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Dossier : Meurtre d'Adrien Perez

Affaire du meurtre d'Adrien Perez : comment les parties civiles et la défense abordent le procès

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Par , France Bleu Isère

Ce 21 juin s'ouvre, pour deux semaines, devant les Assises de l'Isère, le procès du meurtre d'Adrien Pérez, 26 ans, tué d'un coup de couteau en plein cœur le 29 juillet 2018 à la sortie d'une discothèque de Meylan. Trois jeunes hommes comparaissent, dont 2 frères pour meurtre, tentative et violences

Adrien était venu fêter ses 26 ans en discothèque à Meylan, avec ses amis. Il y a trouvé la mort
Adrien était venu fêter ses 26 ans en discothèque à Meylan, avec ses amis. Il y a trouvé la mort © Radio France - Véronique Pueyo

Un procès d'assises est toujours une épreuve. Bruno et Patricia Perez, les parents d'Adrien, ont essayé de s'y préparer, mais ils le redoutent. "On appréhende ces deux semaines d'audience. Pour nous, c'est double peine, une épreuve dans l'épreuve." explique, des sanglots dans la voix, Patricia. "Mais on fera face pour Adrien. Il va nous donner de la force. _On fait confiance à la justice_. On remercie les enquêteurs et les magistrats qui ont fait un travail remarquable. Bien sûr, il faut qu'ils (les prévenus, ndlr) soient punis, mais cela ne fera pas revenir notre fils et il nous manque tellement, à tous !"

"On fera face pour Adrien" - Patricia Perez

Patricia Perez, aux obsèques de son fils Adrien
Patricia Perez, aux obsèques de son fils Adrien © Maxppp - Christophe Agostinis

Son époux, Bruno, se dit, lui aussi, épuisé par ces trois années d'instruction : "C'est pire qu'avant, je n'ai plus la force de rien." murmure-t-il de sa voix grave. "_J'ai la hantise de ce procès et je veux que cela se termine_. Des décisions judiciaires seront prises et j'en prendrai acte. Mais, nous, on a déjà pris perpétuité. Notre fils, il est au fond d'un trou. C'est fini. Eux, ils ont la vie, des visites en prison, ils sont dans la lumière. On me dit que ce procès m'aidera à faire mon deuil. Mais quel deuil ? " s'exclame-t-il. "C'est impossible. On est mort avec Adrien ce 29 juillet 2018. On survit pour notre fille."

Bruno Perez redoute les deux semaines de procès

Lors de la marche blanche organisée, à Grenoble, en hommage à Adrien Perez, par ses amis et sa famille
Lors de la marche blanche organisée, à Grenoble, en hommage à Adrien Perez, par ses amis et sa famille © Radio France - Christophe Agostinis

"Liam Djadouri n'a rien fait" - Bernard Ripert, avocat des parents d'Adrien Perez

Du côté de la défense, on se dit inquiet, certes, mais serein. Pour Maître Bernard Ripert, qui défend Liam Djadouri, un étudiant en école de commerce de 23 ans poursuivi pour violences aggravées, les faits sont simples : "Liam Djadouri n'a rien fait. Il est choqué d'avoir été mêlé à ce drame. Il a été pris à partie et a gesticulé pour se dégager, mais _il n'a frappé personne. L'audience le démontrera_." Le jeune homme veut tourner la page et continuer ses études après le procès. Il comparait libre, sous contrôle judiciaire.

Le verdict est attendu le 2 juillet
Le verdict est attendu le 2 juillet © Radio France - Véronique Pueyo

"Yanis El Habib n'a pas porté les coups mortels" - Maître Charle

Yanis El Habib, 22 ans, comparait détenu pour meurtre, tentative de meurtre et violences aggravées. Son avocat, Maître Julien Charle, explique que si son client reconnait s'être battu à la sortie de la discothèque avec un ami d'Adrien Perez, parce qu'il s'était senti humilié, en revanche, il n'avait pas de couteau sur lui et n'a pas porté les coups mortels. "Notre seule stratégie est celle de dire la vérité à l'audience, comme nous l'avons dite tout au long de l'instruction" souligne Maître Charle.

"Younes El Habib n'a pas voulu tuer" - Maitre Fort

Quant au troisième accusé, Younes El Habib, 23 ans, le frère de Yanis, il affirme, depuis le début, avoir porté, seul, les coups de couteau pour se défendre et défendre son frère, qui se sentait menacé par le groupe d'amis d'Adrien Perez, en supériorité numérique. "Younes El Habib n'est pas une racaille, comme on a pu le dire. Il n'a pas de casier judiciaire. Il n'aime pas les conflits. S'il portait un couteau sur lui depuis plusieurs semaines, c'est parce que sa famille était menacée et lui avait conseillé de le faire. Maisil ne voulait pas tuer. " explique Maître Alain Fort, son avocat. Il poursuit : "On le voit sur la vidéo surveillance. C'est une bagarre. Il a sorti son couteau pour faire peur au groupe. Mais comme certains était alcoolisés et avaient pris de la cocaïne, au contraire, ils se sont jetés sur lui." confie Maître Fort

Vue de la salle d'audience. Photo d'illustration
Vue de la salle d'audience. Photo d'illustration © Radio France - Véronique Pueyo

Les avocats des trois accusés disent que leurs clients ont formulé des regrets. Mais de ces remords, les parents d'Adrien Perez n'en veulent pas. "Je ne veux pas de leurs excuses" lâche Patricia Perez. "Ils ont tué mon fils, comment leur pardonner ? Je ne suis pas Dieu. Et puis, je sais que leurs excuses ne sont pas sincères. On leur dira de le faire pour leur défense." Les frères El Habib encourent 30 ans de réclusion criminelle, Liam Djadouri, 5 ans. Le verdict est attendu le 2 juillet.

Comment la défense aborde-t-elle le procès ?

Patricia, Bruno et Marjorie Perez, la sœur d'Adrien, en mai 2019, lors du dévoilement de la plaque, apposée à l'endroit où Adrien est mort.
Patricia, Bruno et Marjorie Perez, la sœur d'Adrien, en mai 2019, lors du dévoilement de la plaque, apposée à l'endroit où Adrien est mort. © Radio France - Véronique Pueyo
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