connaître la vérité. "Pour expliquer à Jeanne plus tard pourquoi elle est dans cet état," a répété le père de l'enfant. Pour le couple, il n'y a pas de doute, la nourrice est responsable. L'ancienne assistante maternelle qui comparaît libre continue pourtant de nier. "Je n'ai rien fait à cette petite", dit-elle en préambule de son audition. "Je ne cherche pas à cacher quoique ce soit. Sur la tête de mes enfants je peux vous dire que je n'ai rien fait à Jeanne, je ne l'ai pas secouée", ajoute la mère de famille essuyant les larmes qui coulent sur son visage. 

Questionnée par le président de la Cour d'Assises, l'ancienne assistante maternelle dotée d'une solide expérience de plus de vingt ans revient sur le déroulé de la journée du 28 avril 2014. Elle raconte que la petite allait bien lorsqu'elle est arrivée chez elle mais qu'elle s'est très rapidement mise à pleurer, à se tordre, refusant de boire tout son biberon. "J'ai réussi à la calmer en lui massant le ventre." 

A aucun moment je ne me suis sentie en difficulté.

Plusieurs éléments questionnent. Pourquoi la nourrice n'a-t-elle pas prévenu les parents des soucis rencontrés avec la petite ? "Je ne voulais pas déranger la maman car elle reprenait le travail et je savais qu'elle allait arriver 2h30 plus tard." Pourquoi n'a-t-elle laissé aucune trace de la journée dans le carnet de liaison ? "Je ne le fais pas toujours." Comment expliquer ces multiples connexions sur Internet alors qu'elle affirme avoir été auprès de la petite toute la journée ? 

Enfin, comment justifier ce coup de fil au médecin de famille au milieu de coups de fils répétés à sa fille ? "J'ai appelé ma fille parce que je voulais savoir si je pouvais récupérer mon petit-fils plus tôt chez sa nourrice. Quant au médecin j'ai cherché à le joindre pour me rassurer mais je n'ai pas réussi," répond la sexagénaire. "Qu'est-ce qui vous inquiétait ?" demande le président. "Rien. A aucun moment je ne me suis sentie en difficulté."

Je ne vis plus depuis six ans.

Face à ces interrogations, l'accusée reste droite et maintient la même version. Ce manque de rigueur contraste toutefois avec celle qui est décrite comme une femme travailleuse, volontaire, ordonnée. "J'ai toujours fait tout mon possible pour les enfants, j'ai toujours été présente. Je suis désolée pour cette petite mais je n'y suis pour rien. Tout cela est dur pour moi aussi. Je ne vis plus depuis six ans."

Pendant deux jours, plusieurs témoins et cinq experts médicaux vont se succéder à la barre pour apporter leur éclairage sur la personnalité de l'accusée et sur les faits qui lui sont reprochés. Pour le personnel médical, il n'y a en tout cas aucun doute, Jeanne a bien été "secouée" et pour quatre d'entre eux, ce geste violent ce serait produit le 28 avril 2014. Le verdict est attendu vendredi 31 janvier.

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