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Faits divers – Justice
Dossier : L'affaire Stéphane Dieterich

Affaire Stéphane Dieterich - À l'ouverture du procès, Christophe Blind répète : "Oui je reconnais avoir porté les coups"

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu

Christophe Blind réitère ses aveux : au premier jour de son procès devant la cour d'assises à Vesoul, l'assassin présumé de Stéphane Dieterich a reconnu ce lundi qu'il avait "porté les coups" contre son ami, en juillet 1994. Il affirme qu'il était "sous l'emprise" de la victime.

Christophe Blind, accusé du meurtre de Stéphane Dieterich, au premier jour de son procès devant la cour d'assises à Vesoul.
Christophe Blind, accusé du meurtre de Stéphane Dieterich, au premier jour de son procès devant la cour d'assises à Vesoul. © Radio France - Emilie Pou

Territoire de Belfort, France

Pour la première fois depuis le début de l'affaire et surtout ses derniers rebondissements, le visage de Christophe Blind est apparu ce lundi aux yeux des journalistes et du public, nombreux, venus à la cour d'assises du Territoire de Belfort, qui siège à Vesoul. Cet homme de 49 ans comparaît, du 14 au 18 janvier pour l'assassinat de Stéphane Dieterich, le 4 juillet 1994. 

Veste grise, chemise blanche, cheveux grisonnants, Christophe Blind écoute attentivement le président de la cour lire le long résumé des faits et de l'enquête. Studieux, il prend des notes. Il baisse simplement les yeux en entendant le magistrat citer ses aveux, prononcés en garde à vue en décembre 2015. Ces aveux qui ont conduit à sa mise en examen et à ce procès, un quart de siècle après les faits.

Quand le président de la cour d'assises demande à Christophe Blind s'il maintient ses aveux, l'accusé s'exprime sans trembler et d'une voix assurée : "Oui monsieur le président, je reconnais avoir porté les coups à Stéphane Dieterich". Dans un premier temps, pas d'explication. Plus tard dans la journée, Christophe Blind livre sa version de la soirée du crime, le 4 juillet 1994.

Il y avait une emprise depuis quatre ans, j’étais à sa disposition, son objet sexuel" - Christophe Blind à propos de Stéphane Dieterich

Dans un récit entrecoupé de silences et sanglots, la voix chevrotante, Christophe Blind explique qu'il voulait demander à Stéphane Dieterich de décaler leur départ en vacances, prévu le lendemain, mais celui-ci aurait refusé, lui parlant de son excitation. L'accusé raconte comment ils sont partis pour le bois, comment il a commencé à caresser la victime, puis comment il lui a asséné le premier coup. Après, "je ne me souviens pas de la suite".

"Pourquoi ne pas avoir dit tout simplement que vous aviez une petite amie ?" demande le président. "Il y avait une emprise depuis quatre ans", répond Christophe Blind, "j’étais à sa disposition, son objet sexuel". L'avocate de la partie civile, Me Doubliez, interpelle à son tour l'accusé : "Vous voulez nous dire qu’un homme qui faisait 20 centimètres de moins que vous a imposé des choses ? Que vous étiez la victime ?!". "Il était brillant, il m’impressionnait", répond Christophe Blind, avant de conclure, "je sais bien que dans l’histoire, la victime, c’est Stéphane".

La famille de Stéphane Dieterich face à l'accusé

Dans le box, tout au long de la journée, Christophe Blind écoute et observe les témoins. Mais il ne regarde pas la mère de Stéphane Dieterich et son frère Sylvain, qui n'ont pas cessé, pendant plus de 20 ans, de relancer l'affaire et de militer pour qu'elle ne devienne pas une "affaire classée". Attentifs eux-aussi aux prises de parole devant la cour, ils sont simplement sortis pour ne pas entendre le récit du médecin légiste qui a procédé à l'autopsie en 1994.

Ouverture à Vesoul du procès de l'affaire Stéphane Dieterich : le frère et la mère de la victime arrivent à la cour d'assises. - Radio France
Ouverture à Vesoul du procès de l'affaire Stéphane Dieterich : le frère et la mère de la victime arrivent à la cour d'assises. © Radio France - Emilie Pou

Au cours de cette première journée d'audience, la cour a entendu le policier qui a repris l'enquête en 2013. Patrick Lebar, commandant de la police judiciaire de Besançon, s'est dit "persuadé" que les premiers aveux de Christophe Blind étaient "sincères" et que "l'acte a été préparé et anticipé". Lors de ces aveux en garde à vue, Christophe Blind avait évoqué les "pressions" d'ordre sexuel que faisait peser sur lui Stéphane Dieterich et reconnaissait avoir préparé le crime. Plus tard, il était revenu sur ces propos, niant la préméditation, affirmant qu’il voulait juste faire peur à son ami.

Pour le policier Patrick Lebar, Christophe Blind a "compartimenté sa vie"

Pour Patrick Lebar, Stéphane Dieterich était amoureux de Christophe Blind et ne voulait pas que cette relation prenne fin. Alors que Christophe Blind avait peur que cela se sache : il avait compartimenté sa vie, entre sa relation secrète avec la victime et celles, publique, avec des femmes. Le policier n'exclut pas que Stéphane Dieterich ait pu menacer Christophe Blind tout révéler. "Je suis persuadé de l'ascendance de Stéphane Dieterich sur Christophe Blind", a affirmé l'enquêteur.

A ce stade du procès, ce point de vue n'arrange personne : ni la partie civile qui nie toute relation d'ordre sexuelle entre la victime et l'accusé, ni la défense qui rejette la préméditation.  

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