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Faits divers – Justice

Affaire Patricia Bouchon : "J’ai une requête", Christian Bouchon provoque un incident dès la reprise du procès

vendredi 15 mars 2019 à 10:32 Par Stéphanie Mora, France Bleu Occitanie

Deuxième jour de procès du meurtrier de la joggeuse de Bouloc devant les assises de Haute-Garonne. La parole est à la famille ce vendredi matin et d’emblée le mari de Patricia Bouchon s’est accroché avec l’avocat général.

Christian Bouchon avec l'un de ses avocats, Stéphane Juillard
Christian Bouchon avec l'un de ses avocats, Stéphane Juillard © Radio France - Stéphanie Mora

Toulouse, France

La première journée d’audience a été compliquée (lire ci-dessous) hier pour la famille de Patricia Bouchon. La partie civile a eu le sentiment que l’avocat général avait pris fait et cause pour l’accusé Laurent Dejean. À l’ouverture de l’audience ce vendredi, Christian Bouchon décline son identité : Né en 1960 à Asnières-sur-Seine. Il est aujourd’hui commerçant à Aurillac. Et puis les mains cramponnées à la barre : "Monsieur le président, si vous le permettez, j’ai une requête..." 

"La partie civile est très blessée, limite outragée". Christian Bouchon

"... Nous avons deux conseils [avocats], la défense aussi mais nous avons le sentiment que David Sénat..." Le magistrat visé tonne depuis son siège : "Ne m’appelez pas par mon nom ! Dites 'Monsieur l’avocat général' !"

Christian Bouchon s’excuse et reprend. Le mari de Patricia Bouchon veut revenir sur la posture du ministère public qu’il a jugé partiale la veille. L’avocat général bondit de sa chaise et interpelle le président de la cour : "Je n’ai pas à m’expliquer ! Ni à être pris à partie ! Si c’est cela je me retire ! Les avocats de la partie civile m’ont contacté avant le procès, ils connaissent ma position". Maître Baro se lève à son tour pour défendre son client. Christian Bouchon glisse : "Vous êtes très énervé monsieur l’avocat général..."

Le président de la cour va s’employer à ramener le calme : "Le sentiment d’inégalité qui est le vôtre est légitime mais je voudrais vous rassurer sur notre démarche. Ce procès est très long, plus de deux semaines d'audience pour laisser la parole et tout examiner. C’est d’abord le procès de Laurent Dejean. Mais les uns et les autres ici avons le souci de rechercher la vérité. Je n’ai pas de conviction pré-établie. N’imaginez pas que les choses puissent être jouées."

La tension est retombée dans la salle d’audience. Christian Bouchon d’une voix douce : "Je suis rassuré par rapport à ce que vous dites, pas par rapport aux faits. On va parler de Patricia. Je suis là pour la représenter." Christian Bouchon commence par la disparition. Il parle de sa femme au présent.

Christian Bouchon s'explique sur la "requête" qu'il voulait formuler

Le clan Bouchon raconte Patricia

Christian Bouchon a raconté pendant près de deux heures la disparition, la découverte du corps, sa manière de gérer le choc, avec régulièrement la voix qui se brise. "Je suis quelqu'un qui laisse les gens travailler [les gendarmes, NDLR]. Je ne viens pas forcément chercher les infos." A contrario sa fille, Carlyne avait "besoin de savoir, de comprendre Laurent Déjean" Elle appelle régulièrement les enquêteurs, son avocate. Christian Bouchon répète régulièrement que tout s'est effondré pour lui le 14 février. Il dit : "je suis sous antidépresseurs depuis huit ans". Sa façon de survivre a été de se jeter dans le travail et de vendre rapidement la maison et tous les meubles : "_j'ai tout vendu_, rien gardé. J'étais incapable, je n'y arrivais pas. On l'avait tant voulu cette maison... mais je la voyais partout. Tout me ramenait à elle, c'était insupportable. J'ai vécu un an à Toulouse mais c'était pareil, alors je suis parti ailleurs pour me reconstruire." 

"Je suis dans cette contradiction permanente : on veut savoir mais on a peur. On ne sait pas comment se placer. On veut savoir et on ne veut rien entendre. Je ne voulais même pas savoir qui était Laurent Dejean" Christian Bouchon, le mari de la victime.

La soeur et le frère de Patricia Bouchon on décrit une grande soeur "protectrice", "douce", mais "secrète, qui ne racontait rien d'elle qui ne les faisait pas rentrer chez elle". Ils veulent comprendre. Carlyne, sa fille a pris la parole après son père. Un papa qui a fondu en larmes quand la jeune femme de 34 ans a raconté qu'après la mort de sa mère, elle a coupé ses cheveux très courts alors que Patricia Bouchon adorait sa chevelure : "j'ai fait ça pour la faire revenir. Pour qu'elle me gronde". 

"Le jour de la Saint-Valentin, on a brisé mon coeur. On m'a enlevé ma mère. Malgré mon âge, j'ai encore besoin d'elle."Carlyne Bouchon

Le procès reprend lundi devant les assises de Haute-Garonne.