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Dossier : L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès

Affaire Dupont de Ligonnès : dix ans après, les voisins ne trouvent pas la paix

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Dix ans après le quintuple homicide désormais connu comme la "tuerie de Nantes", l'ancienne maison des Dupont de Ligonnès reste l'objet d'une attention particulièrement pénible pour les habitants du quartier. Aujourd'hui, les voisins vivent au gré des soubresauts de l'enquête, et n'en peuvent plus.

Le 55 boulevard Robert Schuman, ancienne maison des Dupont de Ligonnès, est aujourd'hui habité par de nouveaux propriétaires, qui doivent se protéger des sollicitations.
Le 55 boulevard Robert Schuman, ancienne maison des Dupont de Ligonnès, est aujourd'hui habité par de nouveaux propriétaires, qui doivent se protéger des sollicitations. © Radio France - Sarah Mansoura

La maison n'a pas changé d'aspect extérieur, mais les voisins, eux, sont usés. Il y a dix ans, jour pour jour, les enquêteurs affairés à retrouver la trace de la famille Dupont de Ligonnès ont fini par extraire, un par un, cinq des corps de la famille, enveloppés dans des draps et de la chaux, sous la terrasse du 55 boulevard Robert Schuman à Nantes. 

Cette découverte, le 21 avril 2011, a eu l'effet d'une déflagration dans le quartier. Car ce ne sont pas seulement les gyrophares et les allées et venues incessantes des policiers qui ont secoué le quotidien des voisins. Depuis ce jour-là, le quartier n'a que très peu connu la quiétude. Enquêteurs, journalistes et curieux ont arpenté le boulevard et les rues adjacentes, ont frappé aux portes et ont filmé la maison des Dupont de Ligonnès sous tous les angles. Dix ans plus tard, alors que Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable, ce qui est devenu une des affaires criminelles françaises les plus connues et les plus ardemment commentées s'est transformée en cauchemar pour ceux qui habitent à proximité. 

Visiteurs "indésirables"

Les voisins n'en peuvent plus, et ils le font savoir. La plupart ferment leur porte aussi vite qu'ils l'ont ouverte. "Pas de commentaire", "laissez-nous tranquilles", "dégagez" : plus que de la lassitude, c'est de l'exaspération qui se lit dans les voix et les visages. Car depuis dix ans, il leur faut répondre aux mêmes questions. Se replonger, malgré eux, dans la même horreur qui a saisi tout le quartier, ce 21 avril 2011. 

Anciennement demeure des Dupont de Ligonnès, le 55 boulevard Schuman est désormais habité par une nouvelle famille.
Anciennement demeure des Dupont de Ligonnès, le 55 boulevard Schuman est désormais habité par une nouvelle famille. © Radio France - Sarah Mansoura

Les rares qui acceptent encore de glisser un mot à ces visiteurs "indésirables" le font hors micro. Une voisine, à quelques numéros du 55, souffle "ne pas vouloir alimenter la curiosité" autour de la maison de ses voisins. Elle ne vit boulevard Schuman que depuis quatre ans, mais a amplement eu le temps de prendre conscience que son quartier resterait sous le feu des projecteurs tant que la traque de Xavier Dupont de Ligonnès ne prendrait pas fin. 

C'est très difficile de vivre avec cela.  - Une voisine

Il y a aussi ceux qui ont toujours vécu là, boulevard Schuman. Comme cette jeune femme de 20 ans, qui en avait donc 10 au moment des faits, qui a grandi avec, régulièrement, des caméras de télévisions, des micros brandis sous son nez, des enquêteurs qui viennent poser des questions. "Parfois en civil", ajoute sa mère, bien plus lasse qu'elle encore. "C'est très difficile de vivre avec cela, quand on dit à ses enfants de ne pas parler aux inconnus, et que certains viennent poser des questions sur une histoire horrible survenue juste à côté", se souvient cette quadragénaire, avec des sanglots dans la voix.

Vivre avec les soubresauts de l'enquête

Car vivre dans ce quartier, c'est vivre aussi avec les aléas de l'enquête et des révélations dans les médias. Les fausses pistes, plus ou moins crédibles, qui inévitablement attirent sur place leur lot de visiteurs, plus ou moins légitimes. Jérôme, qui habite depuis 45 ans plusieurs rues à côté, décrit "beaucoup de voitures, immatriculées 22, 35 ou d'ailleurs", s'arrêtant devant la maison. Et leurs occupants, curieux, venus jeter un œil. 

Tant qu'on ne l'aura pas retrouvé, cela peut durer dix, vingt, trente ans. 

Une habitante du quartier souffle que "le pire, ça a été quand [des services de police] ont cru l'avoir arrêté en Ecosse". Ce jour d'octobre 2019, les caméras, micros, calepins des journalistes ont envahi le quartier. Une effervescence qui laisse un très mauvais souvenir chez les voisins, de nouveau sur-sollicités. Un des habitants du boulevard regrette le "manque de tact" de certains. Jérôme, lui, préfère relativiser : "Vous faites votre métier, c'est normal, je comprends. Le problème c'est que tant qu'on ne l'aura pas retrouvé, cela peut durer dix, vingt, trente ans", lâche-t-il en riant. 

Preuve que les habitants de ce quartier savent que leur tranquillité dépend de l'avancée de cette enquête. Ils et elles espèrent, tout du moins, que le temps permettra de rendre les allées et venues des curieux moins fréquentes, et moins dérangeantes. 

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