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Affaire du Mediator : salariés et habitants de Gidy attendent l'épilogue

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

C'est ce lundi que sera rendu le jugement dans l'affaire du Mediator. A Gidy (Loiret), où le médicament du groupe Servier a longtemps été fabriqué, on a hâte de pouvoir enfin tourner la page de ce scandale sanitaire.

Le Mediator a été produit de 1976 à 2009 dans l'usine de Gidy
Le Mediator a été produit de 1976 à 2009 dans l'usine de Gidy © Maxppp - Joël Le Gall

L'affaire du Médiator va connaître son épilogue. C'est ce lundi que le tribunal correctionnel de Paris va rendre son jugement. Le Mediator, médicament anti-diabétique mais utilisé comme coupe-faim, est soupçonné d'avoir provoqué d'importantes lésions cardiaques et d'avoir fait des centaines de morts. Le groupe Servier est poursuivi pour "tromperie aggravée" et pour "homicides et blessures involontaires".

"A Gidy, on ne parle pas de cette affaire"

Dix ans d'enquête, neuf mois de procès, 7.000 parties civiles, 23 prévenus, c'est un dossier hors norme qui a toujours eu une résonnance particulière à Gidy : c'est dans cette commune de 2.000 habitants, située au Nord d'Orléans que le Mediator a été fabriqué de 1976 à 2009 dans l'usine Servier qui compte aujourd'hui 800 salariés (et 300 intérimaires).

Dans la commune, l'affaire du Mediator a longtemps été taboue. Et c'est encore un peu le cas aujourd'hui, reconnaît le maire de Gidy Benoît Perdereau : "On ne parle pas de cette affaire à Gidy, ni dans les rues ni au sein de la municipalité. C'est avant tout une affaire d'entreprise qui se passe à Paris." L'élu ne cache pas sa hâte de voir se profiler l'épilogue : "Tout le monde espère qu'on tourne enfin la page de cette affaire ! Parce qu'à chaque fois qu'on parle du Mediator, on mentionne Gidy... Alors, oui, qu'on en termine et que l'entreprise puisse aller vers des horizons plus heureux !"

"Le décès de Jacques Servier a changé les choses"

Les salariés de Servier à Gidy ont longtemps très mal vécu l'affaire, avec un certain ressentiment envers la presse. Mais avec le temps, les choses s'apaisent, et une certaine normalité s'installe. C'est le constat que dresse Philippe Becherand, secrétaire régional de la CFDT Chimie énergie - après une tentative avortée en 2011, le syndicat a d'ailleurs réussi à s'implanter à Gidy en 2018.

"En 2012-2013, il y avait beaucoup de difficulté à discuter du Mediator avec eux, explique le syndicaliste. Il y avait beaucoup de pression médiatique, ils avaient l'impression qu'on s'en prenait à eux. Et puis beaucoup de salariés de Servier considèrent l'entreprise comme leur deuxième famille, d'autant que le mode de management était alors paternaliste. Les choses ont commencé à changer avec le décès de Jacques Servier, en 2014, et aujourd'hui la direction a une approche différente."

L'usine Servier de Gidy, vue de l'intérieur
L'usine Servier de Gidy, vue de l'intérieur © Radio France - François Guéroult

Même si cela n'est pas suffisant aux yeux des victimes, le groupe pharmaceutique a d'ailleurs, lors du procès, exprimé "des regrets" et présenté "des excuses" : une attitude inimaginable du temps de Jacques Servier, qui n'avait pas dit un mot lors d'une première audience avortée dans le cadre de cette affaire, en mai 2012, alors à Nanterre.

L'impact des sanctions financières

Lors du procès, le procureur a requis une amende de 10 millions d'euros à l'encontre de Servier, et les parties civiles ont réclamé 1 milliard d'euros de dommages et intérêts. Une somme à première vue énorme "mais l'impact financier sera marginal sur le groupe, car il a eu le temps d'anticiper et de provisionner", assure Me Martine Verdier. L'avocate orléanaise, qui défend de nombreuses victimes, a demandé l'exécution provisoire du jugement, afin que les indemnités soient immédiatement versées aux plaignants, même en cas d'appel. 

L'avocate orléanaise Martine Verdier
L'avocate orléanaise Martine Verdier © Maxppp - Xavier de Torres

Servier a prévu cette année de supprimer en France 287 postes de recherche et développement, uniquement sur la base de départs volontaires, via une rupture conventionnelle collective. Mais cela n'a pas de rapport direct avec l'affaire du Mediator, analyse Philippe Becherand : "Sincèrement, je ne crois pas qu'il y ait un lien de cause à effet. Beaucoup de groupes pharmaceutiques modifient actuellement leur stratégie R&D, Servier a décidé d'aller sur l'oncologie, et cela nécessite de changer son modèle de recherche, avec des suppressions de postes mais aussi des créations futures."

Nouveau départ avec les biomédicaments

Cette stratégie se traduit sur le site de Gidy par l'ouverture cette année d'une nouvelle unité baptisée BIO-S et consacrée à la production de biomédicaments contre le cancer (le principe actif est issu du milieu naturel et non pas d'une synthèse chimique). Servier a investi 60 millions d'euros pour ce projet, qui lui permettra aussi de redorer son image. 

Le Daflon, médicament contre le trouble de la circulation veineuse, est l'un des produits phares fabriqués actuellement sur le site de Gidy
Le Daflon, médicament contre le trouble de la circulation veineuse, est l'un des produits phares fabriqués actuellement sur le site de Gidy © Radio France - François Guéroult

Une nouvelle page donc, même si en réalité, cela fait longtemps que le Mediator n'est plus qu'un lointain souvenir à l'usine de Gidy : cette production-là s'est arrêtée il y a plus de dix ans, et les produits phares que fabrique actuellement le site s'appellent le Diamicron (contre le diabète), le Daflon (contre les problèmes de circulation des veines) et le Coversyl (contre les troubles cardio-vasculaires). 220 millions de boîtes de médicaments sortent de l'usine chaque année.

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