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Faits divers – Justice

Affaire Martine Escadeillas : le suspect revient sur ses déclarations

vendredi 1 février 2019 à 16:41 Par Bénédicte Dupont et Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu Isère

Revirement dans l'affaire du "cold case" Martine Escadeillas en Haute-Garonne, le suspect mis en examen est revenu sur ses déclarations ce 1er février. Cette femme a disparu en 1986, cet homme avait été interpellé le 22 janvier dernier en Isère. L'affaire est loin d'être close.

Les proches de Martine Escadeillas, à droite sa soeur Léa, photographiés en 2004.
Les proches de Martine Escadeillas, à droite sa soeur Léa, photographiés en 2004. © Maxppp - Rémy Gabalda

Ramonville-Saint-Agne, France

C'est une affaire vieille de 32 ans. En décembre 1986, à Ramonville-Saint-Agen au sud de Toulouse, une jeune femme de 24 ans disparaît, on ne la reverra plus jamais. Des traces de sang sont découvertes dans sa cage d'escalier. Deux enquêtes menées de 1986 à 1989 et de 1996 à 2008 sont closes, sans rien. Et le dossier rouvre en 2016 quand une amie de la victime envoie un courrier au parquet pour faire part de ses soupçons autour d'un proche de Martine. Deux ans d’enquête plus tard, un suspect est arrêté.

LIREToulouse : 32 ans après le meurtre de Martine Escadeillas, un suspect mis en examen

Le 22 janvier dernier, les autorités interpellent en Isère un homme âgé de 55 ans. Il est mis en examen pour "homicide volontaire" le 24 janvier dernier. Lors de sa garde à vue, le suspect avait reconnu son implication dans la mort de Martine Escadeillas, sans faire pour autant des aveux circonstanciés. Selon le procureur de la République, il avait reconnu avoir eu une "dispute violente" avec la victime le jour de sa mort. Il avait ajouté que celle-ci avait tenté de fuir et qu'il l'avait retrouvée morte en bas d'un escalier. Mais ce vendredi, alors qu'il avait rendez-vous devant le juge d'instruction, le suspect est entièrement revenu sur ses déclarations. Il aurait même mis en cause les enquêteurs et l'intégrité morale du juge d'après l'avocat de la famille Escadeillas.

Selon le mis en cause, ses déclarations auraient été soufflées par les enquêteurs et le juge

Cet homme avait refusé de prendre un avocat lors de sa garde-à-vue. Le juge d'instruction s'est déplacé à deux reprises pour vérifier les conditions de son audition à la gendarmerie. Ce 1er février, le mis en examen aurait directement incriminé les enquêteurs et le juge d'instruction lui-même. Me Frédéric David le déplore : "il remet tout sur le dos d'une manipulation, favorisée par le fait qu'il était terrorisé, sauf qu'il a _dit des choses qui ne sont pas dans le dossier donc personne ne lui a rien soufflé"_. Et d'ajouter : "toutes ses déclarations ont été filmées, on voit très bien les questions posées. Compte tenu de l'ancienneté du dossier, les enquêteurs ont été assistés par deux profilers, des comportementalistes de la Gendarmerie Nationale qui pourront attester qu'il n'y a pas eu de forcing".

La réaction de Me Frédéric David

De son côté, Me Eric Mouton qui est devenu l'avocat du suspect insiste sur le fait que "les déclarations qu'il a faites en garde à vue n'étaient pas des aveux circonstanciés". Pour lui, il faut arrêter de se focaliser sur ce qui a été dit en garde à vue "pour s'intéresser au dossier dans sa globalité. Une procédure criminelle, ça doit être fait d'éléments de preuve, de constations techniques, de témoignages et de vérifications." Me Mouton rappelle que "notre histoire judiciaire a démontré par le passé que des gens pouvait s'accuser de crimes qu'ils n'avaient pas commis".

La réaction de Me Eric Mouton

Pour la famille de Martine Escadeillas en tous cas, le bout du tunnel est encore loin. L'instruction est encore loin d'être terminée. 

LIRE AUSSIAffaire Escadeillas : comment la gendarmerie a retracé 32 ans d'enquête