Affaire Preynat : le cardinal Barbarin a "fait son examen de conscience"

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Le cardinal de Lyon reconnait qu'il ne s'est pas donné les moyens de prendre la mesure de l'affaire de pédophilie.

"J'ai fait mon examen de conscience", estime Philippe Barbarin, au micro de Maurice Fusier. Le cardinal est visé par deux enquêtes préliminaires pour "non dénonciation" d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts entre 1986 et 1991 par Bernard Preynat, qui a fini sa carrière dans le Roannais l'été dernier. "J'aurais dû aller au-devant, écouter les gens, essayer de me renseigner de manière beaucoup plus précise, et après, en constatant la gravité des faits dont je n'avais pas idée à ce moment-là, reconnait-il. J'aurais dû dire stop. (...) Ce n'est pas possible que quelqu'un qui a fait des choses comme ça continue d'exercer son ministère sacerdotal, de célébrer la messe ou des baptêmes."

Le cardinal de Lyon a eu connaissance des penchants de ce prêtre en 2007-2008,  c'est ce qu'il avait confié à La Croix en février. C'était dans le mois qui suivait la mise en examen de Bernard Preynat. "En fait, les anciennes victimes, ça les scandalise en profondeur : 'Comment, après ce qu'il m'a fait, peut-il continuer de dire la messe ?' Je ne m'étais pas rendu compte de ça", ajoute le cardinal Barbarin, affirmant "comprendre" la "colère énorme" des victimes.

Le Primat des Gaules revient du Vatican où le pape François l'a reçu pour évoquer la crise en France et préparer le pèlerinage d'élus de Rhône-Alpes à Rome l'automne prochain. Le souverain pontife lui a "redit sa confiance" et lui a conseillé "d'attendre paisiblement que la justice ait accompli sa mission", selon Philippe Barbarin.

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