Faits divers – Justice

Affaire Élodie Kulik : la remise en liberté du principal suspect acceptée

Par Elodie Touchais et Bénédicte Courret, France Bleu Picardie mardi 8 avril 2014 à 10:51

Elodie Kulik
Elodie Kulik © MaxPPP

Dans l'enquête sur le meurtre d'Élodie Kulik, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Amiens accepte ce mardi la demande de remise en liberté du principal suspect, Willy Bardon, mis en examen dans cette affaire. Les conditions de cette remise en liberté seront précisées le 18 avril.

Dans l'enquête sur le meurtre d'Élodie Kulik , la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Amiens "fait droit" ce mardi à la demande de remise en liberté de Willy Bardon , mis en examen pour séquestration, viol et meurtre dans cette affaire. Mais la justice demande une enquête du service d'insertion et de probation sur les conditions de la libération de ce suspect. Dans dix jours, vendredi 18 avril, on en saura plus sur les conditions précises de sa remise en liberté.

Willy Bardon a été mis en examen l'an dernier pour le viol et le meurtre d'Élodie Kulik, jeune banquière retrouvée morte en janvier 2002, à Tertry, dans l'est de la Somme. Il clame son innocence depuis, et il a fait des tentatives de suicide en détention.

Pour Maître Daquo, l'un des avocats de Willy Bardon, quand la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Amiens réclame une enquête sur les conditions de libération de son client c'est notamment pour déterminer précisément où Willy Bardon habitera s'il sort de prison, s'il restera ou non en Picardie. Et pour la défense, après quatorze mois de détention, Willy Bardon est bien susceptible d'être libéré. "C'est une excellente nouvelle, un énorme soulagement " pour Maître Daquo qui y voit "l'application pure et simple du droit ".

Un enregistrement téléphonique remis en cause

La semaine dernière, Maître Lafarge (également conseil de Willy Bardon), a plaidé pour sa libération devant la chambre d'instruction de la Cour d'appel d'Amiens. L'Axonais est le seul mis en examen dans le viol et le meurtre de la jeune banquière. Il est incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens sur la base d'un enregistrement téléphonique, dont l'une des expertises est largement remise en cause par la défense. Il s'agit de l'appel au secours d'Elodie Kulik aux pompiers et sur lequel deux voix d'hommes se distinguent. L'une de ces voix serait celle de Willy Bardon. Mais pour Maître Lafarge, la qualité et l'objectivité des expertises vocales sont discutables. L'un des passages de l'enregistrement dure deux secondes, le second moins d'une seconde.

La voix de Willy Bardon a été reconnue sur ces enregistrements par certains de ses proches. Six personnes placées en garde à vue en même temps que lui en janvier 2013. Et, rappelle l'avocat, pour quatre d'entre elles, leur ADN a été retrouvé sur des objets abandonnés près du corps d'Élodie Kulik.

"Il n'y a pas de trace biologique de Willy Bardon ni sur la scène de crime, ni à Tertry, ni sur la pauvre victime" (Maître Lafarge, avocat du principal suspect)

Pour l'avocat de Willy Bardon, il est donc impossible de se servir de cet enregistrement pour retenir son client en détention.

Maître Lafarge, avocat de Willy Bardon

Après quatorze mois de détention, Willy Bardon devrait donc être libéré le 18 avril. Cependant, si la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Amiens estime que les conditions de sa sortie ne sont pas satisfaisantes, elle peut décider de le maintenir en détention.