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Dossier : Affaire Mohamed Gabsi à Béziers

Affaire Gabsi : les trois policiers municipaux biterrois ressortent libres du palais de justice

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Hérault, France Bleu

Les trois policiers municipaux biterrois impliqués dans la mort de Mohamed Gabsi sont ressortis libres ce vendredi du tribunal de Béziers. Celui qui s'était assis sur la victime à l'arrière de la voiture a interdiction d'exercer son métier jusqu’à nouvel ordre.

les trois policiers municipaux ont passé la journée au palais de justice
les trois policiers municipaux ont passé la journée au palais de justice © Radio France - Stefane Pocher

Leur présentation devant les juges d'instruction et des libertés a pris toute la journée. Les trois policiers municipaux Biterrois ont été déférés ce vendredi vers 10h00 au palais de justice et à l’issue de cette audience, ils ont été mis en examen. 

Ces agents municipaux avaient été placés en garde à vue la veille à 8h30 au SRPJ de Montpellier. Leur degré d’implication n’est pas le même pour tous. Le policier de 33 ans qui s’est assis sur la victime, menottée et allongée sur le ventre dans la voiture, le temps du transport a été mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer son métier de policier municipal jusqu’à nouvel ordre. Son avocat Luc Abratkiewicz va faire appel de cette décision.

"Cette mise en examen est un peu amère."

''Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait des indices graves et concordants permettant cette décision. Nous avons des éléments médicaux qui nous disent très clairement que le syndrome asphyxique est secondaire et que le syndrome de la mort, c’est la pathologie psychiatrique de la partie civile. Sapathologie toxique car il était sous l’emprise  de la cocaïne à  un taux létal, mais aussi une pathologie cardiaque car un an avant dans les mêmes circonstances il avait fait un infarctus. Il avait été réanimé de peu par les pompiers lors d’un épisode de délire''.

''On a évité le pire. Dans un dossier comme celui-là l’innocence, c’est un combat''

"Je pense que cette mise en examen repose sur une poussière de faute." 

''D’un point de vue médico-légal la messe est dite. Le décès n’est pas dû exclusivement aux gestes qu’aurait pu avoir mon client. Je ne vois pas comment il peut y avoir procès, ni même comment il peut y avoir condamnation dans ce dossier, alors que la Chambre criminelle, dans un arrêt de 2007, dit que pour condamner il faut un lien de causalité exclusif et certain entre les violences et la mort. Ce n’est pas le cas. Ce serait un véritable cas de revirement de jurisprudence''.

Les deux autres âgés de 29 et 39 ans défendus par Maîtres Florian Medico et Morad Laroussi sont placés sous le régime de témoin assisté pour violences volontaires et mis en examen du chef de non-assistance à personne en péril.

''Il s’agit d’une mise en examen d’opportunité qui se terminera nécessairement par un non-lieu'' précise Florian Medico, 'compte tenu de l’absence manifeste d’élément. Mon client a eu un comportement tout à fait adapté  ce jour-là. Il a porté assistance à Mohamed Gabsi quand il s’est rendu compte que ce dernier était dans une situation de détresse avancée. C’est la raison pour laquelle l’infraction pour laquelle il est mis en examen finira nécessairement par un non-lieu et une absence de procès''

‘’Mon client a respecté les gestes nécessaires dans le cadre d’une interpellation’’

‘’Mon client a respecté les gestes nécessaires dans le cadre d’une interpellation’’. Il s’est retrouvé comme ses collègues face à un individu sous l’emprise de toxique difficile à maîtriser. Il a fait ce qu’il pouvait avec ses moyens. La justice acte qu’il n’a aucun lien avec le décès de Mr Gabsi''

Mohamed GABSI, est décédé le 8 avril 2020 au cours d’une interpellation mouvementée alors qu’il n’avait pas respecté le confinement. Ce père de famille de trois enfants, schizophrène, avait consommé des stupéfiants, et de l’alcool. ''Il était très agité'', avait déclaré à l’époque le parquet de Béziers. 

Au cours de leur garde à vue devant les policiers du SRPJ de Montpellier, puis devant le juge d'instruction, les trois policiers municipaux ont maintenu l'essentiel dans leurs déclarations initiales effectuées le soir même des faits. Ils ont notamment maintenu qu'ils avaient décidé de contrôler Mohamed GABSI dans le cadre des règles du confinement mais que celui-ci avait tenté d'échapper à leur contrôle en adoptant un comportement agressif provoquant leur décision de l'interpeller. S'en suivait une forte résistance physique de ce dernier avec beaucoup de difficultés pour le menotter et l'introduire dans le véhicule, allongé sur le ventre sur la banquette arrière

La victime connue de la justice avait été condamnée la veille de son décès pour avoir volé de l'argent dans les mains d’une personne à la sortie d’un distributeur automatique de billets. Mohamed Gabsi avait alors été condamné à six mois d'emprisonnement ferme, mais sans mandat de dépôt.

Le maire de Béziers, Robert Ménard, qui a toujours refusé de s’exprimer sur ce drame, ne souhait pas réagir ce vendredi dans la soirée.

Par ailleurs l’expertise médicolégale adressée au magistrat instructeur le 9 novembre 2020 ayant pour objet d'analyser tous les éléments médicaux (autopsie, toxicologie et anatomopathologie) confirme en conclusion que « le décès de Monsieur GABSI Mohamed suivi depuis 2005 pour schizophrénie paranoïde, survient dans le cadre de la décompensation de cet état psychiatrique chronique par arrêt de son traitement anti psychotique et poly intoxication alcool, cannabis et majoritairement cocaïne, cette dernière étant à l'origine de troubles du rythme cardiaque, survenant sur un état cardiaque antérieur. (…) Si d'après la littérature le taux de cocaïne retrouvé aux analyses toxicologiques apparaît suffisamment élevé pour entraîner à lui seul le décès, on ne peut toutefois pas affirmer son caractère exclusif dans le déterminisme mortel compte-tenu des lésions cervicales gauches. Celles-ci ont été relevées à l'autopsie puis confirmée à l'anatomopathologie et sont susceptibles d'avoir eu un retentissement notamment sur le rythme cardiaque mais également, bien que dans une moindre mesure, au niveau respiratoire par le biais d'une composante d'asphyxie mécanique. Par ailleurs, on ne peut également pas exclure formellement, que la position dans laquelle Monsieur GABSI a été maintenu à l'arrière du véhicule, ait participé dans une certaine mesure au déterminisme mortel par le biais d'une asphyxie positionnelle. (…) Le décès est donc la conséquence de troubles du rythme cardiaque d'origine toxique par prise massive de cocaïne chez un sujet présentant un état antérieur cardiaque, aggravés par l'écrasement du nerf vague lors de la compression cervicale gauche. Une part d'asphyxie mixte, bien que secondaire, est également à retenir, venant elle aussi aggraver le dysfonctionnement cardiaque. (…) »

L'information judiciaire se poursuit sous l'autorité du magistrat instructeur afin de continuer à rechercher la vérité, les trois policiers demeurant présumés innocents tout au long de l'instruction, comme toute personne mise en examen. 

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