Affaire Maëlys : ouverture d'une enquête pour violation du secret de l'instruction
Le procureur de la République de Grenoble accuse les gendarmes d'être à l'origine de "fuites" dans la presse sur l'affaire Maëlys, cette fillette de neuf ans, disparue en Isère. Il a ouvert une enquête pour "violation du secret de l'instruction" ce mardi. Le patron des gendarmes se dit "scandalisé".

Le général Richard Lizurey ne décolère pas. Ce mardi, le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, a ouvert une enquête pour "violation du secret de l'instruction" suite aux multiples fuites parues dans la presse à propos de la disparition de Maëlys. Cette fillette de neuf ans, originaire du Doubs, a disparu lors d'un mariage en Isère, le 27 août dernier.
Des fuites à tous les niveaux
Depuis, un suspect principal a été écroué et mis en examen pour "enlèvement et séquestration". Après presque deux mois d’enquête, les infos "exclusives" diffusées dans la presse par différents médias ont eu raison de la patience du procureur. Jean-Yves Coquillat affirme que les "les fuites sont au niveau local et parisien, au niveau de la direction de la gendarmerie, de la Section de recherches et de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale)". L'avocat du principal suspect a d'ailleurs porté plainte, vendredi pour les multiples "violations du secret professionnel", violation dont les parents de Maëlys se sont également plaints, via leur avocat.
"Si les auteurs sont identifiés, il y aura des sanctions" — Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble
Le procureur a donc ordonné l'ouverture d'une enquête, confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à la Direction interrégionale de police judiciaire de Lyon (DIPJ). Selon lui, cette procédure est "assez rare" et "c'est la première fois qu'une enquête n'est pas confiée à l'inspection du service en question". "Si les auteurs sont identifiés, il y aura des sanctions", a-t-il averti.
"Mes enquêteurs, jusqu'à preuve du contraire, n'ont pas fait de faute" — Général Richard Lizurey
Pour le général Lizurey, le patron de la gendarmerie, une telle accusation est "scandaleuse". Ce mardi, il a réagit en déclarant : "Je juge scandaleuses ces accusations péremptoires de la part d'un magistrat, on est déjà condamné avant même qu'il y ait enquête. Mes enquêteurs, jusqu'à preuve du contraire, n'ont pas fait de faute", insiste-t-il. Depuis deux mois que la fillette a disparu, un homme, Nordahl L. est suspecté d'avoir enlevé la fillette de presque 9 ans. Cet ancien militaire de 34 ans nie toute implication en dépit d'éléments troublants.
Toujours aucune trace de Maëlys
Depuis la disparition de l'enfant, dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 août lors d'un mariage auquel elle assistait avec ses parents à Pont-de-Beauvoisin (Isère), la région a été passée au peigne fin. Les enquêteurs de la gendarmerie ont notamment sondé de nombreux points d'eau, en vain.

