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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire du crassier d'ArcelorMittal Florange

Affaire du crassier d'ArcelorMittal Florange : "Une toute petite victoire" pour le lanceur d'alerte

lundi 10 septembre 2018 à 19:06 Par Antoine Barège, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu

Karim Ben Ali sort du silence sur France Bleu Lorraine. L'homme qui a révélé en 2017 l'affaire de la pollution présumée du crassier de Marspich (Moselle) avec une vidéo commente la décision de la justice qui va poursuivre ArcelorMittal pour gestion irrégulière des déchets mais pas pour pollution.

Karim Ben Ali, le chauffeur intérimaire qui a révélé la vidéo sur ArcelorMittal.
Karim Ben Ali, le chauffeur intérimaire qui a révélé la vidéo sur ArcelorMittal. - Document remis par Karim Ben Ali

Florange

Sa vidéo révélée en juin 2017 sur France Bleu Lorraine avait fait un scandale. Elle a été vue par plus de 5 millions de personnes. Karim Ben Ali chauffeur intérimaire d'un sous-traitant de Suez s'était filmé alors qu'il déversait un liquide jaunâtre dans le crassier de Marspich. De l'acide selon lui. 

Après 14 mois d'enquête, la procureure de Thionville a rendu ses conclusions vendredi. Selon les analyses, il n'y a pas de pollution du crassier mais une gestion irrégulière des déchets de la part d'ArcelorMittal. 

Karim Ben Ali sort du silence sur France Bleu Lorraine, "pour moi c'est une toute petite victoire, c'est un premier pas" explique le lanceur d'alerte, "maintenant je vais prouver que c'est bien de l'acide que j'ai déversé". Karim Ben Ali a quand même du mal à comprendre la décision de la justice à Thionville, "le chauffagiste qui déverse 100 litres d'acide par erreur, lui, est sanctionné très fortement et ArcelorMittal, on lui tapote un peu les doigts en disant c'est pas grave". 

"Le combat de ma vie"

L'ancien chauffeur intérimaire, trentenaire et père de famille, sans emploi, n'a pas l'intention d'en rester là : "On va attaquer ArcelorMittal avec mes avocats, j'ai des éléments en main, si la justice veut bien les prendre, au moins on saura la vérité". 

L'homme qui a encore des traces de coups suite à une agression début août chez lui, parle du "combat de ma vie". Il espère "un choc et des excuses d'ArcelorMittal car ils m'ont dit que j'étais un menteur". Il compte bien obtenir réparation "pour tout ce que j'ai perdu."

Karim Ben Ali, l'ancien chauffeur intérimaire sur France Bleu Lorraine

Les syndicats soulagés

Un Comité d'Entreprise extraordinaire se tenait ce lundi après-midi au siège du site mosellan à Florange. Une petite heure de réunion pour présenter les conclusions de la justice. "Nous sommes soulagés" déclare à la sortie de la réunion Lionel Burriello le délégué syndical CGT

"Soulagés parce qu'il n'y a pas eu de pollution d'acide de grande envergure, il n'y a pas de conséquence sur l'environnement, soulagés aussi parce qu'il n'y a pas de fraude ni de corruption donc les suspicions sur le professionnalisme des salariés sont évacués". 

Lionel Burriello reste tout de même prudent, ArcelorMittal est renvoyé devant la justice pour un déversement d'eaux usées hors du cadre légal "on a demandé au groupe de faire le nécessaire pour ne pas ternir une fois de plus l'image de notre site sur la question primordiale du cadre environnemental."

Lionel Burriello, délégué CGT chez ArcelorMittal Florange

"Dégoûté des syndicats"

Karim Ben Ali en veut aux syndicats du site de Florange, "je suis dégoûté de l'attitude des syndicats, ils disent que c'est mineur". L'ancien chauffeur intérimaire leur répond "messieurs les syndicalistes, arrosez votre jardin avec le liquide, vous verrez si c'est mineur ou majeur". 

Le lanceur d'alerte dit néanmoins comprendre la réaction des syndicats, "la peur de l'emploi" selon lui.