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Faits divers - Justice

Affaire Laly : l'enseignante de la petite fille défenestrée à Périgueux devant le tribunal

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Par , France Bleu Périgord, France Bleu

Le 8 janvier 2015, une petite fille faisait une chute mortelle après avoir été défenestrée par l'un de ses camarades à l'école privée du Sacré-Coeur, à Périgueux. L'enseignante, qui s'était absentée à ce moment-là, est jugée ce mardi devant le tribunal d'Angoulême pour homicide involontaire.

L'école privée du Sacré-Coeur, à Périgueux, où Laly a été défenestrée par l'un de ses camarades, le 8 janvier 2015.
L'école privée du Sacré-Coeur, à Périgueux, où Laly a été défenestrée par l'un de ses camarades, le 8 janvier 2015. © Maxppp - Arnaud Loth

Périgueux, France

Ce procès du mardi 10 décembre aurait pu être celui de tout un système. Mais c'est bien une enseignante, seule, qui comparaîtra à la barre du tribunal d'Angoulême dans l'affaire Laly, du nom d'une petite fille trisomique défenestrée par l'un de ses camarades, lui aussi atteint de graves problèmes psychologiques, à l'école du Sacré-Coeur de Périgueux, le 8 janvier 2015. L'institutrice avait alors la charge des enfants, mais elle s'était absentée un court instant pour chercher des feuilles de travail dans une pièce voisine, avant de se rendre compte du drame.

Mais cette affaire va beaucoup plus loin qu'un simple fait divers. Car il se trouve que l'enfant qui a fait basculer la petite Laly par la fenêtre avait déjà eu le même genre de comportement par le passé. Plus d'un an auparavant, il avait ainsi poussé une petite fille de deux ans par-dessus la rambarde d'un balcon, chez son assistante maternelle. L'aide sociale connaissait ces antécédents mais n'en avait jamais parlé à l'institutrice jugée mardi 10 décembre. Un temps mise en examen, l'assistante socio-éducative chargée du suivi du jeune garçon avait revendiqué le secret professionnel pour se défendre. La cour d'appel de Bordeaux lui a donné raison.

Un père en colère

Le père de Laly, Franck Baril, estime lui que la responsabilité du drame est partagée. "Evidemment que cette enseignante doit répondre de ses actes. J'ai mis ma gamine entre ses mains, c'est elle qui en avait la responsabilité, c'est elle qui devait la protéger", soutient le père de Laly. "Maintenant, je suis conscient que les gens qui ont placé ce garçon ne lui ont pas donné les informations. C'est aberrant ! Que les parents d'élèves ne sachent pas les antécédents de ce garçon, d'accord, mais que _l'information ne circule pas entre des travailleurs sociaux et des enseignants_, c'est honteux."

Le père de Laly, Franck Baril

C'est bien beau de regretter mais aujourd'hui, à Noël, toutes ces personnes passeront les fêtes avec leurs enfants. Alors que chez moi, il y aura une chaise vide. Pour le reste de ma vie.

Pour Franck Baril, ce procès permettra au moins de répondre aux questions sur ce qu'il s'est exactement passé ce matin du 8 janvier 2015. Mais sans l'aide sociale à l'enfance à la barre, le père sait déjà que beaucoup de ses interrogations resteront sans réponse. "Si ce procès avait eu lieu, cela nous aurait à la fois permis d'en savoir plus sur comment on est arrivés à ce drame, mais cela aurait peut-être aussi fait prendre conscience à ces institutions de leurs problèmes de moyens et de fonctionnement", indique Franck Baril. "Mais bon, c'est bien beau de regretter mais aujourd'hui, à Noël, toutes ces personnes passeront les fêtes avec leurs enfants. _Alors que chez moi, il y aura une chaise vide_. Pour le reste de ma vie."

Le secret professionnel contesté par l'avocat de l'enseignante

De son côté, l'avocat de l'enseignante, Me Lionel Béthune de Moro, estime également que sa cliente n'est pas la seule responsable dans cette affaire. "Le dossier ne repose pas uniquement sur la responsabilité de ma cliente et sur sa défaillance de surveillance, même si elle l'assume totalement", explique l'avocat. "Le tribunal devra dire si la faute de ma cliente est une faute caractérisée. Or, selon moi, elle l'aurait été si quelqu'un avait alerté ma cliente sur le danger que représentait cet enfant. _Ce que personne n'a fait_."

L'avocat de l'enseignante Lionel Béthune de Moro

Me Lionel Béthune de Moro veut surtout attirer l'attention sur cet argument du secret professionnel affiché par l'aide sociale à l'enfance. Un argument qui ne tient pas, selon lui. "Il aurait peut-être fallu faire le choix le moins pire en violant ce secret professionnel pour protéger un enfant, pour permettre de l'encadrer. Cela aurait pu être considéré comme un viol du secret professionnel par bienveillance", affirme Lionel Béthune de Moro. "Dans certaines circonstances, notamment des violences envers les enfants, le secret professionnel doit déjà obligatoirement être rompu. Je ne savais pas que pour l'ASE, _ce secret professionnel était plus important que la sécurité des enfants_."

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