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Bondy : information judiciaire ouverte après l'interpellation violente du jeune Gabriel

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Une information judiciaire a été ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", après l'interpellation du jeune Gabriel il y a près d'un an à Bondy en Seine-Saint-Denis. L'adolescent, qui avait 14 ans à l'époque, dénonce des violences policières.

Manifestation à Bondy en Seine-Saint-Denis le 1er juin 2020 pour dénoncer les violences policières
Manifestation à Bondy en Seine-Saint-Denis le 1er juin 2020 pour dénoncer les violences policières © Radio France - Hajera Mohammad

Une information judiciaire a été ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", près d'un an après l'interpellation par la police du jeune Gabriel, gravement blessé à l’œil à Bondy (Seine-Saint-Denis).

Gabriel, 14 ans, gravement blessé à l’œil

Un juge d'instruction va enquêter sur les conditions de cette interpellation alors que l’adolescent, âgé de 14 ans à l'époque, tentait de voler un scooter avec un ami dans la nuit du 25 au 26 mai 2020, pendant le confinement. L'information judiciaire a été ouverte le 19 avril "contre X du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à huit jours", précise le parquet de Bobigny. 

Deux plaintes avaient été déposées par la mère de l'adolescent : l'une auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 27 mai, l'autre le 2 juin auprès du parquet de Bobigny pour "violences aggravées". Souffrant notamment d'une fracture maxillaire étendue à l'os de l’œil gauche, son fils avait été opéré à l'hôpital Necker à Paris afin de ne pas perdre la vue. Le garçon a cru qu'il allait "mourir en garde à vue", rapporte son certificat médical.  

Deux versions différentes

Selon la version de la police, l'adolescent a fui à la vue des forces de l'ordre avant de faire une chute et de résister à son arrestation. Cette version est contestée par Gabriel qui, dans sa plainte, raconte avoir subi des violences de la part de quatre fonctionnaires. Alors qu'il était maîtrisé au sol, un policier s'était placé devant son visage pour lui asséner "trois ou quatre coups de pieds avec la pointe de sa chaussure", tout en le traitant de "connard", selon son récit que l'Agence France Presse a pu consulté. Au commissariat il avait été pris de vomissements et les pompiers n'avaient été sollicités que "plus d'une heure plus tard", dénonce également cette plainte. 

"Les éléments qui ont été recueillis sont suffisamment troublants et accablants à l'encontre des policiers pour justifier l'ouverture de cette information judiciaire", déclare Maître Stéphane Gas, l'avocat de la famille de Gabriel. 

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