Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire du petit Grégory

Affaire Grégory : l'audition de Murielle Bolle a débuté ce soir à Dijon

Par Christophe Tourné et Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mercredi 28 juin 2017 à 10:09 Mis à jour le jeudi 29 juin 2017 à 15:00

En 1985, la rétractation éclair de Murielle Bolle avait conduit à la libération, du principal suspect, Bernard Laroche. Il avait été tué peu après par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.
En 1985, la rétractation éclair de Murielle Bolle avait conduit à la libération, du principal suspect, Bernard Laroche. Il avait été tué peu après par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory. © Maxppp -

Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche, a été interpellée puis placée en garde à vue mercredi dans les Vosges pour non-dénonciation de crime et complicité d'assassinat. Son audition devant la juge Claire Barbier à Dijon a débuté jeudi dans la soirée, retardée par un malaise.

Murielle Bolle, 48 ans, transférée jeudi à Dijon au terme de sa garde à vue, a fait un malaise peu après son arrivée, qui a retardeé son audition par la juge chargée de l'affaire Grégory. Cette audition a finalement débuté vers 20h ce jeudi soir.

Vers 13H30, la suspecte a quitté la cour d'appel dans une ambulance des pompiers, direction le CHU Dijon Bourgogne. Depuis, c'est l'attente. Après avoir évoqué un report à 19h, le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc a émis la possibilité que l'audition n'ait finalement pas lieu ce jeudi soir.

La veille, mercredi, Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche, avait été interpellée à son domicile de Granges-sur-Vologne, dans les Vosges. Les gendarmes sont arrivés à son domicile à 11 heures à bord de sept véhicules. Elle a ensuite été emmenée afin d'être entendue par les gendarmes de Saint-Etienne-lès-Remiremont et placée en garde à vue. À la fin de son audition, son transfert pour Dijon avait été décidé et elle va donc être présentée à la juge qui instruit le dossier.

La présidente de la chambre de l'instruction de la cour d'appel, Claire Barbier, a trois options : la mettre en examen, la placer sous le statut de témoin assisté ou remettre en liberté celle qui, adolescente, avait livré fin 1984 un témoignage accablant son beau-frère Bernard Laroche, inculpé sans attendre.

Témoignage accablant

Le déferrement de Murielle Bolle intervient moins de deux semaines après la mise en examen de Marcel et Jacqueline Jacob, pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Proches de Bernard Laroche, ce grand-oncle et cette grand-tante de l'enfant ont, depuis, été remis en liberté le 21 juin, sous contrôle judiciaire, domiciliés à des adresses tenues "secrètes" et ont "interdiction absolue de communiquer avec les médias".

Il n'y a pas d'"éléments susceptibles de relancer l'affaire" - Me Teissonnière

Selon son avocat, Me Jean-Paul Teissonnière, cette femme de 48 ans "sera présentée à un magistrat instructeur dans l'après-midi" qui "décidera de la suite". Au micro de France Bleu, Me Teissonnière s'est montré très critique sur la manière dont les investigations sont menées. "Le niveau de l'enquête est très bas" selon l'avocat qui estime qu'il n'y a pas là d'"éléments susceptibles de relancer l'affaire".

D'après son défenseur, Murielle Bolle s'exprime par phrases courtes, peut avoir "des problèmes de mémoire" mais elle n'a pas varié sur le fond de l'affaire : "Elle est formelle sur des points essentiels du dossier".

Murielle Bolle (à gauche) et Marie-Ange Laroche arrivent, le 30 juin 1986 au palais de Justice de Dijon, où elles doivent être entendues par le juge Waultier, à propos de leur plainte contre les gendarmes de Bruyères et d'Epinal - AFP
Murielle Bolle (à gauche) et Marie-Ange Laroche arrivent, le 30 juin 1986 au palais de Justice de Dijon, où elles doivent être entendues par le juge Waultier, à propos de leur plainte contre les gendarmes de Bruyères et d'Epinal © AFP - ERIC FEFERBERG

Un témoin clef dans ce dossier

Le 16 octobre 1984, le petit Grégory Villemin, âgé de 4 ans, avait été enlevé et retrouvé mort, pieds et poings liés, dans la Vologne (Vosges). C'est le témoignage de Murielle Bolle qui avait permis au juge d'inculper Bernard Laroche pour assassinat. En 1984, devant les enquêteurs, Murielle raconte que le jour du crime, Bernard Laroche l'attend devant le collège pour la ramener chez elle. Dans la voiture, elle n'est pas toute seule : son beau-frère est passé chercher Grégory. C'est donc lui qui aurait kidnappé le petit garçon. Murielle Bolle affirme même que Bernard Laroche est descendu avec Grégory près de la Vologne et qu'il serait revenu seul. Mais une fois son audition terminée, Murielle Bolle rentre chez elle. Et après une nuit passée en famille, elle se rétracte. Elle explique devant les journalistes que Bernard Laroche est innocent.

Alors aujourd'hui, Murielle Bolle n'a plus à protéger Bernard Laroche. Le père de Grégory l'a abattu d'un coup de fusil en 1985.

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