Faits divers – Justice

Affaire Marina : un rapport pour rendre plus efficace la protection de l'enfance

Par Typhaine Morin, France Bleu Maine lundi 30 juin 2014 à 10:56

Le procès des parents de Marina a soulevé des défaillances des services de protection de l'enfance
Le procès des parents de Marina a soulevé des défaillances des services de protection de l'enfance © Radio France

Le procès des parents de la petite Marina, morte en 2009, avait mis au jour les défaillances des institutions en charge de la protection de l'enfance. La fillette de 8 ans a vécu un calvaire malgré plusieurs signalements et une enquête judiciaire. L'an dernier, la Défenseure des Enfants a décidé de lancer une mission d'étude pour en tirer des enseignements. Ce rapport est publié ce lundi.

La petite Marina, 8 ans, torturée par ses parents, est morte nue, privée de nourriture, en 2009, dans la cave du domicile familial. Plusieurs personnes avaient pourtant pressenti le calvaire de la fillette. Ses instituteurs et un médecin scolaire avaient notamment alerté la protection de l'enfance. Le parquet avait ouvert une enquête, l'aide sociale à l'enfance suivait la famille de Marina et la petite fille avait même été hospitalisée quelques mois avant sa mort.

En juin 2012, ses tortionnaires ont été condamné à 30 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté de 20 ans. Mais le procès devant la cour d'assises de la Sarthe a aussi mis au jour des défaillances des services de la protection de l'enfance. Alors l'année dernière, la Défenseure des Enfants, Marie Derain, qui dépend du Défenseur des Droits, a décidé de lancer une mission d'étude sur ce drame pour en tirer des enseignements. Le rapport, qui est publié ce lundi midi sur le site internet du Défenseur des Droits, fait des préconisations concrêtes pour améliorer la lutte contre la maltraitance infantile. 

"Succession de petits dysfonctionnements" - La Défenseure des Enfants

Le rapport pointe une mauvaise articulation entre les différents services de l'Etat, chacun travaillant dans son coin, chacun selon des protocoles très formels. La Défenseure des Enfants, Marie Derain, évoque une "succession de petits dysfonctionnements ". La première préconisation vise à éviter que le classement sans suite d'une plainte, après suspicion de maltraitance, "ne puisse être interprété par les travailleurs sociaux comme une absence de danger ". Dans son rapport, la Défenseure des Enfants propose de clarifier le fait qu'une absence d'infraction pénale ne garantit pas un "contexte familial protecteur pour l'enfant ". 

Marie Derain, Défenseure des Enfants : "Il faut travailler ensemble"

"Dans le cas de suspicion de maltraitance ", le rapport suggère aussi de "permettre de conduire, pendant une période limitée, des investigations conjointes associant enquête de police ou de gendarmerie et évaluation socio-éducative ". Ceci afin d'établir, "en un temps limité, une vision d'ensemble de la situation de l'enfant ". Le rapport préconise encore des formations obligatoires pour les personnels au contact d'enfants.