Faits divers – Justice

Affaire Karachi : les juges renvoient Balladur et Léotard devant la Cour de Justice de la République

Par Thibaut Lehut, France Bleu vendredi 7 février 2014 à 15:40 Mis à jour le vendredi 7 février 2014 à 15:55

Edouard Balladur et François Léotard
Edouard Balladur et François Léotard © Maxppp

Les juges qui enquêtent sur le volet financier de l'affaire Karachi ont réclamé la saisine de la Cour de Justice de la République, ce vendredi, pour Edouard Balladur et François Léotard. Ils préconisent en outre que Nicolas Sarkozy soit auditionné comme témoin assisté.

C'est une étape de plus franchie dans le long processus judiciaire qui pourrait mener Edouard Balladur et François Léotard devant la Cour de Justice de la République (CJR). Les juges qui planchent sur le volet financier de cette affaire politico-financière ont en effet demandé la saisine de la CJR ce vendredi. C'est en tout cas ce qu'a annoncé Me Olivier Morice, l'un des avocats des parties civiles.

Les juges enquêtaient sur des contrats d'armement passés dans les années 90, qui auraient donné lieu au financement illégal de la campagne d'Édouard Balladur, à l'époque Premier ministre et candidat à la présidentielle de 1995. François Léotard était lui ministre de la Défense. Un enrichissement personnel est aussi suspecté.

Nicolas Sarkozy témoin assisté ?

Or, pour des faits ayant été commis par d'anciens membres du gouvernement durant l'exercice de leurs fonctions, seule la Cour de justice de la République est compétente. D'où la demande des juges ce vendredi, qui ont décidé de se déssaisir de l'affaire pour la confier à la CJR. Les deux magistrats ont également renoncé à entendre eux-mêmes Nicolas Sarkozy (qui lui était ministre du Budget), comme le réclament les plaignants. Là aussi ils sollicitent la CJR.Ils demandent à ce que l'ex-chef de l'Etat soit interrogé par cette dernière en tant que témoin assisté, un statut intermédiaire qui peut éventuellement augurer une mise en examen.

La CJR est encore loin

Mais le parcours judiciaire du dossier est loin d'être terminé. La balle est désormais dans le camp du parquet de Paris, qui doit transmettre le dossier au procureur général près la Cour de cassation. Ce sera à lui de décider s'il faut transmettre la saisine à la commission des requêtes de la CJR. S'il donne son feu vert, cette dernière aura le dernier mot, et déclenchera ou pas l'ouverture d'une enquête au sein de la CJR, avec un éventuel procès à la clé.

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Karachi : l'affaire des commissions

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