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Faits divers – Justice

Toulouse - Affaire Patricia Bouchon : l'accusé livre ses explications

mardi 26 mars 2019 à 13:17 - Mis à jour le mardi 26 mars 2019 à 19:50 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

Laurent Dejean s'est exprimé pendant près de 3h ce mardi, devant la cour d'assises de la Haute-Garonne. À quelques jours de la fin de son procès pour le meurtre de Patricia Bouchon, cette mère de famille tuée à Bouloc au nord de Toulouse en 2011, il a livré sa vérité de manière confuse.

La salle d'audience.
La salle d'audience. © Radio France - Stéphanie Mora

Toulouse, France

Debout dans le box des accusés, Laurent Dejean a un discours très décousu. Il démarre en annonçant : "J'ai été très choqué par la mort de Patricia Bouchon", avant d'ajouter : "Quand j'ai appris ça, j'ai foncé chez ma mère lui dire de s'enfermer à double tour". 

Le président lui demande de poursuivre. Il se décrit alors comme un homme "vulnérable, honnête et vaillant". Mais rapidement le discours s'embrouille. L'accusé part dans tous les sens sur son travail, sur le fait qu'il avait déjà vu Patricia Bouchon faire son jogging. 

Clio blanche

Mais il y a une phrase qui ressort et retient l'attention de tout le monde : "Monsieur le président, je l'avoue, j'ai eu une Clio blanche". C'est un moment important dans ce procès, car une voiture de ce type a été vue par l'un des principaux témoins vers 4h30 du matin à 500 m du lieu du crime à Bouloc ce 14 février 2011. Or jusqu'ici l'accusé avait presque toujours nié en avoir possédé une. Il l'avait admis un moment devant les enquêteurs avant de se rétracter. Le président demande donc à Laurent Dejean des précisions. Il a bien eu une Clio blanche de novembre 2010 à juin 2011, mais il se perd dans les explications : "Je l'avais achetée 150 euros mais elle n'avait pas d'assurance ni de carte grise et je suis allé la ramener à celui qui me l'avait vendue, c'était un gitan du camps de Ginestous" [à Toulouse, NDLR]. Le président s'étonne et lui demande pourquoi avoir menti et avoir nié l'existence de cette voiture. L'accusé répond : 

"J'avais peur qu'on dise que c'était moi pour le meurtre de Patricia Bouchon et ce n'est pas vrai". Laurent Dejean, accusé du meurtre de la joggeuse. 

Les questions tournent également autour de son arrêt de travail d'un mois, 9 jours après la mort de Patricia Bouchon. Il parle de "burn out" à cause d'un surcroît de travail. Il ne s'entendait pas bien non plus, explique-t-il, avec ses collègues dans l'entreprise pour laquelle il était plaquiste. Mais là encore, il y a beaucoup de moments confus. 

Un homme violent

La suite de la journée a été marquée par le témoignage de la sœur aînée de l'accusé, en visioconférence depuis Lyon car elle habite le Rhône. Elle estime que son frère est incapable d'avoir fait ça, qu'il n'est pas le vrai meurtrier. "Pour moi, il y a toujours quelqu'un qui court" explique-t-elle. C'est la seule personne de la famille Dejean à témoigner à la barre. La mère et l'autre sœur se sont fait excuser pour raisons de santé. Et c'est le président qui se charge de lire ce qu'elles ont déclaré lors de l'instruction. La mère notamment évoque le changement de comportement de son fils à l'été 2011, ses problèmes psychiatriques et ses accès de colère. 

Son ex-petite amie Natacha en parle elle aussi. Il était "violent, jaloux, possessif" dit-elle à la barre. "Je l'ai vu tout casser dans l'appartement", mais elle ajoute : "Il n'a jamais levé la main sur moi". L'accusé d'ailleurs le reconnait : "Je suis quelqu'un de vif, mais je m'en prends surtout au matériel".

Encore beaucoup de questions en suspend 

Laurent Dejean devra continuer à s'expliquer ce mercredi devant les jurés. Il sera davantage question cette fois de ses problèmes psychiatriques et des voix qu'il dit avoir entendues à certains moments. Un expert psychiatre sera présent. Pour la famille de Patricia Bouchon, ce procès est difficile à vivre. Il reste beaucoup de questions en suspend. La sœur de la victime Sandra Damiano regrette que l'accusé "continue à s'enfoncer dans ses contradictions". Elle trouve que sa mémoire est "sélective" et dit rester "sur sa faim". La fille de Patricia Bouchon Carlyne est sur la même longueur d'onde : "On est face à quelqu'un qui est dans le déni depuis 8 ans, il y avait de fortes probabilités pour que ça continue aujourd'hui". Mais elle ajoute : "J’appréhende la suite du procès, j’appréhende qu'un homme malade ressorte et commette à nouveau un acte atroce.

De son côté, Pierre Debuisson, l'un des avocats de l'accusé, estime que cette journée n'a rien prouvé de plus à l'encontre de son client : "Il n'y a toujours aucune preuve de sa culpabilité" dit-il.