Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Fiona

VIDÉO - Le procès en appel de l'affaire Fiona s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises au Puy-en-Velay

Par Olivier Vidal et Géraldine Marcon, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu vendredi 6 octobre 2017 à 18:15 Mis à jour le lundi 9 octobre 2017 à 7:09

Fiona, cinq ans, a disparu en mai 2013 à Clermont-Ferrand, son corps n'a toujours pas été retrouvé.
Fiona, cinq ans, a disparu en mai 2013 à Clermont-Ferrand, son corps n'a toujours pas été retrouvé. © AFP - Thierry Zoccolan

Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, la mère et le beau-père de Fiona, commence ce lundi et pour deux semaines devant la cour d'assises de la Haute-Loire. Condamnés respectivement à 5 et 20 ans de réclusion en première instance, ils encourent jusqu'à 30 ans de prison.

C'est le second procès de l'affaire dite "Fiona". Onze mois après avoir été jugés en première instance par la cour d'assises du Puy-de-Dôme, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, mère et beau-père de la fillette, sont jugés à partir de ce lundi et pour deux semaines devant la cour d'appel de la Haute-Loire au Puy-en-Velay.

Ils encourent 30 ans de réclusion

Les deux accusés sont poursuivis pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" après le décès de la petite fille en mai 2013 à Clermont-Ferrand. En première instance, la cour d'assises de Riom avait considéré que Berkane Makhlouf était coupable des coups mortels portés à Fiona mais avait acquitté Cécile Bourgeon pour les violences. Cette dernière n'avait été reconnue coupable que des délits associés au crime : "non assistance à personne en danger, recel ou dissimulation de cadavre, modification de l'état des lieux d'un crime et dénonciation mensongère". La cour d'assises du Puy-de-Dôme a condamné Berkane Makhlouf à 20 ans de réclusion, Cécile Bourgeon à seulement cinq ans d'emprisonnement. Le parquet a fait appel de cette décision et pour ce procès qui commence ce lundi, les deux accusés, qui seront assis dans le même box, risquent jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.

L'affaire Fiona, un fait-divers hors-norme

Depuis la disparition de la petite fille jusqu'au procès mouvementé en première instance en passant par les aveux de la mère et les recherches infructueuses du corps de Fiona, retour sur un fait-divers qui continue de susciter l'émotion quatre ans plus tard.

Un couple infernal

Les deux accusés et leur personnalité seront une nouvelle fois au cœur des débats dans ce procès en appel. En première instance, le portrait de Berkane Makhlouf par les experts montrait un homme impulsif et violent. Quant à la mère de Fiona, Cécile Bourgeon, les expertises mais aussi l'audience, ont montré une femme qui pouvait être manipulatrice et menteuse, alors qu'on l'avait découverte fragile et naïve au moment de la disparition de la petite fille.

Une médiatisation exceptionnelle

Cette affaire est encore dans tous les esprits à Clermont-Ferrand, un souvenir à la hauteur de la mobilisation des premiers jours, celle de centaines de personnes qui se sont investies pour retrouver la fillette alors disparue. Des comités de soutien s'étaient créés, des bénévoles avaient donné de leur temps pour rechercher l'enfant, autant de personnes qui, quatre mois plus tard, se sont senties trahies par le couple Bourgeon-Makhlouf. La compassion s'est transformée en colère voire en haine, une haine qui s'est manifestée au quotidien dans la salle d'audience lors du premier procès devant la cour d'assises de Riom.

Depuis le premier procès, Cécile Bourgeon et ses avocats ont fait plusieurs demandes de mise en liberté, toutes rejetées. L'objectif était qu'elle puisse sortir de prison avant son procès en appel, elle est aujourd'hui libérable. Les avocats des parties civiles espèrent d’ailleurs que la mère de la petite Fiona ne cherchera pas à faire une nouvelle fois reporter ce procès ce lundi pour pouvoir comparaître libre.

Pour ce second procès, neuf parties civiles ont été enregistrées et notamment le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, les grands-parents de la petite fille mais aussi cinq représentants des associations de protection de l'enfance. Le procès s'ouvre ce lundi après-midi à 14h au Puy-en-Velay, il doit durer deux semaines. Les plaidoiries et les réquisitions sont attendues à partir du mercredi 18 octobre avant un verdict le vendredi 20 octobre.