Affaire Maëlys : retour sur près de six mois de recherches et d'enquête
Après les aveux de Nordahl Lelandais ce mercredi pour le meurtre de Maëlys, retour sur les principales étapes de l'enquête sur la disparition de la petite fille de 8 ans, en août 2017 en Isère.

Nordahl Lelandais a avoué. Jusqu'alors principal suspect dans l'affaire sur la disparition et le meurtre de Maëlys, cet ancien militaire de 34 ans a indiqué ce mercredi aux enquêteurs où il avait déposé le corps de la fillette.
Nordahl Lelandais dit l'avoir tuée "involontairement" en marge de cette soirée de mariage organisée à Pont-de-Beauvoisin dans la nuit du 26 au 27 août 2017. C'est l'aboutissement d'un travail de près six mois d'investigations sur lesquels Francebleu.fr vous propose de revenir.
Dans la nuit du 26 au 27 août 2017 : la disparition
C’est lors d’une soirée de mariage, organisée dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère) que la disparition de Maëlys De Araujo est constatée. Avant d’alerter les gendarmes, la famille de la petite fille de 8 ans mène des recherches autour de la salle des fêtes. Mais depuis 3 heures du matin, il n’y a plus aucun signe de Maëlys. Un appel à témoin est lancé.

28 août : une enquête ouverte pour enlèvement
Dès le lendemain, les enquêteurs privilégient la thèse criminelle : ils estiment notamment que Maëlys a pu monter dans une voiture et s'orientent ainsi sur la piste d'un enlèvement. Lors des premières investigations, trois chiens pisteurs s’arrêtent au même endroit du parking de la salle des fêtes. Des gendarmes arrivent en renforts dans le secteur de Pont-de-Beauvoisin pour poursuivre des recherches.

31 août : la première garde à vue
Explications incohérentes
Le 31 août, un ancien militaire de 34 ans et connaissance du marié, Nordahl Lelandais, est placé en garde à vue. Invité sur le tard au mariage, cet habitant de Domessin (Savoie), s'est absenté durant la fête. Devant les enquêteurs, il fait des déclarations incohérentes lors de son interrogatoire comme témoin. Cet intérimaire célibataire admet avoir eu des contacts avec l'enfant, mais rejette tout soupçon. Son domicile est perquisitionné.
Il a nettoyé sa voiture durant des heures, le lendemain du mariage, "parce qu'il devait la vendre", ce que confirme l'acquéreur pressenti, selon son avocat. Le 1er septembre, un deuxième homme de 34 ans, ami du premier, est placé en garde à vue, mais lui et Nordahl Lelandais sont relâchés dans la soirée.

Des battues citoyennes organisées
Une première battue citoyenne est organisée une semaine après la disparition de la fillette. Plus d’un millier de personnes prend part à ce rassemblement organisé via Facebook. Les participants venaient d’Isère, Franche-Comté ou Alsace. D'autres battues sont organisées tous les jours qui suivent en Isère et en Savoie.

3 septembre : la mise en examen
Le 3 septembre, alors que des plongeurs de la gendarmerie sondent encore des plans d'eau, nombreux dans la région, Nordahl Lelandais est de nouveau arrêté. Une trace d'ADN de la fillette a été trouvée dans sa voiture. Il est mis en examen pour enlèvement et incarcéré.

Mais lui conteste les faits qui lui sont reprochés. Il explique que Maëlys est montée dans sa voiture sur le parking, avec un petit garçon, pour voir si un chien s'y trouvait, et que tous ont ensuite regagné la salle du mariage. Pour justifier son absence dans la soirée, Nordahl Lelandais explique qu’il est allé changer son short, taché par du vin.
Les gendarmes poursuivent les recherches et notamment dans le secteur du lac d'Aiguebelette en Savoie. Des plongeurs et trois sonars sont déployés sur place pour fouiller le plan d'eau. D'autres recherches sont organisées le 8 septembre dans le secteur escarpé des gorges de Chailles près de Saint-Franc (Savoie).

Novembre : l'enregistrement troublant de la caméra de vidéosurveillance
Le 30 novembre, la chambre de l'instruction annule les premiers interrogatoires de Nordahl Lelandais en garde à vue car ils n'avaient pas été filmés, une obligation en matière criminelle. Quelques jours plus tôt, il est révélé qu'une caméra a enregistré l'image d’une forme blanche, probablement Maëlys, dans la voiture du suspect et l'image de la voiture sans cette forme sur le chemin du retour, à l'heure de la disparition. Mais Nordahl Lelandais continue de nier.
Le 30 novembre en fin de journée, le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat détaille dans une conférence de presse les éléments qui pèsent sur le principal suspect et notamment sur l'étude des déplacements du téléphone portable de Lelandais. Il est mis en examen pour meurtre. Son avocat, Alain Jakubowicz, conteste la version du parquet et affirme que la silhouette dans la voiture n'était pas Maëlys, laquelle n'aurait disparu que plus tard.

Décembre : les autres affaires
Le 18 décembre, Nordahl Lelandais est interrogé sur la disparition d'un jeune militaire, Arthur Noyer, en avril 2017 à Chambéry. Les expertises téléphoniques révèlent que les deux hommes ont voyagé ensemble au moment de la disparition. Il est mis en examen pour assassinat. Son éventuelle implication dans d'autres disparitions non élucidées est depuis étudiée.

A quelques jours de la fin de l'année, les parents de Maëlys organisent le 27 décembre une marche blanche, quatre mois après la disparition de leur fille. Six cents personnes ont défilé sur les lieux de la disparition au Pont-de-Beauvoisin (Isère) avec des banderoles réclamant "la vérité".

Début 2018 : les demandes de remise en liberté jusqu’aux aveux
Le 17 janvier, Alain Jakubowitz, avocat de Nordahl Lelandais, dépose au palais de Justice de Grenoble une demande de remise en liberté pour son client.
Le 24 janvier 2018, la demande de remise en liberté de Nordahl Lelandais est refusée, ce que confirme la cour d'appel le 9 février. Le 14 février, le suspect est conduit à sa demande sur les lieux de la disparition de Maëlys. Au terme d'une journée de fouilles durant laquelle il "coopère" avec les magistrats et les enquêteurs, le corps de la fillette est retrouvé dans le secteur de Saint-Franc.

- A lire également - L'essentiel sur l'affaire Maëlys et les autres affaires pour lesquelles Nordahl Lelandais est suspecté dans notre dossier spécial
