Faits divers – Justice

Affaire Marc Petit : quelles conséquences judiciaires et politiques potentielles pour le maire de Firminy ?

Par David Valverde, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu Saint-Étienne Loire dimanche 16 octobre 2016 à 21:10

Le maire de Firminy Marc Petit
Le maire de Firminy Marc Petit © Maxppp - Maxppp

C'est l'affaire qui secoue la ville de Firminy depuis vendredi : l'enquête préliminaire qui vise le maire de la ville, Marc Petit, 49 ans, pour des faits présumés d'agression sexuelle. C'est sur sa stature politique que l'affaire pourrait avoir des effets le plus rapidement.

Marc Petit a essayé de faire face depuis vendredi, depuis qu'a été révélée l'existence d'une enquête préliminaire pour des faits d'agression sexuelle visant le maire de Firminy. Il a maintenu ses engagements publics depuis vendredi soir, avec notamment le lancement de la Vogue des Noix samedi matin.

Les faits supposés

Une plainte a été déposée, il y a déjà trois mois, par une femme de 40 ans employée au magazine du Conseil départemental du Puy-de-Dôme. Les faits se seraient déroulés en Turquie mi-juillet alors que le maire (PC) de Firminy y défendait la candidature des sites de Le Corbusier pour être classés au patrimoine de l'UNESCO. On dit Marc Petit émotionnellement très affecté par cette affaire. Il a reçu le soutien de son conseil municipal. La victime présumée a, elle aussi, été soutenue, par le Conseil départemental, qualifiée par le responsable de la communication de femme d’une "grande probité morale, mère de famille, pas du tout du genre aguicheur et très sérieuse".

→ Lire aussi - Firminy : le site Le Corbusier inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco

La fin de l'ambition législative ?

La présomption d'innocence est fondatrice en matière de justice. En politique, elle est quasimment vidée de sa substance quand il s'agit d'évaluer l'image d'un élu. Tant que l'enquête, voire l'instruction et un procès, n'ont pas rendu leurs conclusions, Marc Petit se trouve en équilibre instable : obligé de faire comme si de rien n'était et contraint dans le même temps d'adapter son activité politique. Depuis vendredi, le maire de Firminy n'accepte aucun contact avec les journalistes. Une posture incompatible avec son statut de responsable politique. Marc Petit n'est pas assuré du silence de la victime présumée qui peut, à tout moment, s'exprimer et mettre de nouveau la lumière sur cette affaire.

La justice prend généralement son temps sur ces dossiers et la perspective du printemps 2017 s'assombrit pour le maire de Firminy. On lui prêtait l'intention de se présenter à la législative face à son rival de presque toujours, le candidat Les Républicains, Dino Cinieri. Mais une campagne dans ces conditions serait intenable. En revanche, en ce qui concerne ses mandats de maire de Firminy, de conseiller départemental et de vice-président de Saint-Étienne Métropole en charge des transports et notamment de la 3e ligne de tramway, des postes exposés, Marc Petit n'a pas à démissionner tant que la justice ne le lui impose pas ou tant qu'il n'en ressent pas la nécessité.

Pour l'instant, accusé de rien par la justice

Depuis vendredi, Marc Petit est jeté en pâture mais il n'est, pour l'instant, accusé de rien par la justice et encore moins condamné. A tel point qu'il n'a toujours pas été entendu par la justice. Le maire de Firminy est visé par une plainte dont a découlé une enquête préliminaire. Une enquête menée par la police judiciaire sous la responsabilité du procureur de la République de Saint-Étienne durant laquelle un placement en garde à vue peut-être demandé. Il ne s'agit donc pas d'une information judiciaire qui est légalement l'étape suivante, confiée à un juge d'instruction et au terme de laquelle Marc Petit peut-être mis en examen et jugé. L'agression sexuelle autre que le viol est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

En ce qui concerne l'inéligibilité, en juillet dernier les députés ont rejeté un amendement qui visait à la rendre automatique pour les élus condamnés pour violences. C'est donc toujours à la justice de trancher sur cet aspect. Enfin, Marc Petit a lui même déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Si l'affaire tournait en sa faveur, c'est l'employée du Conseil départemental du Puy-de-Dôme qui risquerait, elle aussi, cinq ans de prison et 45.000 euros d'amende.

→ Lire aussi - Plainte pour agression sexuelle : le maire de Firminy Marc Petit nie les faits

Partager sur :