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Dossier : L'affaire Stéphane Dieterich

Affaire Stéphane Dieterich : 20 ans de réclusion criminelle requis contre Christophe Blind

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu

Aux assises de Vesoul, l'avocat général Frédéric Lutz a requis 20 ans de réclusion criminelle ce vendredi matin contre Christophe Blind. Il retient la préméditation contre celui qui est accusé d'avoir tué son ami Stéphane Dieterich, le 4 juillet 1994, près de Belfort.

Procès de Christophe Blind pour l'assassinat de Stéphane Dieterich : l'avocat général Frédéric Lutz.
Procès de Christophe Blind pour l'assassinat de Stéphane Dieterich : l'avocat général Frédéric Lutz. © Radio France - Emilie Pou

L'avocat général de la cour d'assises du Territoire de Belfort a requis 20 ans de réclusion criminelle ce vendredi contre Christophe Blind, accusé de l'assassinat de Stéphane Dieterich, en juillet 1994 dans un bois d'Essert. Frédéric Lutz a retenu la préméditation et écarté les arguments de la défense qui affirme que la victime avait agressé sexuellement Christophe Blind. Le verdict doit être rendu en fin de journée.

Le magistrat a commencé son réquisitoire sur une mise au point : "L'assassinat, c'est un meurtre avec préméditation, cela veut dire qu'on y a pensé avant, qu'on s'est préparé à tuer et qu'on a tué". La préméditation est l'un des enjeux du procès : Christophe Blind, lors de ses tout premiers aveux en 2015, avait dit avoir pensé au meurtre deux ou trois semaines avant les faits. Ensuite, il a contesté toute préméditation, expliquant au cours du procès qu'il voulait faire peur à son ami, qui faisait peser sur lui une "emprise" morale et sexuelle. 

La main qui a tenu le couteau n'était pas tremblante" - l'avocat général

Frédéric Lutz a ensuite listé les éléments qui fondent, selon lui, cette préméditation. D'abord les onze coups de couteau assénés à Stéphane Dieterich, "dont certains très violents, donnés par surprise. La main qui a tenu le couteau n'était pas tremblante". Ensuite, l'arme du crime, un couteau, acheté à Mulhouse : "Un couteau qu'il avait avec lui dans la voiture, puis dans le bois. Il savait déjà ce qu'il en ferait et qu'une enquête aurait lieu."

L'avocat général revient enfin sur le collégien à qui Christophe Blind avait proposé de l'argent. "Pour tuer quelqu'un" a affirmé le témoin mercredi, "juste pour faire peur (...) pour que tout cela cesse" selon l'accusé. Une proposition formulée "plusieurs fois" assène Frédéric Lutz. "Tout cela prouve l'intention homicide et la préméditation" ajoute-t-il. 

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Une admiration qui tourne "en jalousie puis en haine" pour l'accusation

L'avocat général a ensuite analysé les explications avancées par Christophe Blind. L'accusé a répété tout au long du procès qu'il ne supportait plus une relation homosexuelle imposée par la victime, une emprise depuis plusieurs années, dont il voulait se débarrasser, sans pour autant le tuer. Frédéric Lutz ne croit pas au portrait d'un Stéphane Dieterich, "agresseur et manipulateur", qui ne "correspond pas à sa personnalité décrite par tous ses amis" : "Tout ça se sont des constructions, car se regarder en face et se dire qu'on est un assassin c'est insupportable".

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Pour le magistrat, Christophe Blind et Stéphane Dieterich entretenaient "sans doute" une relation homosexuelle, mais il n'y voit pas de "chantage". En revanche, "l'admiration" de Christophe Blind envers son ami se serait "transformée en jalousie, en colère, en haine", jusqu'au crime.

Pour l'avocat de la défense, Christophe Blind subissait "un rapport de domination", une "ascendance psychologique"

L'avocat de la défense a plaidé dans la foulée de ce réquisitoire. "Qui voit un monstre à l'issue de ce procès?" a interrogé Me Dami Le Coz.  Il a maintenu et développé les motifs avancés par l'accusé tout au long du procès : Christophe Blind, hétérosexuel, subissait des "actes à caractère sexuel" de la part de Stéphane Dieterich et il n'arrivait pas à se défaire de cette situation : "C'était une relation basée sur l'inégalité. Un rapport de domination, d'ascendance psychologique, les enquêteurs l'ont dit". Face à cette "homosexualité imposée", Christophe Blind voulait "éviter à tout prix tout nouvel acte sexuel".

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Me Dami Le Coz revient ensuite sur le contexte du crime : le lendemain Blind et Dieterich devaient partir en vacances ensemble, mais Christophe Blind souhaitait reporter. "Stéphane Dieterich ne voulait pas et il a voulu un acte sexuel", raconte l'avocat, "le déclic est là dans la voiture, pas avant". 

Christophe Blind peut avoir pensé à tuer mille fois Stéphane Dieterich, ce n'est pas de la préméditation" - l'avocat de la défense

Pour la défense, il faut remettre en cause la thèse de la préméditation. "L'intention de tuer n'est pas préméditation", explique-t-il. La proposition faite au collégien, l'achat du couteau ne valent pas préméditation selon lui : "Christophe Blind peut avoir pensé à tuer mille fois Stéphane Dieterich ce n'est pas de la préméditation. C'est une idée". Sinon, pourquoi passer à l'acte tout près de chez lui, alors qu'il s'apprêtaient à partir dans le sud de la France ? 

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Ces circonstances, le mobile, l'avocat de la défense appelle les jurés à les prendre en compte au moment de quantifier la peine. Il leur demande de ne pas prendre de période de sûreté (peine durant laquelle l'accusé ne peut bénéficier d'aucun aménagement de peine). Il ne souhaite pas qu'ils l'excusent, mais qu'ils le comprennent, pour "rendre une décision juste et humaine"

Avant que les jurés se retire, Christophe Blind s'est exprimé une dernière fois, en s'adressant notamment à la famille de la victime : "Je suis vraiment désolé de tout ce qui est arrivé. Je comprends leur peine. J'ai juste dit les choses comme elles se sont passées".

Pour l'avocate de la famille, "le harcèlement, les menaces, ça ne tient pas."

Plus tôt dans la matinée, l'avocate de la partie civile a démonté les arguments avancés par Christophe Blind. Pour Me Claire Doubliez aussi, il y avait de "l'envie" de la part de l'accusé contre son ami, qui avait "une famille unie, une aisance professionnelle et financière" et qui "allait partir à Paris". Stéphane Dieterich avait poussé Blind à reprendre ses études, il "l'ouvrait sur le monde (...) ce n'est pas le comportement d'un harceleur".

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Dans les larmes de l'accusé au cours du procès, l'avocate de la famille ne voit nulle sincérité, mais de l'incohérence, "il n'est pas dans le vrai"

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