Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Affaire Massonnaud : les versions des policiers se recoupent

mercredi 13 février 2019 à 16:10 Par Baudouin Calenge et Fabien Randrianarisoa, France Bleu Poitou

3e jour du procès Massonnaud devant les assises de Gironde. Un policier poitevin est poursuivi pour avoir abattu un homme lors d'une intervention en août 2007. Dans cette affaire, seules quatre personnes ont été des témoins oculaires du drame, les trois policiers qui accompagnaient l'accusé.

C'est dans cette salle d'assises que le policier poitevin est jugé depuis lundi pour coups mortels dans l'affaire Massonaud
C'est dans cette salle d'assises que le policier poitevin est jugé depuis lundi pour coups mortels dans l'affaire Massonaud © Radio France - Fabien Randrionarisoa

Poitiers, France

Tous racontent la même version des faits : la police est appelée pour des violences conjugales dans le centre de Poitiers, vers 2h du matin. A leur arrivée, Olivier Massonnaud est alcoolisé et balance ses meubles par la fenêtre de son appartement au premier étage. Il brandit un couteau de chasse, en criant « un bon flic est un flic mort ! ». Ses enfants de 10 et 11 ans sont toujours à l'intérieur de l'appartement. Le premier équipage présent sur les lieux appelle des renforts, dont la brigade anticriminalité. Au total, une douzaine de policiers participent à l'opération.

"Il fonce avec moi avec deux couteaux"

Alors que le forcené se rend dans l'appartement de sa voisine du dessus, les enfants sont évacués par les policiers, qui montent au deuxième étage. A cet instant, la voisine maintenue en otage s'enfuit et demandent aux policiers présents de la protéger. Ces derniers l'évacue, et rentrent dans l'appartement. 

L'un des policiers de la BAC raconte : « Je suis rentré dans l'appartement, et là j'entends du bruit à ma droite. Il fonce sur moi avec deux couteaux, un dans chaque main. Je pousse mes collègues, je referme la porte, et je l'ai maintenue fermée pendant qu'il mettait des coups de couteau dedans, et qu'il essayait de l'ouvrir. »

Il était recroquevillé derrière une voiture

Coincé, Olivier Massonnaud prend la fuite par les toits, et se cache finalement dans une cour quelques rues plus loin. Le suspect est repéré par un brigadier de nuit, vite rejoint par deux collègues, et l'officier de quart jugé aujourd'hui pour coup mortel. Ils progressent, deux hommes sont armes au poing, les autres armés de tonfas. Olivier Massonnaud est repéré recroquevillé entre une voiture et un mur par un brigadier de nuit surnommé « Enzo ».

Enzo, qui mesure 1m80 pour 116 kilos, 30 ans de carrière derrière lui, indique qu'il ne se laisse pas impressionner. Il est le seul à raconter la scène d'une version légèrement différente de ses collègues. 

« Pour moi, c'est sombre sans plus. Quand j'arrive je vois bien ses bras, mais je vois pas de couteau. Je ne pense pas qu'il en ait un quand je le vois recroquevillé. J'ai jamais pensé qu'il allait me rentrer dedans.» 

Persuadés qu'il était armé

D'après lui, le temps de prévenir ses collègues, le fugitif bondit dans sa direction les poings en avant. Le brigadier recule et lui assène un coup de lampe sur l'avant-bras qui le fait vriller, et c'est à ce moment que le brigadier chef ouvre le feu.

Sur les quatre hommes, les trois autres indiquent se souvenir d'une cour très sombre, et d'avoir été persuadés jusqu'au bout, que le suspect était armé.