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Affaire Médiator : les victimes du sud assistent au délibéré depuis la cour d'appel de Montpellier

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault

C'est une première pour la justice française. Les victimes, parties civiles dans l'affaire Médiator, vont pouvoir assister, en direct ce lundi, à l'énoncé du délibéré du tribunal correctionnel de Paris dans deux salles de la cour d'appel de Montpellier prévues à cet effet.

Marie-José et Aurélia, venue pour leur maman, Maria, décédée le 27 janvier 2021 à 80 ans
Marie-José et Aurélia, venue pour leur maman, Maria, décédée le 27 janvier 2021 à 80 ans © Radio France - Claie Moutarde

Aurélia et Marie-José tiennent une photo de leur maman , Maria, décédée il y a 2 mois à 80 ans, "on est là pour mettre des visages de ces assassins. Ils ont bousillé la vie de notre maman. Le médiator a tout détraqué dans son corps". Les deux sœurs viennent de Port Saint Louis pour assister au délibéré. 

C'est une première pour la justice à Montpellier. Une partie des victimes, parties civiles, dans l'affaire du Médiator assistent à l'énoncé en direct du délibéré du tribunal correctionnel de Paris depuis Montpellier. Deux salles de la cour d'appel de Montpellier sont équipées pour accueillir les victimes du sud. Elles pourront entendre et voir le rendu du jugement. 

C'est aussi l'occasion pour eux de se rencontrer, toutes victimes, elles ne se sont jamais vues. Brigitte, 65 ans, a pris le médiator trois fois par jour pendant 15 ans et elle se dit aujourd'hui qu'elle ne s'en sort pas trop mal par rapport à d'autres, mais c'était "important de venir de Lavérune pour les voir".

C'est une première judiciaire pour un procès déjà hors-norme. Plus de 6.500 personnes se sont constituées parties civiles dont au moins 4.600 victimes "directes", selon les avocats. Sur le marché pendant 33 ans, entre 1976 et 2009, le médiator est soupçonné d'avoir provoqué plus de 500 décès et des milliers d'hospitalisations suite à des valvulopathies du cœur. Il a été consommé par environ cinq millions de malades.

Le victimes vont pouvoir suivre le délibéré en direct depuis Montpellier

Un délibéré qui sera long puisque trois heures sont prévues ce lundi matin, entre 10 heures et 13 heures. Maitre Catherine Szwarc, avocate montpelliéraine qui défend 120 personnes dans cette affaire salue ce dispositif  "les juges viennent jusqu'à nous, ce qui va permettre aux victimes du sud, qui n'ont pas pu jusqu'à présent participer réellement, physiquement, personnellement à cette procédure, d'être malgré tout présentes lorsque le délibéré sera annoncé. Montpellier est en pole position c'est bien et c'est une porte ouverte vers une justice plus proche du justiciable."

Avoir la décision sans attendre d'en être informé par la presse ou leur avocat, c'est très précieux - Me Catherine Szwarc

Ce lundi, les parties civiles vont donc pouvoir avoir accès à la décision du tribunal en direct, "sans attendre d'en être informées par la presse ou leurs avocats. C'est très précieux", souligne l'avocate Szwarc. Des victimes pour qui il sera important de voir les réactions en direct des protagonistes de ce scandale sanitaire, "celles des responsables des laboratoires Servier, du directeur de l'Agence des médicaments, du numéro 2 des laboratoires Servier, de l'ancienne sénatrice Marie-Thérèse Hermange, de tous les experts qui ont été prévenus pour pantouflage ou trafic d'influence ou conflit d'intérêt", souligne l'avocate Szwarc pour qui ce dispositif est un minimum. 

Maitre Catherine Szwarc défend 120 victimes du Médiator

Elle aurait souhaité que les victimes puissent assister aux débats durant tout le procès en direct depuis chez elles, "ça n'a pas été possible, je le regrette". L'avocate craint néanmoins que toutes les victimes ne puissent pas entrer dans les deux salles de la cour d'appel de Montpellier. Les restrictions sanitaires sont de mises et seront très strictes d'autant plus que la plupart des victimes qui viennent assister au délibéré sont des personnes souvent âgées, parfois diabétiques ou avec des problèmes de cœur. 

Les distances physiques devront être scrupuleusement respectées, "il ne faudrait pas que la cour d'appel de Montpellier se transforme en cluster, c'est évident. Je crains qu'il n'y ait que cinquante places, tout le monde ne pourra malheureusement pas rentrer.

Tout le monde ne pourra malheureusement pas entré - Me Catherine Szwarc

L'attente est telle du côté des parties civiles que beaucoup vont faire le déplacement. Certains viennent de Toulon, d'autres de Perpignan, "J'ai fait la demande pour tout le monde mais je sais qu'il va falloir faire des choix, que certains resteront dehors. Cela me fait de la peine mais on sera là, on sera ensemble." Ce sera pour toutes ces personnes "l'aboutissement d'un long combat, après 35 ans de mensonges, 10 ans de procédure et 7 mois de débats. J'espère qu'elles seront soulagées."

Maitre Catherine Szwarc, avocate des parties civiles, craint que tout le monde ne puisse pas rentrer dans les salles de la cour d'appel de Montpellier

L'aboutissement d'un long combat judiciaire

À voir donc si les juges suivent les réquisitions du parquet qui a requis, fin juin 2020, une amende de 10,2 millions d'euros contre les laboratoires Servier pour "tromperie aggravée" sur la qualité du Médiator et une amende de 200.000 euros à l'encontre de l'Agence du médicament, devenue l'Agence nationale de sécurité du médicament. 

L'accusation a par ailleurs demandé cinq ans de prison, dont deux avec sursis, contre Jean-Philippe Seta, l'ex-numéro 2 des laboratoires Servier, en tandem avec Jacques Servier, mort en 2014. L'avocate Catherine Szwarc espérait l'interdiction pour les laboratoires Servier d'exercer sur le territoire français, mais la procureure de la République de Paris a rejeté cette demande estimant que la décision de justice ne devait pas nuire aux salariés et aux créanciers. Une déception pour l'avocate, "si les grosses entreprises, sous prétexte qu'elles ont un rôle économique important, peuvent se permettre n'importe quoi en terme de santé, ça fait trembler."

Les laboratoires Servier pourraient faire appel

Le délibéré de ce lundi ne marquera pas forcément la fin de l'affaire du Médiator puisque les laboratoires Servier pourraient faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris si elle ne leur convenait pas, "ils ont montré leurs capacités dans le combat judiciaire. Ils continueront", conclut maitre Catherine Szwarc.

Maitre Catherine Szwarc se prépare à un appel possible des laboratoires Servier

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