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Affaire Mélissa Perrot : un procès symbole des violences conjugales s'ouvre à Chambéry

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Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

Harcelée jusqu'à la mort par son conjoint. Le procès de l'affaire Mélissa Perrot qui s'ouvre vendredi au tribunal de Chambéry (Savoie) a une portée très symbolique, à quelques jours de l'examen au Sénat d'une proposition de loi qui pourrait punir le suicide forcé.

Tribunal de Chambéry
Tribunal de Chambéry © Radio France - Xavier Grumeau

A quelques jours de l’examen au Sénat du projet de loi visant à mieux protéger les victimes de violences conjugales, mardi 9 juin, le débat sur le suicide forcé est au cœur d’un procès qui s’ouvre vendredi en correctionnelle au tribunal de Chambéry (Savoie). Un homme de 30 ans est jugé pour harcèlement moral sur conjoint. En 2016, sa compagne Mélissa Perrot âgée de 23 ans s’est suicidée en sautant du deuxième étage d’un immeuble. 

L’instruction a révélé que l’emprise psychologique exercée par son compagnon et les dénigrements répétés dont elle faisait l’objet l’ont poussé à commettre son geste.

Un procès historique 

Pour l'association "Femme et libre", partie civile dans cette affaire, il s'agit d'un procès historique. "C'est la première fois que le lien de causalité entre le suicide d'une victime et le harcèlement moral qu'elle a subi est démontré aussi clairement par l'instruction" estime Yael Mellul, sa présidente, "on sait que le suicide forcé existe, mais jusqu'à présent ce phénomène n'était absolument pas reconnu. En l'état actuel de la loi, on ne pouvait pas aller plus loin, mais il est explicitement écrit dans l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction que le harcèlement est la cause du suicide de Mélissa". 

ECOUTEZ Yael Mellul, présidente de l'association "Femme et libre".

Le prévenu Johan W. comparait vendredi pour "harcèlement moral sur conjoint avec incapacité supérieure à 8 jours", un délit passible d'une peine maximale de 5 ans de prison. Si la loi instaurant le suicide forcé comme circonstance aggravante est adoptée, cette peine pourrait à l'avenir être portée à 10 ans. 

Une relation de cinq mois 

Dans son ordonnance de renvoi datée du 9 octobre 2018, le juge d'instruction écrit que le prévenu, âgé aujourd'hui de 30 ans, a harcelé Mélissa "par des propos d'abord dénigrants et culpabilisants puis violents et insultants, ayant eu pour conséquence une dégradation progressive de ses conditions de vie, qui l'ont finalement poussée à mettre fin à ses jours". 

Employée dans une crèche dans la station de ski savoyarde de La Tannia, Mélissa Perrot a entretenu avec Johan W. une relation de 5 mois. Suffisant pour que sa famille et ses amis voient son comportement changer. "L'entreprise de dénigrement" décrite par le juge a atteint son paroxysme la nuit précédant le drame le 12 février 2016, par l'envoi de SMS d'insultes et de menaces, accompagnés de photos de mutilation trouvées sur internet faisant croire à Mélissa qu'il avait tenté de se suicider à cause d'elle. 

Johan W. comparait libre. Dans ce dossier, il a obtenu un non lieu pour "non assistance à personne en danger". L'audience au tribunal correctionnel de Chambéry s'ouvre à 8h30. 

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