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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Naomi Musenga à Strasbourg

Affaire Naomi : harcelé, le SAMU de Bayonne porte plainte

jeudi 10 mai 2018 à 19:46 Par Thibault Vincent, France Bleu Béarn, France Bleu Pays Basque et France Bleu

Le SAMU de Bayonne a porté plainte ce jeudi 10 mai après avoir été insulté et menacé par un homme l'accusant d'être responsable de la mort de Naomi Musenga, à Strasbourg. Un suspect a été placé en garde à vue au commissariat de Bayonne. L'affaire met en lumière le malaise au SAMU.

Opérateur dans un centre de régulation d'un SAMU
Opérateur dans un centre de régulation d'un SAMU © Maxppp - Jérémie Fulleringer / L'Yonne Républicaine

Bayonne, France

Mercredi 9 mai, vers 22h, en pleine affluence d'appels au secours, le régulateur du SAMU de Bayonne reçoit le coup de téléphone d'un homme "très agressif" qui se met "à insulter (le SAMU) en nous disant "vous êtes responsables de la mort de Naomi (Musenga), c'est vous qui êtes responsables" raconte le Docteur Tarak Mokni, chef du service au centre hospitalier de la côte basque. L'individu va renouveler son appel 18 fois, incitant le SAMU a prévenir la police.

"Ça se passe un peu partout en France"

Rapidement identifié, un suspect est interpellé peu après. Manifestement ivre, il est placé en cellule de dégrisement au commissariat de Bayonne avant d'être mis en garde à vue. Il a finalement été remis en liberté jeudi soir avec une convocation au tribunal.

Tarak Mokni a porté plainte au nom du SAMU de Bayonne, et le médecin régulateur concerné en son nom propre. "Il fallait arrêter cela parce que ce n'était pas quelque chose de singulier, ça se passait un peu à droite à gauche en France" explique le Docteur Mokni.

Cette affaire intervient dans un climat qui se dégrade au sein des SAMU. 

"Les équipes sont perturbées, elles doutent. Elles travaillent énormément et ont peu de reconnaissance. Elles cherchaient et trouvaient cette reconnaissance dans le travail, mais cette reconnaissance de la population aujourd'hui se transforme en agressivité."- Docteur Tarak Mokni, chef du SAMU à Bayonne

En portant plainte, le Docteur Mokni a voulu mettre le holà au malaise, qui s'est aggravé depuis les révélations sur la mort de Naomi Musenga en décembre 2017 à Strasbourg quelques heures apès que la jeune femme ait appelé, en vain, le SAMU local qui a refusé de la prendre en charge. "Les équipes sont doublement touchées, témoigne le patron du SAMU de Bayonne. D'abord par ce que vit la famille de Naomi, ensuite par ce qu'elles vivent elles-mêmes. _Elles ont perdu de la crédibilité_".

"Porter plainte c'était dire stop"

Mais pour le médecin basque, si il y a certainement des choses à changer dans le système, il ne faut pas surtout pas jeter l'opprobre sur l'ensemble des SAMU. "La démarche de porter plainte était un stop à ce type de comportement. Revenons à quelque chose d'apaisé. Nous devons nous améliorer. Mais il faut analyser les défaillances et non pas d'emblée les condamner comme ce qui est en train de se passer."

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