Faits divers – Justice

Affaire du bébé secoué de Siros : le père condamné à 6 ans de prison

Par Fanette Hourt et Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu jeudi 24 septembre 2015 à 20:27

Christophe Lescarret est condamné à 6 ans de prison
Christophe Lescarret est condamné à 6 ans de prison © Radio France - Daniel Corsand

La cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques a condamné ce jeudi soir un père qui a avoué avoir secoué son nourrisson de 2 mois et demi, lui occasionnant de graves séquelles en 2012.

Christophe Lescarret, ce père de famille de 43 ans originaire de Siros en Béarn, a été condamné ce jeudi soir, à 6 ans de prison par la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, pour avoir secoué son bébé. Le procureur avait requis 7 ans.

Il a avoué au cours du procès

Christophe Lescarret a avoué son geste au cours de l'audience. Jusqu'à présent, il prétendait que son fils avait fait un malaise. Mais cela ne collait pas avec les blessures du nourrisson. A l'époque des faits, en 2012, Paul était âgé de deux mois et demi, et ce secouement, très violent, a entraîné des lésions sévères. 

Son père a expliqué qu'il ne supportait plus les cris de Paul, et qu'il était à bout. Il s'occupait quasiment seul de trois enfants en bas âge : Paul, mais aussi son frère jumeau, et un frère aîné à peine plus âgé.

"Christophe Lescarret est un homme courageux, qui est venu tout au long de ce procès avec la volonté de soulager sa conscience et de s'expliquer devant les juges", a expliqué son avocat, Me Thierry Sagardoytho. "Il va accepter cette peine, et il va la purger."

Me Thierry Sagardoytho, l'avocat de Christophe Lescarret

"C'est la justice qui a été rendue"

Il est difficile aujourd'hui pour les médecins de savoir quelles seront les séquelles de Paul une fois adulte. Mais ils n'ont aucun doute sur le fait que ses handicaps seront lourds et irréversibles. Âgé aujourd'hui de 3 ans, il ne parle pas, ni ne marche. Il n'avait été conduit à l'hôpital que le lendemain du secouement, ce qui a aggravé son état.

Par ailleurs, ce geste n'était pas le premier emportement du père. Trois semaines avant, le nourrisson avait été admis au même hôpital pour une fracture du bras, là aussi à cause d'une réaction violente de Christophe Lescarret.

La tante de Paul, la soeur de sa mère, a assisté à ces trois jours de procès. Tout comme l'avocat de Christophe Lescarret, elle ne remet pas en cause ce verdict. "Ce n'est pas une victoire. C'est la justice qui a été rendue. On a eu la chance de faire face à des gens qui sont très humains."

La tante de Paul