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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Merah

Affaire Merah : le procès en appel s'est ouvert à Paris

lundi 25 mars 2019 à 11:34 - Mis à jour le lundi 25 mars 2019 à 18:20 Par Oanna Favennec et Pierre Viaud, France Bleu Occitanie et France Bleu

Le procès en appel d'Abdelkader Merah et Fettah Malki pour leur implication dans les tueries de Montauban et Toulouse en 2012 s'est ouvert ce lundi à la cour d'assises spéciale de Paris à 10h20.

Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohamed Merah, à son arrivée au Palais de Justice de Paris.
Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohamed Merah, à son arrivée au Palais de Justice de Paris. © AFP - Thomas SAMSON

Paris, France

Le procès en appel du grand frère et de l’ami d’enfance de Mohamed Merah s’est ouvert ce lundi matin à 10h20, sous haute surveillance, avec un palais de Justice de Paris confit de gendarmes mobiles devant une salle aux trois-quarts pleine. Il s'agit d'un procès hors norme : 117 tonnes de procédure, 226 parties civiles. Parmi elles, Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime du tueur au scooter, qui a confié être "très stressée" et ne pas avoir envie de revivre les tensions extrêmes de la première audience.

Entré le premier dans le box de la salle Voltaire, Abdelkader Merah s’est présenté de la même manière qu’au premier procès : chemise blanche, barbe longue taillée en pointe, cheveux longs retenus en queue de cheval. À la présidente qui l'interroge sur son état civil, il parle vite, le regard haut. "Profession ?" "Peintre en bâtiment". "Domicile ?" La présidente le reprend : "Non, pas la prison de Poitiers-Bivonne, l'autre, celui d'avant", quitté il y a sept ans.

L'ancien pizzaïolo de la cité des Izards

A côté de lui, son co-accusé, Fettah Malki, cheveux bouclés en bataille et chemise bleue mal repassée, en impose nettement moins. Il parle les yeux baissés, l'ancien pizzaïolo de la cité des Izards à Toulouse est également moins à l'aise avec le micro. Avant de comparaître, les deux hommes avaient passé la nuit dans la souricière, au sous-sol du tribunal.

L'après-midi, le voilà qui prend la parole, et raconte son parcours. Né en Algérie, il est élevé par son grand-père. A 11 ans, il rejoint sa mère, femme de ménage à Toulouse. Il raconte un parcours raté : il a commencé trop tard pour une carrière de footballeur professionnel, il ne s'est pas réveillé pour son bac, même la légion étrangère n'a pas voulu de lui, deux fois. 

Alors il se tourne vers la drogue (vente et consommation), "J'en ai fait des conneries, mais ça rapportait énormément, parce que les scooters c'est pas ma came", de quoi s'acheter des vêtements de marque. Il recèle des mitrailleurs, des bijoux en or... Sa seule relation suivie ? La voisine de sa mère, 10 ans de plus que lui, quatre enfants quand il l'a rencontrée. Sa dernière fille est née de père inconnu, il ne l'a pas reconnue.

Le matin, l'audience s'était conclue par l'appel des 38 témoins et la fixation de l’agenda ; la mère des Merah, Zoulika Aziri, devrait être entendue le 28 mars. Et une longue lecture des faits durant laquelle les familles des victimes sont restées stoïques, serrant les dents. Pendant ce temps-là, Fettah Malki se rongeait les ongles. 

La complicité de crimes terroristes au coeur du procès

L’enjeu de ce deuxième procès ? Une condamnation pour complicité de crimes terroristes. En octobre 2017, les deux hommes ont été condamnés à 20 et 14 ans de réclusion pour "association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste", mais acquitté des faits de complicité. Abdelkader avait fourni à son petit frère un scooter et un blouson, Fettah Malki, son ami d’enfance, lui avait trouvé une arme et des munitions. 

Les deux hommes sont jugés jusqu'au 18 avril en appel devant une cour d’assises spéciale composée uniquement de huit magistrats professionnels, dont une présidente, pour leur implication dans les tueries du "tueur au scooter" à Montauban et Toulouse en 2012 qui avaient causé la mort de sept personnes, dont trois enfants.

Les tueries de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban - Visactu
Les tueries de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban © Visactu -