Faits divers – Justice

Affaire Laetitia : le meurtrier Tony Meilhon jugé en appel à Rennes

Par Marina Cabiten, France Bleu Armorique, France Bleu Loire Océan et France Bleu mardi 13 octobre 2015 à 4:00

Marche blanche pour Laetitia Perrais, en 2012
Marche blanche pour Laetitia Perrais, en 2012 © Maxppp

Tony Meilhon est jugé devant la cour d'assises de Rennes à partir de ce mardi. Un procès en appel pour le meurtre en 2011 de Laetitia Perrais, jeune fille de 18 ans dont le corps avait été retrouvé démembré. En première instance, le meurtrier avait été condamné à la prison à perpétuité.

Tuée par une nuit de janvier 2011 près de Pornic (Loire-Atlantique), Laetitia Perrais avait 18 ans. Son meurtrier, Tony Meilhon, comparaît à partir de ce mardi en appel à la cour d'assises de Rennes. 

Une affaire qui a marqué la France 

Le corps démembré de la jeune fille avait été retrouvé dans plusieurs étangs. Ce fait-divers avait beaucoup marqué l'année 2011, et pas seulement en raison du caractère cruel du meurtre. Tony Meilhon est un récidiviste, et le président de la République de l'époque s'était mêlé de l'affaire Laetitia. Nicolas Sarkozy avait directement mis en cause les magistrats pour, selon lui, des défaillances dans le suivi de Tony Meilhon à la sortie de son précédent séjour en prison. Des propos qui avaient déclenché une grève inédite de la majorité des tribunaux français. 

Second procès, presque cinq ans après 

C'est encore une grève qui a repoussé ce second procès, initialement prévu en novembre 2014. Les avocats se mobilisaient alors contre le projet de réforme de leur profession. En première instance, le 5 juin 2013, Tony Meilhon a été reconnu coupable et condamné par la cour d'assises de Loire-Atlantique à la prison à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, accompagnée d'une possible rétention de sûreté s'il est encore jugé dangereux à l'issue de sa peine. C'est cette rétention de sûreté qui a déclenché le procès en appel, car Tony Meilhon avait lui-même réclamé la perpétuité en première instance. 

Peu d'espoir de vérité 

Le 18 janvier 2011, sortant de son travail dans un hôtel-restaurant de la Bernerie-en-Retz (Loire-Atlantique) où elle est apprentie, Lætitia Perrais rejoint Tony Meilhon, alors âgé de 31 ans et sorti de prison un an plus tôt, qu'elle a rencontré la veille. Tony Meilhon est interpellé deux jours plus tard. La victime a été étranglée et poignardée plusieurs dizaines de fois, mais l'autopsie n'a pas permis de déterminer s'il y avait eu agression sexuelle.

Après avoir refusé de coopérer pour aider les enquêteurs à retrouver le corps, puis tenté de jouer la carte de la folie pour échapper à la justice, Tony Meilhon a livré lors de son premier procès une version des faits qui n'a pas convaincu. Il a notamment assuré avoir poignardé sa victime alors qu'il la croyait déjà morte après un accident de scooter. Selon son avocat Fathi Benbrahim, Tony Meilhon assume désormais "totalement l'homicide en ce qui concerne Lætitia, parce qu'il a bien compris qu'elle n'était pas morte lors de l'accident" de son scooter. Néanmoins, il contestera toujours avoir agressé Lætitia Perrais sexuellement, mais aussi avoir lui-même découpé son corps, évoquant une nouvelle fois l'intervention d'un "Monsieur X". Une posture qui ne répondra pas aux aspirations de vérité des parties civiles, à commencer par celles de Jessica Perrais, la soeur de Laetitia. Douze jours d'audience sont programmés pour ce procès, jusqu'au 28 octobre.