Faits divers – Justice

Affaire Merah : cinq ans après, l'hommage aux victimes à l'école Ohr Torah et au square Charles de Gaulle

Par Rémi Vallez, France Bleu Toulouse et France Bleu dimanche 19 mars 2017 à 18:41 Mis à jour le dimanche 19 mars 2017 à 19:21

Dans la cour de l'école juive Ohr Torah, un millier de personnes se sont rassemblés pour rendre hommage aux victimes des attentats commis par Mohamed Merah, il y a cinq ans.
Dans la cour de l'école juive Ohr Torah, un millier de personnes se sont rassemblés pour rendre hommage aux victimes des attentats commis par Mohamed Merah, il y a cinq ans. © Radio France - Rémi Vallez

Cinq ans après les attentats de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, deux commémorations ont rendu hommage à la mémoire des sept victimes du "tueur au scooter", dimanche 19 mars. L'une d'elle se tenait à l'école juive Ohr Torah, qui organisait pour la première fois une cérémonie multicultuelle.

Il y a cinq ans, jour pour jour, le 19 mars 2012, la folie meurtrière de Mohammed Merah allait frapper, une dernière fois. Au cœur même de l'école qui s'appelait encore Ozar Hatorah, le tueur au scooter abattait de sang froid trois enfants, et un enseignant, juifs. C'est pour leur rendre hommage qu'une cérémonie du souvenir multicutuelle a été organisée, pour la première fois, dans l'enceinte du groupe scolaire, situé dans le quartier de la Roseraie, dans la matinée de dimanche. Dans la cour de l'école, bondée, c'est plus d'un millier de personnes qui est venu se recueillir.

Un "arbre de vie" dévoilé dans la cour de l'école

Pour leur rendre hommage, une imposante sculpture en inox représentant un arbre a été dévoilée, "symbole de vie et d'humanité" selon Charles Stratos, créateur de l'oeuvre. La sculpture, intitulée "Toulouse, le 19 mars 2012", comporte quatre fleurs, toutes de couleurs différentes, hommage aux quatre victimes de l'école juive. Sur le tronc de l'arbre, leurs noms sont gravés : Jonathan, Gabriel et Arieh Sandler, ainsi que Myriam Monsonego, la fille du directeur de l'établissement, Yacov Monsenego.

L'arbre de vie, l'oeuvre-hommage de Charles Stratos dévoilée dans la cour de l'école Ohr Torah. - Radio France
L'arbre de vie, l'oeuvre-hommage de Charles Stratos dévoilée dans la cour de l'école Ohr Torah. © Radio France - Rémi Vallez

Cinq ans que notre vie s'est arrêtée, que notre calendrier ne porte qu'une seule date - Yacov Monsonego, directeur d'Ohr Torah et papa de Myriam, une des victimes de Merah

Ce dernier a par ailleurs pris la parole, pour la toute première fois lors d'une cérémonie officielle, afin d'exprimer sa douleur, intacte, malgré les années qui passent, mais aussi pour fédérer la communauté juive.

Yacov Monsonego, directeur d'Ohr Torah et papa de Myriam, une des victimes de Merah

L'hommage, aussi, square Charles de Gaulle

Après cette première cérémonie, un autre temps de recueillement dédié à l'ensemble des sept victimes s'est déroulé square Charles de Gaulle, juste derrière le Capitole. Une minute de silence a été observée après que cinq gerbe ont été déposées, à la mi-journée, par plusieurs élus. Présent pour cette journée de commémorations, Bruno Le Roux, le ministre de l'intérieur a tenu un discours de fermeté. "Comme bien souvent dans l’histoire, les premières cibles furent des juifs et des soldats. Des Français juifs assassinés parce qu’ils étaient juifs. Des militaires français, tombant sous les balles parce qu’ils portaient l’uniforme. La République n'oublie pas". Pas plus que n'oublient Toulouse, mais aussi Montauban, cinq ans après.

Plusieurs élus et officiels ont déposé des gerbes, parmi lesquels Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, et Jean-luc Moudenc, maire de Toulouse. - Radio France
Plusieurs élus et officiels ont déposé des gerbes, parmi lesquels Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, et Jean-luc Moudenc, maire de Toulouse. © Radio France - Rémi Vallez