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Affaire Lassalle, l'assassin de Bérangère écope de 20 ans de prison

Par Mila Ta Ninga, France Bleu Gironde samedi 29 mars 2014 à 9:17

Les proches de Bérangère Lassalle attendent le verdict de la cours d'Assises de la Gironde
Les proches de Bérangère Lassalle attendent le verdict de la cours d'Assises de la Gironde © Radio France - Mila Ta ninga

20 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté des deux tiers de la peine. La cour d’Assises de la Gironde a rendu son verdict hier contre David Thibert pour l’assassinat de Bérangère Lassalle. La béarnaise de 32 ans a été tué de quatre coup de fusils en pleine rue à Bordeaux, il y a deux ans. Un verdict est en deçà des réquisitions le l’avocate générale qui réclamait entre 25 et 30 ans.

« C’est une honte ». Voilà les premiers mots qui sortent des bancs de la partie civile après l’énoncé du verdict ce vendredi à la cour d’Assises de la Gironde. La mère de la victime, Marie-Laure Lassalle, va même jusqu’au boxe de celui qui est dorénavant reconnu coupable de l’assassinat de sa fille Bérangère. Elle pointe sur lui un doigt accusateur et lui dit ces simples mots :

« Dans 14 ans vous pourrez sortir, ma fille, elle, restera là où elle est. C’est de votre faute. J’espère que vous ne recommencerez pas ». Marie-Laure Lassalle

Des mots difficiles à prononcer pour Marie-Laure Lassalle. Elle qui s’est contenue pendant les 3 jours de procès. Une trentaine de personne venues la soutenir et se souvenir de Bérangère, applaudit. « Restes-y !» lancent certains, avant d’être gentiment raccompagné à la porte de la salle d’audience. « Comment peut-on envisager qu’il puisse sortir un jour ? Comment un homme qui a enlevé une vie peut s’en tirer comme ça ? ». Le verdict : 20 ans de réclusion criminelle dont les deux tiers de la peine soumises à de la sûreté. L’avocate générale avait demandé entre 25 ans et 30 ans.

« J’espérais qu’il allait prendre au moins 20 ans de sûreté » Marie-Laure Lassalle

Une dernière journée sous tension

Durant leurs plaidoiries, les avocats de la partie civile et l’avocate générale n’ont eu de cesse que de convaincre les jurys qu’il avait en face d’eux un homme « froid ». Ils rappellent entre autre: « Quand les témoins de la scène l’ont menacé d’appeler la police, il a répondu « Rien à foutre » ». Au fil des plaidoiries, on entend des pleurs et des gros souffles dans l’audience… Les avocats se questionnent aussi : « S’il était venu pour se suicider devant Bérangère Lassalle, pourquoi ne l’a-t-il pas fait,  à ce moment, pourquoi pas après ? » avant de rappeler les détails de ce qu’ils appellent une « exécution ». Quatre tirs de fusils : un dans un mur, un dans le flanc de la victime et deux autres dans la tête, à bout portant. « De qui se moque-t-on ? »

"Ca fait partie de la nature humaine que de faire des choses monstrueuses" Me.Lanes, avocat de David Thibert

« Ce n’est pas un monstre »

Dans son boxe, David Thibert, semble impassible. De temps en temps il secoue la tête par réprobation, tout en soutenant le regard des avocats. Sans un regard à la famille de sa victime. Son avocat commence sa plaidoirie par  « saluer le courage et la dignité de Marie-Laure Lassalle. » Mais il tient surtout à remettre certaines accusations au clair. « Mon client a toujours reconnu les faits. Dès le premier jour, alors qu’il se fait arrêté pour excès de vitesse et qu’il n’avait pas encore été interrogé. Tout le monde lui avait dit qu’il ne fallait pas continuer, mais est ce qu’on peut lui enlever la douleur de la rupture, le mal-être […] dans toute son immaturité ? » Et il met aussi en cause l’attitude de Bérangère Lassalle au vue d’un homme perturbé. « Mon client porte le poids de son geste. J’ai appris à connaître David Thibert. Il porte le poids de son geste et de sa responsabilité, pour la famille Lassalle, mais aussi pour ses deux enfants, à qui il devra expliquer ce qu’il a fait  ». Avant de remettre en cause l’avocate générale « Vous êtes passée à côté de l’affaire, vous êtes passée à côté du dossier, et à votre décharge, vous êtes passée à côté de David Thibert ».

Après les plaidoiries et avant le délibéré, David Thibert a pu s’exprimer une dernière fois : « Je suis un peu choqué de ce qui s’est dit ce matin. Ce sont des interprétations. Je laisse la justice faire son travail ». C’est chose faite.

"Par sa faute, il faut que je fasse une croix sur ma fille. " Marie-Laure Lassale, la mère de la victime

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