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Faits divers - Justice

Affaire Laly : six mois de prison avec sursis requis contre l'enseignante de la petite fille défenestrée

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Par , France Bleu Périgord, France Bleu

Le 8 janvier 2015, Laly, une petite fille trisomique, était défenestrée par l'un de ses camarades dans une classe pour l'inclusion scolaire de l'école du Sacré-Coeur, à Périgueux. Ce mardi 10 décembre 2019, son institutrice était jugée pour homicide involontaire devant le tribunal d'Angoulême.

Le tribunal d'Angoulême, où était jugée l'enseignante de la petite Laly.
Le tribunal d'Angoulême, où était jugée l'enseignante de la petite Laly. © Radio France - Bastien Munch

Angoulême, France

Pendant toute la durée de l'audience, le regard du père de Laly ne s'est jamais détourné de l'enseignante à la barre. C'est elle qui, le 8 janvier 2015, avait laissé seuls quelques minutes des élèves d'une classe pour l'inclusion scolaire (CLIS) à l'école du Sacré-Coeur de Périgueux, pour ranger des dessins dans une classe voisine. Le temps pour l'un d'entre eux de défenestrer Laly, petite fille trisomique, qui était morte des suites de ses blessures. La procureure de la République a requis ce mardi 10 décembre à son encontre six mois d'emprisonnement avec sursis.

Son père attendait ce procès avec impatience pour enfin trouver des réponses à de nombreuses questions. Concernant les circonstances exactes de l'accident par exemple, Franck Baril reste persuadé que l'enseignante aurait entendu des bruits suspects si elle avait été dans une salle voisine. 

Le père de Laly, Franck Baril

"Il faut qu'on m'explique comment un enfant de huit ans a le temps, en deux minutes, d'ouvrir la fenêtre, de soulever ma fille, et de la pousser dans le vide, sans qu'il n'y ait de cris, de bruit ou de courant d'air. Ça ne me suffit pas", a-t-il déclaré à la barre après les explications de l'enseignante. "Je n'ai rien entendu, je suis désolée", se justifie-t-elle, en pleurs. Franck Baril lui répond d'emblée : "Moi je n'entendrai plus jamais ma fille rire ou me dire qu'elle m'aime."

Des absents dans toutes les têtes

Mais au-delà du rappel des faits, ce procès de l'affaire Laly a également mis en évidence l'absence d'acteurs majeurs dans ce drame : l'aide sociale à l'enfance (ASE). Car le jeune garçon qui a défenestré Laly avait déjà eu des comportements similaires par le passé. En 2013, il avait même poussé une petite fille de deux ans par-dessus la rambarde d'un balcon chez son assistante maternelle. 

L'aide sociale à l'enfance avait eu connaissance de cet incident mais ne l'avait jamais signalé à l'institutrice, revendiquant le secret professionnel. "J'assume ma part de responsabilité, par contre, dans ce procès, il y a eu des absents que j'aurais bien aimé entendre sur les raisons de leur silence", a déclaré l'enseignante après son procès.

L'enseignante de Laly

C'est d'ailleurs ce sur quoi insiste la procureure de la République pendant ses réquisitions. Elle estime que, même si l'institutrice endosse seule la responsabilité pénale, certains autres acteurs de l'affaire, comme l'aide sociale à l'enfance, endossent eux des responsabilités administratives, voire morales. Même raisonnement du côté de l'avocat de la défense, qui rejette l'argument du secret professionnel. "C'est comme si, dans les ASE, on formait les gens en leur disant 'surtout, taisez-vous'. Cette petite fille, elle aurait peut-être mérité une violation du secret professionnel", affirme Me Bethune de Moro.

Le jugement de l'enseignante a été mis en délibéré au 2 janvier 2020.

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