Faits divers – Justice

Affaire Penelope Fillon : François Fillon organise sa défense

Par Thibaut Lehut, France Bleu jeudi 26 janvier 2017 à 12:07 Mis à jour le jeudi 26 janvier 2017 à 15:37

François Fillon à Bordeaux, le 25 janvier 2017.
François Fillon à Bordeaux, le 25 janvier 2017. © Maxppp -

L'opération "contre-attaque" est lancée par François Fillon et ses proches, L'ex-Premier ministre sera invité du JT de 20h sur TF1, ce jeudi. Son avocat assure avoir fourni au parquet financier "un certain nombre de pièces" destinées à répondre aux accusations d'emploi fictif contre son épouse.

Au cœur d'une tempête médiatique depuis 24h, François Fillon va tenter de répondre aux accusations qui pèsent contre son épouse, Penelope. Cette dernière est soupçonnée d'avoir occupé des emplois fictifs, notamment dans le cadre des mandats parlementaires de son mari. Ce jeudi, l'opération "contre-attaque" semble lancée.

Des documents fournis au parquet "dans la journée"

Premier étage de la fusée : l'interview de Bruno Retailleau, patron des sénateurs Les Républicains sur Europe 1. Ce proche de François Fillon a annoncé qu'un "certain nombre de pièces" allaient être fournies "dans la journée" au parquet financier, qui a ouvert une enquête préliminaire mercredi. Chose faite en début d'après-midi. L'objectif étant de prouver que Penelope Fillon a bien exercé des fonctions de collaboratrice à l'Assemblée nationale en échange des rémunérations perçues, qui n'ont pas été démenties par les intéressés. "Cette affaire fera pschitt", a promis Bruno Retailleau.

Ce jeudi soir, c'est François Fillon qui montera au front lui-même. Le candidat des Républicains à l'élection présidentielle, qui a par ailleurs demandé à être reçu "dans les plus brefs délais" par le parquet, sera l'invité du 20 heures de TF1.

Les proches de Fillon dénoncent une manœuvre politique

"Campagne de calomnie", "boules puantes", "misogynie" : François Fillon s'est déjà exprimé mercredi sur l'affaire révélée par le Canard Enchaîné. Mais de nombreux responsables politiques continuent de réclamer des explications à l'intéressé. "Il faut qu'elles soient particulièrement claires et rapides de sa part", estimait Manuel Valls jeudi matin. "Je ne l'accable pas, je ne l'accuse pas, mais les premières explications qu'on a eues, dire que c'est 'misogyne', ce n'est pas convaincant", a réagi de son côté le porte-parole du FN Florian Philippot.

À droite, les proches de François Fillon ont multiplié les déclarations visant à accréditer la thèse que Penelope Fillon travaillait bien aux côtés de son mari, durant les années où il était député. "Je l'ai vue souvent", affirmait l'ancien président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer mercredi.

La présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse dénonçait jeudi une manœuvre politique. "Cette affaire sort à trois mois d'une échéance majeure, personne n'est dupe", a-t-elle déclaré. "Les juges s'en saisissent avec beaucoup de rapidité, je souhaite qu'il la conclue maintenant avec tout autant de rapidité". Même son de cloche du côté de Thierry Solère, porte-parole de François Fillon."Créer ces polémiques à 90 jours de l'élection, c'est juste essayer de voler les Français du choix qui va être le leur", a-t-il rénchéri sur LCI.