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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Péchier à Besançon : un anesthésiste soupçonné d'empoisonnement sur sept patients

Affaire Péchier : la justice dira le 27 septembre prochain si elle lève ou pas la mise en examen de l'anesthésiste

mercredi 6 septembre 2017 à 16:33 Par Véronique Narboux, France Bleu Besançon

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a examiné à huis-clos la demande de levée de la mise en examen du Docteur Péchier. L'anesthésiste, soupçonné de sept empoisonnements, dont deux mortels, souhaite être placé sous le simple statut de témoin assisté. Réponse le 27 septembre.

Le Docteur Frédéric Péchier au tribunal de Besançon
Le Docteur Frédéric Péchier au tribunal de Besançon © Maxppp - Olivier Le Jeune

Besançon, France

L'audience devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a eu lieu ce mercredi matin à huis-clos. Et il faudra patienter jusqu'au 27 septembre prochain pour connaître sa décision sur la demande du docteur Frédéric Péchier. L'anesthésiste soupçonné de sept empoisonnements, dont deux mortels, demande la levée de sa mise en examen et son placement sous statut de témoin assisté. Une levée de sa mise en examen signifierait la fin du contrôle judiciaire auquel il est soumis et qui inclut une interdiction d'exercer son métier.

Au sortir de l'audience, le Docteur Péchier n'a fait qu'une brève déclaration pour dire son respect pour les parties civiles. "'Elle sont terriblement affectées, elles ont perdu pour certaines un être et pour d'autres, elles ont vécu un moment épouvantable. C'est que je vis aussi depuis six mois." Le médecin regrette également le huis-clos qui n'a pas permis aux médias d'entendre ses arguments. A l'audience, ses avocats ont produit les avis de trois professeurs de médecine à qui ils ont soumis le cas d'une patiente victime d'un infarctus en janvier dernier, au sein de la clinique Saint-Vincent de Besançon. Elle a survécu mais la question est de savoir si son arrêt cardiaque est vraiment dû à empoisonnement. Les médecins sollicités par la défense en doutent. De quoi souligner, selon les avocats de l'anesthésiste, la fragilité des soupçons envers leur client.

Des certificats de complaisance ?

Les avocats des parties civiles voient plutôt dans les documents produits par la défense des "certificats de complaisance". Maître Frédéric Berna, l'avocat de trois parties civiles, s'exaspère : "La théorie du complot, dit-il, est de plus en plus présentée par le Docteur Péchier comme un système de défense. Il demande à des amis médecins de répondre à des questions qu'il pose pour confirmer son positionnement alors qu'il se garde bien de présenter ces questionnements aux experts judiciaires mandatés par la justice, qui sont neutres, indépendants. Nous, nous pensons que la vérité émanera des experts, de la justice et non pas de certificats médicaux ou de copinage.**"**

Toujours pas d'indice au bout de six mois, selon la défense

En guise de riposte, Randal Schwerdorffer, l'un des avocats de la défense, souligne que les avis sollicités sont ceux de "professeurs de médecine qui ont fait des analyses sérieuses sur des paramètres objectifs du dossier. Je trouve scandaleux, ajoute-t-il, de parler de certificats de complaisance de la part de professionnels émérites et reconnus au niveau national. Cela fait six mois qu'on attend une preuve dans ce dossier, six mois qu'on attend un indice, il n'y a toujours rien. On voulait donner à la chambre de l'instruction des éléments solides [...] plutôt que d'attendre des expertises qui sont déjà en retard et qui peuvent prendre encore des mois."

Du côté des victimes, on oscille entre perplexité et colère. L'avant-dernière victime, dont l'empoisonnement est aujourd'hui mis en doute par la défense redit qu'elle ne cherche pas un coupable à tout prix, qu'elle veut juste connaître la vérité. Mais elle ajoute qu'à ses yeux, la stratégie de défense changeante du docteur Péchier ne plaide pas en sa faveur.